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dimanche 25 décembre 2022

La Pluie de Gould


 « C'est comme s'enfoncer dans une forêt ébouriffée. Ou marcher au bord de la rivière. On arpente sa vie. On choisit un chemin. On s'y habitue. On tente de retenir la route. L'itinéraire. C'est normal, il faut un biais pour découvrir. Un plan. Le chemin devient familier. Rassurant. On élabore nos propres repères. A partir de ce que l'on connaît. Mais on ne connaît rien. Les vrais ignorants ignorent leur ignorance. C'est un peu comme voir le paysage par une petite, petite, toute petite fenêtre. Et finir par croire que ce paysage se limite à ce qu'on en perçoit par cette petite, petite, toute petite fenêtre. Au lieu d'essayer d'élargir la fenêtre. De casser les murs. On préfère réduire ce paysage. Penser qu'il n'est que ce que l'on en voit. S'en contenter. C'est plus confortable. Et puis un jour on se rend compte que le monde est plus grand que nos yeux. Et on reste là, perdus. Au bord du vertige. »

Ici ça va. Enfin c’est pas moi qui le dis, c’est Thomas qui l’affirme là-bas. Il vient de s’installer dans une maison abandonnée avec une cabane désarticulée. Avec sa femme Ema. La maison de son enfance. Et les voilà, le joli couple aux sourires insouciants, en train de retaper la baraque. Je regarde par la fenêtre, il pleut, ça sent bon l’herbe mouillée. J’espère qu’ils ont fini de réparer le toit.

Là-bas, ça va donc. De vieilles pierres, de vieilles malles. Et de vieux souvenirs qui resurgissent du passé. En même temps que la reconstruction d’une maison, c’est la reconstruction d’une vie qui se joue aussi. Et d’un couple…

« Elle sentait bon la bière et la sueur des femmes. »
 

vendredi 13 décembre 2019

La Vie en Bleu


Ma première approche, très caricaturale, remonte aux années 89-90, la rencontre avec Raymond Babbit. Ray compte les cartes, « pouvoir » très intéressant sur une table de blackjack, et ça, Tom Cruise a bien perçu le potentiel de son nouveau frangin. Rain Man, le syndrome du savant, à l’époque associé à cette époque-là au syndrome d’Asperger. Une minuscule facette de cette « vie » qui a eu au moins le mérite d’évoquer au grand public la notion d’autisme.

Daniel Tammet a ce même profil, capable de te citer les plusieurs milliers de décimales qui composent le nombre pi. Moi, je n’en connais que 5, je sais c’est minable. Mais avant tout, dans ce bouquin, il montre sa vie, ses difficultés, surtout pour son entourage, et ses joies, ses amours. En fait, il vit avec ce syndrome comme une personne lambda, comme toi comme moi, il voit simplement les choses de façon différente, une association de couleur, des mots bleus, de la chaleur ou des idées qui s’associent. Très intéressante, cette perception du monde, pour comprendre comment son cerveau fonctionne.