Cotonou. L’air chaud. La sueur qui dégouline. Les pales d’un ventilateur fixé au plafond tournent au ralenti, comme un moteur de 404 passée d’âge et de kilomètres. La Béninoise est chaude, la bière, la femme. Là-bas, je rencontre un poète breton, Stéphane Néguirec de la banlieue de Guingamp. En avant, on se joint à une foule, à la tombée de la nuit, tombés d’éblouissement devant le corps de cette danseuse, Déborah Palmer. Un nom qui claque, un nom qui pipe, nom d’une fellation, quel corps de rêve, avec sa poitrine large et ferme, avec ce cul large et ferme, avec ce sourire large et bandant. D’ailleurs il n’y a qu’à voir la bosse dans le pantalon de tous ces messieurs, les yeux rivés sur la scène du Kama Sutra, l’échoppe sexuelle locale, la bouche ouverte et la chope à la main.
« A cinq pas, une petite gargote, avec un étal éclairé par des lampes blanchâtres, l'attira. Il se dirigea aussitôt vers la vendeuse. Au passage, une amazone au décolleté sauvage et aux lèvres fumantes de clope, lui décocha un sourire-invitation. Light ignora l'appel et alla s'asseoir sur un banc de la gargote. Une fillette, aussitôt, s'approcha de lui pour prendre commande.
- Riz au poulet.
- Boisson ?
- Coca.
Devant lui, la rue gagnait en animation. A 21 heures, les filles, comme des éphémères après la pluie, sortaient du néant et venaient se positionner sur le trottoir. Il y en avait pour tous les goûts et pour toutes les chaudes-pisses. »

