Les lumières sur le plateau s’éteignent. Un public en délire et en sueur, chauffé au thé glacé Earl grey, retient sa respiration avant d’hurler de plaisir ou de fantasmes lorsque le projecteur illumine le Maître de cérémonie, j’ai nommé, j’ai nono, j’ai mémé, non laisse mémé dehors, j’ai nommé JULIEN LEPERSSSSSS… Applaudissements dans les gradins, des soutiens-gorges volent, le piercing du téton est tendance, des rires à gorges déployés, des fan-clubs enjoués et des déambulateurs laissés à l’entrée. C’estttt Questionnnns pour un CHAMPIONNNN !
« Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. » Olivier Liron commence ainsi, presque comme une excuse de n’être pas dans le même moule que la société. Il file aux toilettes, trempe une madeleine dans son coca et revient derrière son pupitre attendant la nouvelle question de Juju. Juju, il l’aime bien, et je crois que c’est réciproque. D’ailleurs tout le monde aime Juju, le gars de la télé qui a rêvé toute sa vie d'être chanteur. C’est donc pour lui, cette foule en délire. Il a ses fiches, il regarde Olivier, il regarde le public, il me regarde et crie question botanique. La banane, c’est là où il est le plus fort, pas moi, j’ai séché tous mes cours de biologie végétale.
« Quand on ne peut pas parler, on construit des forteresses. Ma forteresse à moi est faite de solitude et de colère. Ma forteresse à moi est faite de poésie et de silence. Ma forteresse à moi est faite d’un long hurlement. Ma forteresse à moi est imprenable. Et j’en suis le prisonnier. »