Affichage des articles dont le libellé est Han Kang. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Han Kang. Afficher tous les articles

lundi 20 juillet 2020

Les Escales de Nad' et du Bison : Corée du Sud

Lieu : Corée du Sud
Lever du soleil : 5h26  | Coucher du soleil : 19h50
Décalage horaire : + 7h
Météo : 23° ressentie 27°. Ciel couvert, pluie faible.
Coordonnée GPS : 37° 33' 57.6" Nord, 126° 58' 42.2" Est
Musique : C. Schumann, Three Romances for violin and piano, Op. 22, Clara-Jumi Kang & Yeol Eum Son
Un Verre au Comptoir : Winter is Coming N°2




« Les flocons se dispersent au hasard.
Dans le vide noir que la lumière des réverbères ne traverse pas.
Sur les arbres noirs et silencieux.
Sur les cheveux des passants à la tête baissée.
»

dimanche 1 octobre 2017

Si la Neige est un Silence...

Je me souviens de son premier roman, « La Végétarienne ». Han Kang m’avait subjugué par sa plume, son audace, sa sensualité. Le début peut-être d’une grande histoire entre elle et moi, - et les végétariennes peut-être. Quelques années après, je me décide à apprendre le grec, pas n’importe lequel, le grec ancien, avec son écriture qui ressemble autant à des hiéroglyphes qu’à de l’alphabet coréen. Dans l’amphithéâtre ou à la terrasse d'un café, le parfum de feta se mélange à celui de l'ouzo, temps anciens chauffés par le soleil d'une rencontre silencieuse.

Dès que je rentre dans la salle de cours, je retrouve la grâce. Certes je me sens parfois perdu dans les considérations linguistiques d’une telle langue morte, mais je touche la beauté de l’âme. Cet homme qui perd progressivement la vue, et qui ne perçoit plus que des ombres de lumière dont le soleil lui brûle sa rétine. Cette femme qui ne dit pas un mot. Elle semble avoir perdu l’usage de la parole. D’ailleurs m’entend-elle ? Pourquoi ne me parle-t-elle pas ? Ces deux êtres dont leurs blessures paraissent s’inscrire au plus profond d’eux-mêmes, vont se retrouver. Avec timidité mais émotions...

« Si la neige est un silence qui descend du ciel, la pluie est peut-être faite de phrases interminables qui en tombent.
Des mots tombent sur les trottoirs, sur les terrasses des immeubles en béton, sur des flaques d’eau noires. Ils giclent.
Les mots de la langue maternelle enveloppés dans des gouttes de pluie noires.
Les traits tantôt ronds, tantôt droits, les points qui sont restés un bref moment.
Les virgules et les points d’interrogation qui se courbent. »