« Il posa son archet sur les cordes. Une minute recueillie, calme, sereine, profonde, d’une clarté transparente, s’éleva lentement dans le silence presque religieux que rien ne troublait, que personne n’osait rompre. »
Tokyo, 1938, j’écoute un quatuor à cordes sino-japonais où il est question de tempo. Schubert a noté « Allegro ma non troppo ». Il faut savoir donc prendre son temps. Pour lire, pour écouter, pour comprendre, en musique comme en amour. Alors, je ferme les yeux et je me laisse envahir par la musique, des soldats japonais envahissent le salon de répétition, un petit garçon se cache dans l’armoire, les violons sont brisés, les musiciens embarqués.
« Le morceau avait duré à peine trois minutes. Trois minutes pendant lesquelles les notes de musique s’égrenaient comme une enfilade de gouttes d’eau argentées sur une feuille de bambou après une forte averse. Lorsque l’archet se détacha des cordes, la dernière note fut suivie d’un long silence. »
« Le morceau avait duré à peine trois minutes. Trois minutes pendant lesquelles les notes de musique s’égrenaient comme une enfilade de gouttes d’eau argentées sur une feuille de bambou après une forte averse. Lorsque l’archet se détacha des cordes, la dernière note fut suivie d’un long silence. »
