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mardi 4 juillet 2017

De Certaines Façons de Mourir… II

« Je lui logeai la balle entre les deux yeux. Il n’éclaboussa presque pas, tellement il allait mal. Il trépigna comme un petit enfant et ses mains eurent des convulsions pendant quelques instants.
Lorsqu’il ne bougea plus, j’étais certain de ne plus travailler avec le Colonel. Je n’avais pas idée de ce que j’allais faire, mais j’étais fatigué de tuer des pauvres diables. La moindre des choses, c’est de décider qui on tue et qui on ne tue pas. »

Le héros est fatigué, usé même par ces mois de service auprès du Colonel. Il a mis une balle entre les deux yeux d’un journaliste. Cela ne lui a pas plu. Les meurtres sur commande, il s’en lasse. Il veut reprendre sa vie en main et pouvoir choisir de lui-même qui tuer. C’est pour affirmer cela qu’il rencontre une dernière fois le Colonel, afin de lui présenter sa démission.

A travers l’histoire de ce héros, je retrouve l’univers des « brigades spéciales » du Mexique. Entre corruption et meurtres, ces brigades se mènent la guerre. Conçues comme des entités distinctes de la Police, elles s’affrontent entre elles pour garder la main mise sur le pouvoir et sur la ville.  

L’écriture est nerveuse, fluide, quelques morts des coups de feu, et des héros qui tombent de sommeil. Cela ferait un bon scénario de film. Ce second volet « de certaines façons de mourir » de l’écrivain salvadorien en exil mexicain est encore plus captif que le premier (il peut d’ailleurs être lu indépendamment). Les années flétries. Le rythme est fluide, la conscience s’interroge.

lundi 6 février 2017

De certaines façons de mourir…

La radio allumée, le soleil du Mexique s’éteint. Les ondes diffusent une radionovela vénézuélienne. De piètre qualité mais surtout bon marché du genre à casser les prix, au grand désespoir de mon ami, voix célèbre sur les ondes radiophoniques depuis plus de vingt ans en compagnie de la belle et grosse Guadalupe Frejas. Il s’est spécialisé dans les rôles de méchant, une voix qui fait peur tout en émoustillant les jeunes vierges et les grosses dindes mexicaines. Mais… Maintenant qui voudrait de lui, si les vénézuéliens lui piquent son boulot. Même pas les publicitaires, une voix de violeur d’enfants ou d’égorgeur de femmes fragiles ne fait pas vendre.   

« - Je n’ai pas voulu vous offensez.
- Ne vous inquiétez pas. Vous, vous n’offensez qu’avec votre langue.
- La langue est plus puissante que l’épée.
Il écarta un peu sa veste et je vis une masse sombre.
- On a inventé des choses plus efficaces. Colt .357 Magnum. Vous connaissez ?
- Non.
- Vous avez de la chance. Ils sont pires que le tabac ; une fois qu’on les a utilisés on ne peut plus vivre sans. Comme les femmes… »

Justement, le Chauve, au crane aussi exécrable que sa physionomie, lui donne la carte de visite d’un de ses amis. Un boulot bien payé, parait-il. 5000 dollars tout de suite, 10000 après le boulot. Une telle somme laisse à réfléchir. Y a de quoi tuer un homme pour ce prix-là. Et si c’était vraiment ça le contrat ? Est-ce qu’une voix peut tuer ? Dans le genre assassinat politique. Au Mexique, tout est possible, même le roman noir salvadorien, Rafael Manjivar Ochoa, écrivain exilé.