vendredi 30 juin 2017

Bonnie & Clyde

Alors voilà, Clyde a une petite amie
Elle est belle et son prénom c’est Bonnie.
Bonnie and Clyde, Bonnie and Clyde…
Clyde prend le métro pour le centre-ville de Buenos Aires.
Bonnie ouvre une boite pour chat.

« Dans le métro, il frappa dans ses mains en rythme devant un homme qui chantait en s’accompagnant à la guitare, il cria « Oh yeah ! », éclata de rire et regarda autour de lui. Les gens le regardait fixement, cela le mit mal à l’aise. Il rentra chez lui. Se masturba deux fois. Vomit. Avala un médicament. S’endormit. »

Ce soir, Bonnie & Clyde se rencontrent pour la première fois, autour d’une calzone et d’un jus de légumes aux couleurs gerbantes, après avoir passé beaucoup de temps à se connaitre, à échanger des mails sur leurs ordinateurs Lenovo, à s’écrire des SMS sur leurs derniers Samsung S Galaxy, à se regarder sur Skype… Un peu geek, mais follement amoureux. Deux âmes solitaires qui vivent dans leurs piaules avec leur chat respectif.

D’un esprit un peu fou, un peu foutraque, ils vagabondent dans les rues de Palermo, la tête dans les étoiles, les rêves plein la tête, rêves d’étoiles, rêves de hold-up, rêves d’un monde bizarre. Les fantasmes rythment leurs journées, leurs nuits, leurs tchat. Ou pas. Ils entrent dans la réalité subitement pour s’évader la seconde d’après, couple moderne des nouvelles technologies.


mardi 27 juin 2017

Celles qui voulaient…

Depuis sa sortie en salle, je rêve de voir ce diptyque, conçu au départ comme une mini-série en 5 épisodes à la télévision japonaise. Cinq années qui se sont écoulées et qui m’ont obsédé, cinq années durant lesquelles je me posais ces deux questions à chaque tasse de thé :
1. Qui sont celles qui voulaient se souvenir ?
2. Qui sont celles qui voulaient oublier ?


Kiyoshi Kurosawa, avant tout renommé pour ses films d’horreur et surnaturels, dans le genre « terrifiant » et « creepy », à en hurler un cri interminable (de jouissance ?), vient ici avec un autre état d’esprit, inquiéter par le mystère. Il fait de ce Shokuzaï un thriller hautement psychologique qui interroge l’âme des hommes et des femmes en l’occurrence, puisqu’il n’y sera question que de « celles ».

Elles sont donc cinq. Cinq petites filles que l’innocence de l’âge s’arrêtera nette en cette fin d’après-midi, dans le terrain de sport de ce petit village de campagne. Elles sont en train de jouer, à la balançoire, à la marelle ou à la corde à sauter, je ne sais plus, des jeux de petites filles. Un type demande un petit service à l’une d’entre elle. Innocent que je suis, je me dis quand même qu’il a l’air un peu louche le gars. Pourquoi elle, d’ailleurs ? Pourquoi pas moi ou toi ? Elles se poseront cette question toute leur vie, hantées par une réponse qui ne viendra jamais apaiser leur souffrance. Emili vit ses derniers instants, alors que le soleil n’est pas encore couché, violée et sauvagement assassinée dans le gymnase désert. Elles l’ont toutes vu mais ne disent rien, ne se souviennent pas de la tête de l’assassin. La mère d’Emili, entre tristesse et colère, les maudira. Elles ne se déferont jamais de cette malédiction maternelle.

jeudi 22 juin 2017

Les Travestis de Bariloche

Alors que le soleil burine la plaine balayée par le vent chaud, je me poste droit devant les barbelés de l’ESMA. Le regard qui me porte au loin, j’imagine, je sonde, j’écoute, le silence et le vent chargé de pleurs, de cris, de plaintes. Escuela Superior de Mecánica de la Armada, école militaire devenue célèbre pour avoir servi de centre de détention et de torture pendant les dictatures des années 70 et 80. Il y a cette grand-mère à côté de moi qui cherche du regard l’âme de sa fille disparue, à ses côtés son petit-fils, le héros de mon histoire.

