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mercredi 13 octobre 2021

le Bison et la Grenouille (ou le crapaud-buffle)


Je me suis perdu dans cet état sauvage, où le souffle de l'élan pourchassé fume sur la froidure de la forêt, où des os de bisons sont enterrés quelque part en hommage aux dieux protecteurs d'une ethnie indienne, où des saumons remontent des rivières et des bûcherons bûcheronnent... Les yeux qui brillent comme le souvenir d'une lune aux reflets bleus, ou des étoiles éphémères s'aventurent dans ton cœur, ton être, ton âme, j'écoute le silence d'un troupeau venu s'abreuver d'une soif désespérée, la musique mélodieuse des tronçonneuses au cœur de la forêt, les grognements et tintamarres des crapauds-buffles dans le réservoir du champ situé en contrebas... Je remonte « la rivière en hiver », un jour, une nuit, une vie, dans le Montana.

« Wilson avait seulement envie de boire un verre. Une bonne bière froide dans une chope embuée, avec une tranche de citron sur la mousse. Une lager pâle et dorée, traversée par un rayon de soleil sud-américain, un cyclone de bulles montant dans cette lumière, un vortex de promesses. »

Je traverse des plaines qu’un vent balaye de sa fougue ou de sa folie, à la recherche d’un arbre, l’arbre parfait, ou d’un bar, le bar parfait, celui qui me servira dans le silence d’une nuit une bonne bière, un vieux juke-box crachotant des chansons du loner Neil Young ou de la belle Emmylou Harris, des vieux accoudés au comptoir, le silence devant leurs bières. L’esprit americana de ce partage. Les tronçonneuses résonnent encore dans ma tête lorsque la lune m’apparait toujours de ses atours si bleutés si souriants, le souvenir d’une vie. Le Montana, je m’y sens bien. Je m’y recueille, jusqu’à plus soif, dans le silence d’une putain de vie, dans le silence des hommes et le chant des grenouilles.

vendredi 21 mai 2021

les Portes d'Harvard

 


Ils étaient jeunes et promis à un bel avenir, Georgia, Charlie et Alice quand les portes de l'université s'ouvrent à eux. Ils sont dans l’une des plus prestigieuse universités, collège d’Harvard. Le professeur Storrow est enseignant en histoire du droit, des paroles controversées sur la colonisation. Charismatique et énigmatique, il possède une aura auprès de ses élèves, en particulier Georgia et Charlie. Mais lorsqu’une étudiante du cours de Storrow, Julie Patel est retrouvée assassinée sur le campus universitaire, les premiers soupçons se tournent presque naturellement vers le professeur…
 
« Ce soir-là, la sympathie de Charlie alla spontanément à cet enseignant qu'il rencontrait pour la première fois. Là où les autres ne percevaient qu'une joyeuse arrogance, il savait déceler la tristesse. Il y avait chez cet homme une dimension tragique, inséparable de sa conception désuète de la dignité. Avec le recul, Charlie s'étonnerait d'avoir détecté cela aussi tôt, alors que Storrow était au faîte de la réussite et qu'aucun évènement tragique ne l'avait encore frappé. »