« Je lui logeai la balle entre les deux yeux. Il n’éclaboussa presque pas, tellement il allait mal. Il trépigna comme un petit enfant et ses mains eurent des convulsions pendant quelques instants.Lorsqu’il ne bougea plus, j’étais certain de ne plus travailler avec le Colonel. Je n’avais pas idée de ce que j’allais faire, mais j’étais fatigué de tuer des pauvres diables. La moindre des choses, c’est de décider qui on tue et qui on ne tue pas. »
Le
héros est fatigué, usé même par ces mois de service auprès du Colonel. Il a mis
une balle entre les deux yeux d’un journaliste. Cela ne lui a pas plu. Les
meurtres sur commande, il s’en lasse. Il veut reprendre sa vie en main et
pouvoir choisir de lui-même qui tuer. C’est pour affirmer cela qu’il rencontre
une dernière fois le Colonel, afin de lui présenter sa démission.
A
travers l’histoire de ce héros, je retrouve l’univers des « brigades
spéciales » du Mexique. Entre corruption et meurtres, ces brigades se
mènent la guerre. Conçues comme des entités distinctes de la Police, elles
s’affrontent entre elles pour garder la main mise sur le pouvoir et sur la
ville.
L’écriture
est nerveuse, fluide, quelques morts des coups de feu, et des héros qui tombent
de sommeil. Cela ferait un bon scénario de film. Ce second volet « de
certaines façons de mourir » de l’écrivain salvadorien en exil mexicain
est encore plus captif que le premier (il peut d’ailleurs être lu
indépendamment). Les années flétries. Le rythme est fluide, la conscience s’interroge.
