dimanche 5 mars 2017

La Mélodie des Azukis

Sens-moi cette odeur...
Ecoute-moi ce chant...
La mélodie des azukis...

Laisse-toi emporter par un dorayaki.
Un délice, à Tokyo.
Trempe tes lèvres rouges cerise dans cette pâte de haricots rouges.
Une merveille. Un rêve éveillé.

Des yeux, des papilles, l'éveil.
J'ai les yeux qui pétillent devant ce petit bijou de la pâtisserie japonaise.
Des années que j'en rêvai, la pâtisserie Tomo m'a proposé ce rêve éveillé.
Chaque rêve a son prix, celui-ci ne fut pas donné, mais maintenant que j'ai mon dorayaki,
je vais pouvoir m'installer sur mon canapé, et laisser mon esprit vaguer dans les « Délices de Tokyo ». Et mon esprit vague, vague à l'âme, jusqu'au quartier des plaisirs, une geisha peignoir à demi-ouvert me verse de son saké. Des cloches sonnent, un temple d'à-côté, et me réveillent de ce plaisir divaguant, mon esprit s'évade vers d'autres délices. Plus culinaires ceux-là - bien que je mangerai bien sur les délices de ma geisha.

Un film de Naomi Kawase, forcément, je ne peux qu'être séduit. J'aime les choses simples, un dorayaki, une bière ou un flacon de saké et un conte culinaire. Une petite échoppe, qui paye pas de mine. Un type solitaire, devant son fourneau. Il prépare sa pâte à dorayaki, il la fourre de pâte de haricots rouges industrielle. SACRILEGE ! Heureusement une petite vieille est là pour lui apprendre, pour m'émouvoir, pour donner. Lui, il reçoit, il n'a pas l'habitude des autres, cela se voit, cela se sent, cette âme solitaire. Il est émouvant à sa façon. La vieille aussi. Bon, je ne te refais pas toute l'histoire, le film est extrêmement fidèle au roman de Durian Sukegawa.



« Sous le cerisier, des grillons crissaient. Les pas, dans la rue, rendaient un son clair. C'était une paisible soirée d'automne ; on voyait les étoiles pour la première fois depuis longtemps.
Le feu sous la plaque chauffante était déjà éteint, mais le front de Sentarô luisait de sueur. »
Je ne pourrais pas dire que les deux sont complémentaires, le film et le livre, tant ils sont semblables. Ils ont cette même saveur, ce parfum de chaudron et de dorayaki. Complémentaires par contre, le jeune homme et la vieille qui, avec leur tendresse-maladresse et leur âme, vont se retrouver, à suer devant cette plaque chauffante, ce chaudron bouillant. Un cinéma humain où il est si bon d'écouter les haricots se confire, la mélodie du bonheur, de sentir le murmure des fleurs de cerisier, blanches et roses, mes yeux restent ébahis devant la beauté éphémère d'un cerisier en fleur. J'aime ce plaisir si simple que de contempler cette arbre, en buvant une bière dessous, des pétales venant chatouiller la mousse de mon verre.

Satisfait de la fabrication du "AN", Dasola se délecte encore de ce délice nippon. La comtesse quand à lui, a mis sa guitare de côté et pris notes des gestes techniques pour bien faire chanter ses haricots.




Les délices de Tokyo, Naomi Kawase.

22 commentaires:

  1. et pas un sky japonais avec ça ? Juste saké ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah si... j'y ai pas pensé, pris dans mes rêves de dorayaki. Mais un Yoichi ne serait pas de refus.

      Supprimer
  2. Très heureux de partager avec toi le goût du saké en cette modeste échoppe nippone. Ah la douce mélodie de la cuisson. Et merci du clin d'oeil.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. je sens que tu maîtrises mieux maintenant la popote du haricot rouge :D

      Supprimer
  3. Tu nous fais rêver, là ! C'est voulu, je suppose !
    Bonne semaine.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. les rêves, comme un dorayaki, sont les plus beaux.
      Ou alors les rêves d'un monde plus humain, un monde où on peut prendre par la main la mains d'une vieille lépreuse, sans éprouver de gêne. Juste la prendre par la main et l'écouter nous parler d'une histoire de haricots rouges...

      Supprimer
  4. Bonjour le Bison, merci pour le lien et je conseille à nouveau ce film plein de délicatesse qui m'a émue. Et j'ai goûté des "An" (dorayaki) quand je suis passée par Tokyo: très bons. Bonne après-midi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il faudra que je prenne le temps de découvrir ton passage à Tokyo. Pour moi, cela remonte à une quinzaine d'années, et j'ai encore les images dans ma tête... Grande expérience.

      Supprimer
  5. Très beau film... (Goran : https://deslivresetdesfilms.com)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. aussi beau qu'un chaudron qui chante ses azukis ou qu'un cerisier qui pleure ses fleurs...

      Supprimer
  6. Dès que j'entends Tokyo je vois Lost in Translation. Ma petite obsession à moi.

    Ça a l'air bon cette pâtisserie, haricots rouges vous dites ? Et c'est sucré ? Désolée je n'y connais rien.

    Je note le film, ça m'a donné envie. Merci.

    (Minuit-Treize).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Lost in translation, une petite obsession pour moi aussi (Tokyo ou Scarlett)

      Une tuerie cette pâte de haricots rouges. Mais bon faut aimer aussi. Un classique de la pâtisserie japonaise, ce An...

      Supprimer
  7. J'ai adoré le film, le livre m'attend et j'aimerai beaucoup goûté un dorayaki...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je crains que les dorayaki ne résistent pas à un passage dans une enveloppe postale... Sinon, cela aurait été avec plaisir que je t'en aurais envoyés. Et ils ne sont certainement pas arrivés encore par chez toi, même à la grande ville, j'ai déjà dû aller dans le quartier spécifique des vrais japonais...

      Supprimer
  8. J'ai adoré le film en VO, un très très beau souvenir !

    Rahhhhhhh j'ai faim ! Il te reste un dorayaki ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. malheureusement, je ne l'ai pas vu en VO. Et j'ai du mal avec les films japonais (ou asiatiques) en français. J'y crois pas. Les intonations ne sont pas du tout les mêmes. Ni les rires de ces filles devant le marchand de dorayaki. Les occidentales n'ont pas du tout le même rire des japonaises. Ca casse le charme.

      et double malheureusement, plus de dorayaki. Mais j'ai toujours l'adresse...

      Supprimer
  9. Une fois n'est pas coutume, nous avons préféré le film au livre !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. j'ai lu le livre bien avant le film... alors difficile à dire. Moi, je suis resté sur le livre, et du coup le film était une redite du livre...

      Supprimer
  10. Les films de Naomi Kawase sont toujours la promesse d'un bon moment.
    Comme y doit pas rester de dorayaki j'vais prendre des makis fraise mangue, j'me contente de si peu... ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Un maki fraise-mangue ? mais quelle horreur :D
      Je ne connais pas... une spécialité de chez toi ? Et tu le trempes dans la sauce soja ou le sirop d'érable ? :)

      Supprimer
    2. Non non c'est délicieux!!!!! C'est Hitomi qui m'a fait découvrir :D

      Supprimer