De la poussière, des poils et des litres de bières, de bourbon et de vodka à l'herbe de bisons...
dimanche 14 janvier 2024
Les Misérables
mardi 2 mai 2023
La Révolution du Danseur de Flamenco
"C'est à Moscou, dansant en pantalon court sur la scène d'un cabaret et buvant du champagne à discrétion, que je vécus les dix fameux jours qui bouleversèrent le monde ; autrement dit la prise du pouvoir par les bolcheviks.
dimanche 24 juillet 2022
Danzas Andaluzas
Assis sur un banc en plastique d’un blanc sale, je regarde par la baie vitrée la neige tomber sur le tarmac de l’aéroport de Pittsburg, Pennsylvanie. Rien qu’à cette vue, j’imagine une chanson, un blues triste et mélancolique, une petite guitare ou deux qui grattent derrière l’oreille. Le regard comme hypnotisé vers l’extérieur, la neige se couche presqu’à l’horizontal, le blizzard se déchaîne contre l’immense fenêtre. Il va y avoir du retard dans les départs, espérant que mon avion ne soit pas annulé, maigre consolation le bar de l’aéroport semble ne jamais baissé rideau, accueillant des gens épuisés, traînant leur spleen ou leurs solitudes à toute heure, en toutes langues.
« - Quand même, qu'est-ce que je ne donnerais pas, là, maintenant, pour un bon demi de bière Mahou avec beaucoup de mousse, à la brasserie Santa Bárbara de Madrid par exemple, avec des amandes grillées bien salées et une assiette de coques... Ça, et une fille, les deux meilleures choses de la vie, le paradis sur terre. »
dimanche 17 juillet 2022
Une île sous Artifices
mercredi 1 décembre 2021
L'Aube des Tartares
Zarza déambule dans la nuit froide, décline les rues désertes fuyant la peur sentant la sueur. Une lune, d'un bleu étrange, surgit au détour d'une ruelle, éclaire le caniveau, une eau suinte lentement, désespérément. Vingt quatre heures plus tôt, le téléphone a sonné, réveil douloureux pour Zarza, réminiscence de troubles souvenirs. "Je t'ai retrouvée", dit une voix à l'autre bout de la ligne. J'ai connu des réveils plus chaleureux. On s'échappe peut-être de sa famille, jamais de son passé.
vendredi 16 octobre 2020
Double Peine
Paula Cid, 42 ans et néonatologue, mène une existence tranquille, une vie des plus ordinaires à Barcelone. La routine d'un couple sans enfants, un verre de vin le soir pour laisser derrière la passion de son métier. Sauf qu’un jour, son compagnon de route et de vie lui annonce brutalement qu’il la quitte pour une autre. Sauf que ce même jour, quelques heures après, son ex-compagnon de route et de vie se tue en vélo. La double peine, la tristesse de s’être fait larguée et celle de le voir mort, les deux le jour même, se mêle et s’entremêle dans sa tête. Un sentiment de désespoir et de rage qui cohabite en elle.
« Un verre de vin à portée de
main, le deuxième déjà. J'essaye de savoir si avant je buvais avec la même
fréquence. Je sais que non, que je ne buvais pas autant, mais je fais semblant
d'avoir un doute. Lorsqu'on est seule, il est primordial de maintenir un
certain dialogue avec soi-même, de se mettre dos au mur, de ne pas tout se
permettre. Après cinq minutes, l'alcool est passé dans le sang, l'idée étant de
m'écraser dans le canapé et laisser l'éthanol déprimer mon système nerveux central,
m'endormir et faire chuter l'intensité de mes fonctions cérébrales et
sensorielles, mais j'échoue, comme pour tout ces derniers temps. »
mardi 20 novembre 2018
Poem for a Loser, Place Plume
Autant te le dire de suite, j’ai été attiré par le titre, « Les Perdants
héroïques : Inventaire de débuts sans fin heureuse », le côté perdant
probablement même si la face héroïque semble de trop. jeudi 24 mai 2018
La Simca 1000
Une Simca couleur cerise, début août. Comme chaque été. Comme chaque année. Elle est le signe d'un mois de vacances sous le soleil de Majorque. Le petit José se souvient, devenu écrivain. Il prend sa plume, face à la mer, cette Méditerranée d'un bleu azur, souvenirs d'enfance des années soixante. Et avec cette quête d'enfance et d'antan, ressort toujours un brin de nostalgie conjuguée à de la mélancolie. jeudi 12 janvier 2017
Une certaine Sympathie pour le Diable
