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mardi 24 juillet 2018

Chronique d'une Beuverie Annoncée

Santiago Nasar va mourir. C’est annoncé dès le départ, dès le titre du roman. C’est un fait. On n’y pourra rien. Pas la peine de chercher à le sauver, sa mort est annoncée, et ce n’est pas à moi de la chroniquer. Enfin, si, quand même un peu sinon, je ne serais pas devant toi à te parler d’un roman de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature, prix pour moi d’une atmosphère tourbillonnante. Laisse la bouteille sur la table, le temps de me servir un verre, ou deux, chronique d'une beuverie annoncée.

Je ne te cacherais pas plus longtemps les coupables, ni mêmes les aboutissants de ce fol, et étrange, lendemain de noce. Alors que tout le monde reprend ses esprits fortement embrumés par le flot d’alcool qui s’y est déversé durant ces deux jours de fêtes, Santiago Nasar va mourir. Des trompettes sonnent dans le vent, vent qui fait tourbillonner la poussière. Dès qu’il y a de la poussière, je me retrouve dans mon élément, poussière de vie qui s’envole, comme la mienne de vie. Des trompettes dansent, façon mariachis. Je les entends entre les paragraphes de l’auteur. Ses phrases doivent être à l’unisson du vent et de la musique, j’avais constamment le sentiment étrange de voir tourbillonner la poussière et la musique.

« La cérémonie officielle s’acheva à six heures du soir, quand les invités d’honneur se retirèrent. Le bateau repartit tous feux allumés, en laissant un sillage de valses jouées au piano mécanique, et nous restâmes durant un instant à la dérive au-dessus d’un abîme d’incertitude avant de nous reconnaître les uns et les autres et de nous enfoncer dans la mangrove de la beuverie. »


vendredi 30 juin 2017

Bonnie & Clyde

Alors voilà, Clyde a une petite amie
Elle est belle et son prénom c’est Bonnie.
Bonnie and Clyde, Bonnie and Clyde…
Clyde prend le métro pour le centre-ville de Buenos Aires.
Bonnie ouvre une boite pour chat.

« Dans le métro, il frappa dans ses mains en rythme devant un homme qui chantait en s’accompagnant à la guitare, il cria « Oh yeah ! », éclata de rire et regarda autour de lui. Les gens le regardait fixement, cela le mit mal à l’aise. Il rentra chez lui. Se masturba deux fois. Vomit. Avala un médicament. S’endormit. »

Ce soir, Bonnie & Clyde se rencontrent pour la première fois, autour d’une calzone et d’un jus de légumes aux couleurs gerbantes, après avoir passé beaucoup de temps à se connaitre, à échanger des mails sur leurs ordinateurs Lenovo, à s’écrire des SMS sur leurs derniers Samsung S Galaxy, à se regarder sur Skype… Un peu geek, mais follement amoureux. Deux âmes solitaires qui vivent dans leurs piaules avec leur chat respectif.

D’un esprit un peu fou, un peu foutraque, ils vagabondent dans les rues de Palermo, la tête dans les étoiles, les rêves plein la tête, rêves d’étoiles, rêves de hold-up, rêves d’un monde bizarre. Les fantasmes rythment leurs journées, leurs nuits, leurs tchat. Ou pas. Ils entrent dans la réalité subitement pour s’évader la seconde d’après, couple moderne des nouvelles technologies.