Avec l'extrémité de l'index droit, elle écarta doucement la touffe de son bas-ventre comme si elle se promenait dans une prairie. Sous la pilosité se trouvait un renflement élastique et, en s'enfonçant pour atteindre la moiteur, elle parvint à un ruisseau éclairé par une lumière oblique, un marécage dans un ravin et elle toucha une pointe douce à découvert. Lorsqu'elle mit une légère pression sur cette proéminence avec la partie charnue de l'extrémité de son index, sa peau frémit et soudain son entrejambe eut un soubresaut et une crispation. Ses tympans ne pouvaient plus capter de son, puis le bout de sa langue se paralysa et ses jambes se mirent à trembler. Un trop-plein d'énergie jaillit en elle et fit soulever ses fesses, par secousses successives. Chaque fois que son doigt frôlait la proéminence, elle sentait ses idées devenir vagues et confuses.
De la poussière, des poils et des litres de bières, de bourbon et de vodka à l'herbe de bisons...
lundi 17 mai 2021
Une Fleur Androgyne
jeudi 13 mai 2021
Tu es con
Deux frères, une femme.
Gilles, l’aîné est journaliste dans l’“art-de-vivre”. Fabien, le cadet est star de ciné. Au milieu, Annabel, une troublante femme, chevelure brune et yeux qui pétillent. De quoi en tomber amoureux. De quoi en faire son obsession. Il suffit de plonger dans son regard devant un verre ou sur un quai de gare.
Il y a des rencontres qui ne se commandent pas, elles sont simplement là, et de cette évidence naît une passion, plus qu'une envie passagère, plus qu'un un désir à l'intensité du sourire, elle est obsession. Gilles l’observe, timidement, secrètement, il la désire fiévreusement, la belle Annabel ne quitte plus son esprit. Jour. Nuit. Soleil, brume, lune. Elle est partout. Elle déambule boulevard des Batignolles. Je la suis, Gilles aussi. Place Wepler, bistrot d’en face, je m’installe en terrasse, elle prend une burrata, je prends une bière.
« Elle s'en alla légère dans l'après-midi de printemps, heureuse d'avoir été baisée. C'est l'un des moments dans ma vie où j'ai le plus regretté de ne pas être une femme. »
dimanche 9 mai 2021
Pour le Meilleur
Vincent est vieux. Très vieux, même. Rongé par l’arthrose, il n’attend plus que la mort. Mais la grande faucheuse ne l’a pas encore ramassé, perclus dans un hameau isolé. Vingt ans que Vincent ne vit plus. Vingt ans, c’est le temps qui s’est écoulé depuis la mort de sa Bénédicte. Assassinée, violée, brûlée. Un acte d’une sauvagerie insoupçonnable, irrespirable, inimaginable. Brûlée, violée, assassinée, violée… Je ferme les yeux… avant que l’envie de gerber ou de pleurer me prenne.
Vingt ans, et dans quelques jours les assassins de sa femme seront libérés.
Vingt ans, Vincent y pense encore à ce jour. Vingt ans que Vincent rumine sa rage, sa tristesse, sa vengeance. Une vengeance qui le libérera peut-être.
En attendant, Vincent boit. Des bières, beaucoup de bières. Et du whisky aussi. Et de la gnole aussi. Vincent boit, puisqu’il n’a plus grand-chose à faire si ce n’est sortir son chien encore plus vieux que lui, encore plus perclus de rhumatismes que ses vieux os qui arrivent tout juste à le lever de sa chaise jusqu’à la porte du frigo pour attraper une bière.
« Je suis vieux, je suis seul, je suis alcoolo, je suis une caricature. »
dimanche 2 mai 2021
un peu, beaucoup, à la folie
dimanche 25 avril 2021
Detroit
Lorsqu'il ouvrit la porte du Dive In, au bas d'une volée de marches à peine éclairée, un flot assourdissant de conversations et de musique se déversa dans la rue, saturant soudain le silence de la nuit. Une foule de gens se pressait là en bras de chemise, le long du bar et dans la salle, la plupart debout, pressés les uns contre les autres par petits groupes, riant et parlant fort, entrechoquant à leur propre santé des chopes de bière moussue prêtes à déborder.
C'était comme de pénétrer dans un autre monde, un été sans fin que baignaient la chaleur des corps et la lumière du bois jaune qui recouvrait les murs, un autre monde où les sensations engourdies de la ville dépeuplée par la crise reprenaient soudain le dessus, dans la fumée de cigarette qui s'accumulait au plafond sous les extracteurs impuissants, dans l'odeur indéfinissable où se mélangeaient le tabac, la sueur, la cuisine et les parfums bon marché, dans la musique de jazz remixé, distordu, languissantes vagues de cuivres s'échouant sur des plages électroniques. C'était l'été. Derrière la douzaine de percolateurs du bar cuivré, tout du long, des rayonnages de bourbons, de whiskies, de vodkas et de rhums formaient une véritable bibliothèque sur l'histoire du genre humain, lorsqu'il choisit de vivre et de lâcher la bride.




