Affichage des articles dont le libellé est Cinéma Hispanique et d'Amérique Latine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinéma Hispanique et d'Amérique Latine. Afficher tous les articles

mardi 6 mars 2018

Santiagay

Une image me restera gravée pour longtemps. Je me promène dans les rues de Santiago du Chili. Un jeune homme jovial se promène avec une amie à la tombée de la nuit. Le quartier ressemble à n’importe quelle rue de notre monde, entouré de ses graffitis et de sa nébuleuse pollution atmosphérique. Les lampadaires se sont illuminés, loin d’être des étoiles dans le ciel pour se guider. Au détour d’une rue, la fille voit ces trois types, elle prévient le garçon de filer, ils s’enfuient tous les deux dans des directions opposées. Mais à trois… le jeune garçon est vite rattrapé et massacré. Des coups de lattes dans la gueule, dans les couilles, je présume, la caméra se fait discrète et film la tête des agresseurs plutôt que de la victime. Coup de barre de fer, coup de pied dans la face, comme au bon temps des skinheads. Un déchaînement inouï et insupportable de violence s’abat sur sa figure, son crâne.

Pourquoi un tel acharnement physique envers son fils ?
L’hôpital. Son père parle à un médecin. Préoccupations financières de telles opérations, cynisme du monde médical.
Des interrogations, une porte qui s'ouvre sur un monde qu'il ignorait totalement.

mardi 18 avril 2017

El Hombre llamado Paco

Retour sur le dernier scandale politique de l'Espagne contemporaine. Le chef de la toute puissante Garde Civile, Luis Roldán, serait suspecté d'avoir détourné quelques millions d'euros. (et le plus étonnant, c'est qu'il risque d'être inquiété par la justice, c'est pas dans notre pays que ça arriverait, mais bref, passons, ce n'est pas le sujet du film). Ce film retrace comment ce dernier s'enfuit d'Espagne, avant d'être rattrapé mystérieusement dans un aéroport de Bangkok... Mais par le biais du personnage énigmatique Francisco Paesa dit « Paco ».

Étrange individu, ce Paco. Dans le genre ex-espion, magouilleur, fraudeur, vendeur d'armes. Il traficote avec l'ETA, avec le GAL, avec tout ce qui peut lui rapporter quelques pesetas non déclarées. Second film d'Alberto Rodriguez, après l'excellent thriller andalou « La Isla Minima » que je regarde, cet « homme aux mille visages » mélange les genres, le biopic sur fond de thriller et de malversations financières. Les scènes s’enchaînent, rythmes effrénés qui défilent sur l'écran. Trop rapide même, si bien que le début me parut compliqué. Une masse d'informations dans laquelle il fut difficile de savoir laquelle serait vraiment pertinente, laquelle devrait retenir mon attention... La musique pêchue accentue cette course en avant, la tête me tourne, le GAL, l'ETA, des armes, et ce type PACO. Qui est-il vraiment ?

jeudi 23 mars 2017

A, a, a, a, que Deus deu, Ô, o, o, o, que Deus da

Clara, une collection de disques qui en impose, est la dernière habitante d’un vieil immeuble des années 40, l’Aquarius de Recife, ville du Nord-Est du Brésil et samba sur la plage. Sous ces cieux ensoleillés où les immeubles ont de la classe repeints en bleu, elle se retrouve bien seule face à la mer. Une société immobilière cherche par tous les moyens d’acquérir ce dernier bien, afin de construire le nouvel « Aquarius ».

Dans les années 70, l’insouciance sur une plage déserte, nuit profonde, une cassette dans l’autoradio. Monte le volume, bruits des vagues qui s’échouent sur le rivage et, des enceintes sort un monumental « Another one bites the dust ». Première scène, premier frisson d’un film qui ne va pas en manquer. Retour à notre époque, la musique toujours au centre de sa vie, la guerre est déclarée. Clara contre le fils du patron. 

La résistance est menée, la soixantaine assumée. Clara a survécu au cancer, elle ne va pas se laisser faire par un promoteur, arrogant et sans scrupule, à peine plus âgé que ses enfants. Elle sort de sa pochette un 33 tours, à chaque musique son tour, dépose le saphir. Pop, rock ou bossa-nova, le spectre est large pour cette ancienne critique musicale, mais le choix est toujours bon. Elle chante dans sa cuisine, quelques pas de danse dans le salon, fume un joint, se tape un gigolo, sexe érigé de la jeunesse. Ou elle écoute religieusement cette musique, l’un des points forts de ce film, l’éclectisme musical passant de Queen à Gil Giberto, avec un verre de vin rouge, monumental lui aussi, à la main A, a, a, sur ses lèvres, Ô, o, o.