Il est là devant moi, le regard également vers cet endroit de torture, sa mère a disparu, el hijo perdido. Il a un frère né en captivité et disparu également, du moins c’est ce que sa grand-mère prétend. Il pense aussi à sa copine Romina qui milite pour HIJOS* sans savoir réellement pourquoi. Elle est enceinte, mais partie… Alors, il erre dans les rues de Buenos Aires, à la recherche de son passé, de son frère. Il y croise une certaine Maïra, travesti dont il tombe éperdument amoureux. Elle disparait aussi. Dans d’étranges conditions. Mystérieuse Maïra est-elle une taupe, un indic de la police militaire, son frère ? Il dérive vers un monde paranoïaque où les travestis se font massacrés…   

« La filature a duré un bon moment. Maïra est rentrée dans un supermarché et en est ressortie sans avoir acheté quoi que ce soit. C’était peut-être une espionne ou quelque chose comme ça, un agent. Qui l’envoyait ? J’ai tout de suite vu un complot international destiné à en finir avec l’homosexualité dans le monde. Les travestis, en fait, était le moyen imaginé par les comploteurs – une gigantesque organisation-méduse clandestine – pour attirer et démasquer des homosexuels tièdes – peu visibles – et des bisexuels comme moi, les ficher, les localiser et, une fois les conditions réunies, couronner leur plan par une razzia sans pitié dont le but était d’éliminer tous les pédés de la planète. »

mardi 20 juin 2017

Rencontres Chaudes à Barbezieux

J’allume la télé, chambre douteuse d’un hôtel, Rue de la Gaieté. La rue des théâtres. Mardi, c’est relâche ce soir. Alors je descends la rue dans tout son long jusqu’au Falstaff, bar à Chouffe. Se désaltérer d’une Chouffe avec toute la langueur et le cérémonial. Une seconde pinte même, c’est happy hour. En remontant la rue, je vois les néons de quelques sex-shops encore en activité. Presque glauque. Je me glisse derrière le rideau, en toute discrétion. Je glisse une pièce dans la fente. Je glisserai bien un majeur dans sa fente, danseuse nue et aguicheuse derrière une vitre, des miches rondes, un cul pressenti ferme. Où est le vrai là-dedans ? Certainement pas dans ses seins, ni dans l’amour ou la passion. Le lieu est froid, sans amour, sans attrait même, même pas celui de la digression. De toute façon, internet a tué les sex-shops. 

« Il ferma la porte à clé derrière lui, glisse une pièce de dix francs dans l’appareil et cherche la chaîne vingt-deux. La brune est toujours là mais pas la blonde. A sa place, un grand type musclé à genoux fait un cunnilingus à celle que malgré lui il considère déjà comme sienne. Autant c’est excitant à faire un cunnilingus – et certaines filles, se dit-il, ont des chattes délicieuses, il est persuadé que la chatte est la bouche de l’âme, les âmes noires et amères donnant aux chattes un goût noir et amer -, autant c’est ridicule à voir. Ce type à genoux qui tire la langue, grotesque ! »

J’allume la télé, nouvelle chambre miteuse d’un hôtel de campagne. Pas de room-service, ni même de bar. J’éteins la télé, de toute façon, y’a même pas le câble. Il faut que j’aille sur la place du village, troquet ouvert jusqu’à 22h30 où les agriculteurs en mal de solitude étanchent leurs soifs jusqu’à plus soif, d’un rouge agressif d’un blanc cassis, une télé toujours allumée sur les informations régionales pour suivre le cours de la viande de bœuf. Barbezieux. Il y a plus idyllique pour faire des rencontres. Je hais ces salons littéraires qui déplacent l’esprit au milieu des bouses de vache. A marcher dedans sans porte-bonheur. Rencontres chaudes à Barbezieux, ça fait bander !

samedi 17 juin 2017

Pulse

pulse
[pʌls]
noun
1- MEDECINE   pouls
[single throb]   pulsation
he took my pulse   il a pris mon pouls
her pulse (rate) is a hundred   son pouls est à cent (pulsations par minute)
my pulse quickens when I see her   quand je la vois, j'ai le cœur qui bat plus fort
2- ELECTRONICS & PHYSICS [series]   série d'impulsions
[single]   impulsion
3- [vibration]   rythme régulier
4- [bustle, life]   animation
5 -BOTANY [plant]   légumineuse
COOKING
(dried) pulses   légumes secs

pulse
[pʌls]
intransitive verb 
[blood]   battre
[music, room]    vibrer
a vein pulsed in his temple   une veine palpitait sur sa tempe
the music pulsed inside my head   la musique résonnait dans ma tête

Dictionnaire Larousse Anglais-Français.

Ce soir, c’est samedi, alors je vais aller danser.

Je pulse, in and out
Dardé par les phares
Empoisonné du soleil noir
Je pulse et pulse encore

Etienne Daho, Jungle Pulse