mardi 14 février 2017

Fleur Bleue


A vrai dire, je ne me souviens plus des épisodes précédents. « Wasurenagusa », 4ème tome de la pentalogie. J’aime prendre mon temps pour lire la plume d’Aki Shimazaki. Ses livres sont si petits que pour faire durer le plaisir, je me retiens. A quoi sert d’éjaculer tout de suite, si le bonheur t’attend encore un peu plus loin. Donc, j’attends et je le garde en moi. Un homme, une femme, chabadabada. Ça sent l’histoire d’amour, d’où ma précédente réflexion car il n’y a pas d’amour sans éjaculation, chabadabada. Oui, je lis des romans d‘amour, et même des romans d’amour sans fluide qui gicle ou qui coule. C’est mon côté fleur bleue, mon esprit myosotis. Et là, tu ne me crois peut-être pas ; mais sache que « wasurenagusa » signifie justement myosotis. CQFD.   

« A vrai dire, au début, je m'abandonnais au désespoir. J'errai au centre-ville pour tuer le temps. Il m'est arrivé d'entrer dans un bistro. Quand je rencontrais une entraîneuse qui me plaisait, je lui demandais de coucher avec moi. Si elle disait oui, je l'emmenai à l'hôtel. Je changeai de femme presque chaque semaine. Je n'avais pas besoin de m'inquiéter à l'idée que les femmes tombent enceintes de moi. Néanmoins, plus je faisais l'amour avec des inconnues, plus je me sentais vide. J'ai couché une fois avec une prostituée. Lorsque j'ai tenté d'embrasser ses yeux et sa bouche, elle a refusé aussitôt en disant : "Non. Ça je ne l'accepte que de mon petit ami." Ces paroles m'ont déprimé encore plus. Depuis, je n'ai couché avec aucune femme. »

J’avais déjà rencontré l’homme lors d’un précédent tome, je rappelle que c’est le principe de cette pentalogie, où l’acteur secondaire devient protagoniste principal lors de l’acte suivant. Même si je ne m’en souviens plus, j’espace mes relations avec l’auteure comme la rencontre avec une putain dont on a peur de tomber amoureux et peur surtout de ne plus s’en passer. Quoi que tomber amoureux de sa putain n’a rien de dramatique. Mais lire un autre roman d’amour après celui-là est nettement plus difficile. Parce que ce livre est beau, comme une fleur de myosotis. Il est bleu, comme la lune qui éclaire mes nuits. Et il y a cette femme, que la lune illumine à moins que cela soit son sourire, et qui lorsque les étoiles se réveillent, me donne envie de la caresser.  

« J’aimerais rencontrer la femme qui a besoin de moi et dont j’ai besoin aussi. J’aimerais dormir en la tenant dans mes bras, en touchant sa peau douce et chaude, en caressant ses cheveux, son visage, son cou… »

Lorsque j’ai lu les deux premiers tomes, que cela soit « Tsubaki » ou « Hamaguri », je me souviens m’être fait la réflexion que j’en attendais trop de ces courts romans. Ils étaient certes, bien écrits, mais ne méritaient pas l’engouement suscité, contrairement à la putain qui hantait mes nuits. Et puis, vint le troisième « Tsubame » qui pour le coup m’a convaincu totalement. Un petit bijou de tristesse et d’émotion. Et puis vint donc cette fleur de myosotis, et là je tomba encore plus sous le charme. Il fut si court, que cela en devint un plaisir d’éjaculer si vite. Il fut si beau, que cela en décupla même mon plaisir d’éjaculer tout l’amour et la passion que je lui portais (le livre !? la putain !?)     

« Elle baisse les yeux. Je prends ses mains. Elle me regarde. Je caresse ses cheveux, son visage, son cou. Je tiens ses épaules entre mes mains. Nos lèvres se superposent. Ma langue cherche sa langue. Ma respiration devient courte.
- Je te veux ! Je ne peux plus me retenir.
Je déboutonne sa chemise. Elle me laisse faire. Je touche sa forte poitrine chaude et soyeuse. Je suce un mamelon et reste immobile quelques instants, comme un petit garçon. Elle prend ma tête dans ses bras et la caresse. Je couche Mariko sur les tatamis. Je l’embrasse sur le front, sur les yeux, sur le nez, sur les oreilles, sur le cou. J’ôte sa jupe et sa culotte. Elle m’aide à me déshabiller. Je touche son sexe tout chaud et tout mouillé. En entrant en elle, je sens son sexe serrer le mien. Les deux se collent complètement comme des hamaguris. Je gémis :
- Ah ! Mariko, je t’aime !
Nos lèvres se superposent de nouveau. Nous bougeons les fesses de plus en plus fort. Elle pousse des gémissements et crie :
- Viens, Kenji !
Nous atteignons l’orgasme en même temps. Des larmes coulent sur mes joues. En me calmant, je l’entoure de mes bras. »


Finalement, il y a quand même un peu de fluide dans ce roman, des larmes de jouissance, des larmes de bonheur…



« Wasurenagusa », la beauté des fleurs bleues sous une lune bleue.

12 commentaires:

  1. Je suis rendue au tome 3, je vais m’y remettre...

    Le dernier extrait est tellement beau! Ça sent l’histoire d’amour, ton côté fleur bleue myosotis, c’est tout mimi. Mais ça je le savais déjà que tu étais un grand romantique derrière tes gros poils et tes sabots plein d’poussière! :D)

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    1. des sabots surtout tout crottés pour avoir traverser la Charente ! Romantique par derrière, par devant, tout dépend où se trouve le soleil et la lune...

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  2. Celui ci m'attend dans ma bibliothèque, comment résister après ton billet!! Tsssss ^^

    My Funny Valentine ...
    Un sacré morceau
    Pour les amoureux de la musique ...

    :-)

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    1. Ne pas résister à l'appel d'une Tsingtao ou d'une Ichiban !

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  3. J'avais lu la série d'un coup et j'avais adoré... (Goran : https://deslivresetdesfilms.com)

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    1. Très belle série effectivement... Tu as tenté sa seconde pentalogie ?

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    2. Ah non, tu m'apprends qu'elle en a fait une seconde, je ne savais pas... Quel est le titre de cette seconde série ? Merci. (Goran : https://deslivresetdesfilms.com)

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    3. Au cœur du Yamato:
      Mitsuba, 2006
      Zakuro, 2008
      Tonbo, 2010
      Tsukushi, 2012
      Yamabuki, 2013

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  4. "Pour faire durer le plaisir, je me retiens"...
    C'est pas ce qu'on m'a dit...

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    1. C'est qu'à mon âge, je ne cherche plus l'exploit. La jouissance est derrière moi, au sens figuré, bien entendu !

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    2. Tu fais bien de préciser...

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    3. J'ai senti qu'il fallait justement apporter cette précision primordiale face à certains esprits tordus qui trainent leurs charentaises dans le coin...

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