"J'aime bien m'allonger sur la banquette, dans le coin du salon, quand la pluie tambourine sur le toit et que j'étale sur moi la couverture en laine à carreaux. Parfois je contemple les ruisselets de pluie sur les vitres avant de fermer les yeux pour écouter. La pluie résonne différemment selon les régions. Celle d'ici est bien différente des trombes d'eau de l'est du pays. C'est comme le même air dans une tout autre orchestration."
Au bord de la mer.
Le vent, des larmes tombent du ciel, une pluie glaciale.
Des maisons noires, des flocons blancs.
Un soleil, éphémère.
Quatre saisons qui s’enchaînent, et un homme qui écoute Vivaldi, qui écoute le vent et la mer, qui écoute le silence de sa vie.
Il est assis, face à une table en bois rustique, une machine à écrire Olivetti posée dessus. Face à la mer et au vent, il laisse court à son imagination. Ses pensées aussi fugaces que l'espace dans sa maison dépouillée. Une maison au toit noir, aussi noire que le goudron une nuit sans lune. Une feuille blanche sur la machine, aussi blanche que la neige qui tombe en flocons d'hiver. Un hiver qui commence tôt, aussi tôt que la nuit dans la journée. Il cherche l'inspiration, le coup de la panne on dirait. Qu'est-ce qu'un écrivain a à raconter ? Ses nuits... Ses jours... Ses pensées.
"Le phare jette des étincelles la nuit quand je me réveille pour aller boire de l'eau. C'est un rayon rougeâtre qui jaillit au-dessus de la mer telle une langue de serpent."