Le démon entre en moi, la santiag trouée qui frétille sur un air que fredonne le vent. Soit bon Johnny. Un verre de whisky à la main, double dose, l’autre sur mon manche qui me démange. Gratte quelques accords, caresse quelques âmes, brûle la cagoule blanche, noir de peau, fièvre dans le corps. Madame chante le blues, et moi je serais prêt à vendre mon âme au diable pour le succès de Johnson. Robert, pas Don. Alors que le don de Johnson émeut, je croise le Malin, plaisir du divin diabolique, prêt à m’octroyer le statut de bluesman adulé par des nanas en furie et en chemisier si étroit que je vois battre leurs cœurs en chœur. jeudi 10 novembre 2016
De la Movida aux Indignados

« Cette douleur initiale laissa court à la furie, obéissant à un signal que personne ne donna, que nous entendîmes tous cependant, nous nous jetâmes les uns sur les autres, avec une rapidité qui était un enseignement de la fois précédente, au cas où, à un moment ou à un autre, la lumière reviendrait. Nous nous traînâmes par terre en enfonçant nos os les uns dans les autres, en perdant tout repère du corps le plus proche, nous embrassâmes et fûmes embrassés, nous nous griffâmes en poussant les mains sous les vêtements, nous offrîmes boutons, fermetures Eclair, mordîmes tout ce qui était à notre portée, introduisîmes des doigts, secouâmes, écartâmes les jambes ou poussâmes avec le genou entre d’autres jambes, nous nous retirâmes à temps et cherchâmes un autre corps à renverser, nous nous fîmes mal,, nous tachâmes mains et ventres, jusqu’à ce que peu à peu nous abandonnions, nous nous écartions du tumulte, pour rester dos appuyé au mur, en silence, écoutant les respirations comme s’il n’y en avait qu’une, nous reboutonnant, remettant nos chemises et T-shirts. »
mardi 1 novembre 2016
Amitié Catalane en Illinois
« - Tu as lu Hemingway ?
J’avais à peine lu Hemingway ou je l’avais lu n’importe comment, et l’idée que j’avais de l’écrivain américain se résumait en un lamentable cliché dont le protagoniste était un vieux au bout du rouleau, dévergondé et alcoolique, ami de danseuses de flamenco et de toreros, qui véhiculait dans ses œuvres démodées une image d’Epinal de l’Espagne constituée de stéréotypes les plus rances et les plus insupportables.
- Oui, ai-je répondu, soulagé par cette lueur de conversation littéraire et comme je devais voir là une autre magnifique occasion d’annoncer clairement à mes collègues de faculté mon inébranlable vocation cosmopolite – que j’avais déjà affichée par mon commentaire homophobe sur le cinéma d’Almodovar – j’ai ajouté : Pour moi franchement, c’est de la merde. »
La première partie du roman m’entraîne dans une université américaine de l’Illinois. Tu connais Urbana. Bien sûr, souviens-toi. Je ne te ferais pas l’affront de te raconter le film qui a donné ses lettres de noblesse à ce trou du cul de l’Illinois où même une Marylin Monroe dans sa splendeur ne réussirait pas à réchauffer les cœurs de ces péquenauds. Certains l’aiment chaud. Au début, Jacques Lemmon et Tony Curtis doivent donner un concert dans une ville glaciale du Middle West. Mais poursuivis par quelques gangsters, ile filent en Floride déguisés en choristes. Eh bien Urbana, c’était cette ville où ils n’iront jamais préférant s’encanailler sous le soleil de la Floride. De là à en déduire qu’il fait meilleur en Floride qu’à Urbana… Sauf qu’à Urbana, il y a une bonne université avec un département de langues étrangères portant sur la littérature espagnole et des cours donnés en catalan.
Urbana, première partie, un écrivain débutant s’y installe, version imaginaire et romancée de l’auteur en personne, Javier Cercas. Il y croise notamment un vétéran du Vietnam et se lie d’amitié au cours d’échanges sur la littérature, dans un bar où si le premier prétexte fut de causer catalan, le second était de s’enfiler quelques bières dans une ambiance éclairée d’un comptoir de bar… en écoutant ZZ Top... et moi, je m'y vois très bien dans ce bar, à m'y sentir à l'aise, barbus et grosses guitares, serveuses et grosses poitrines, le genre d'endroit où je m'y reposerai bien éternellement (aussi bien accoudé au comptoir qu'entre les miches de la serveuse).






