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dimanche 29 septembre 2024

Epaule Tatoo


Alma, l'âme de ce roman.
Alma, la fille tatouée. 
Et Joshua, l'homme cultivé, l'écrivain, le professeur, à la fois riche et séduisant. Alors qu'Alma est pauvre, pas vraiment belle, et totalement inculte.
Pourtant Alma exercera une certaine fascination, virant même à l'obsession, dans la vie de Joshua. Il la prendra, comme servante-secrétaire-aide-soignante.
 
Elle venait d'ailleurs, de campagnes arriérées où les enfants avaient les pieds sales, où quelques vieux subsistaient dans l'air pollué. Lui a un malaise, dans sa vie, dans son âme, il se sent décliné, il se sent seul, pourtant n'a que la quarantaine. Atteint d'une étrange maladie, il a besoin d'Alma, qui sait, elle pourrait le sauver.
 
"Là où des fumées blanches s'élèvent comme une vapeur des fissures du sol.
Là où les mines creusées profond sous la terre continuent de brûler.
Wind Ridge, Bobtown, McCracken, Cheet, tels étaient les noms des mines quand elles avaient des noms. Quand elles étaient encore encore exploitées, avant les incendies.
Où vis-tu, je vis en enfer. Je suis une enfant de l'enfer. Je suis américaine et enfant de l'enfer. Demandez-moi si je suis heureuse, je le suis.
Presque tout le monde est parti. L'herbe pousse drue là où le bitume s'est fissuré. Là où les gens ont abandonné leurs maisons. L'ancienne école primaire. La cour de récréation asphaltée. Berlin Street, Coalmont. Scottdale, Mount Union, Tire Hill. Là où le feu couve, la neige fond dès qu'elle touche le sol. Lève les yeux vers les collines où monte la vapeur. Où l'aide vient du ciel. Herbes hautes, jeunes arbres. La jungle revient. Cette paix, c'est un cadeau pour ceux qui ont refusé de quitter l'Akron Valley."
 

jeudi 15 juillet 2021

Une Bière à la Bonne Température

 les chroniques transat 

Roman Policier

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« Je me dis que j'ai eu de la chance et je respire la pollution à pleins poumons tout en sirotant une bière qui aurait été à point si on l'avait laissée trois minutes de plus au frais. »


Putain, ce n’est pourtant pas si compliqué de servir une bière fraîche. Glacée, en fait, chaleur du Mexique oblige, faut désaltérer le gosier et nettoyer la poussière. Mais attention pas trop glacée non plus, la bonne température, quoi. Et pourtant, le pauvre Carlos n’en peut plus. Oui, ô misère, comment peut-il vivre avec une femme incapable justement de lui servir sa bière à LA bonne température. D’ailleurs, elle est partie en lui laissant en plus les gosses. Pourtant, c’est un bon gars ce Carlos, il aime quand même sa femme, même lorsqu’elle lui sert sa bière trop glacée, il aime aussi sa maîtresse, même lorsqu’elle lui sert sa bière pas assez fraîche. Oui, un bon type, humain, qui aime les relations humaines avec quelques crapules du coin, quelques putes du trottoir à l’angle du commissariat. Un bon gars qui sait ce qu’il veut, et il veut une bière, poupée, ni trop glacée ni trop tempérée.

« La deuxième bière était glacée, un vrai régal. Il n'était pas difficile de faire en sorte qu'une bière soit glacée. Ni tiède ni congelée, juste glacée. Cela semblait si simple que j'ai presque osé penser que même ma femme devrait y arriver. »

vendredi 5 mars 2021

Les Violons de Chosta et la Neige

Qu’ils s’appellent Roxane, Mélissa ou Kevin, qu'ils aient à peine douze ans, qu’ils vivent dans un quartier populaire, qu'ils habitent dans un « bloc » d’appartements, Hochelga-Maisonneuve…


Ils se croisent à peine mais grandissent plus vite face à l’adversité de la vie. Ils essayent surtout de survivre, tout en gardant une part de rêve dans un recoin de leur tête. L’espoir qu’un jour leur père ou leur mère reviendront à la réalité, celle qui consiste à former une famille, aussi petite soit-elle, à retrouver de l’amour et de la complicité même dans et sous les coups durs.


« Roxane ferme sa porte. Des cris. Des cris. Des mots. Des coups. Son nom. Sa mère qui crie son nom. Roxane ouvre son tiroir. Cherche ses écouteurs, trouve ses écouteurs.
Chostakovitch, les violons. Plus fort, plus fort encore. Les violons la fenêtre la neige snieg qui tombe comme des lignes du ciel à l’eau comme des lianes pour s’agripper, pour monter très haut, jusqu’en haut, les flocons tombent en lianes du sol au ciel, le violon de Chostakovitch coule sur elle, puis coule en elle. Roxane est une corde, stridente sous l’archet, Roxane vibre, Roxane explose, vole par-dessus la rue, par-dessus les corps morts, par-dessus la marde, jusqu’aux bateaux, jusqu’au fleuve, jusqu’en Russie. Roxane est une symphonie. »


Le tableau dans ce coin de Montréal ne fait pas dans le rose-bonbon. Entre un père « catcheur » loseur et vieillissant qui perd son job au garage, une mère alcoolique qui se fait tabasser par son chum et une autre qui a totalement délaissé sa fille et arpente le trottoir des putes de jour comme de nuit, même par avis de tempêtes… Bref, je suis dans la chronique sociale qui ne respire pas le grand bonheur ni même l’éclat’ joviale.

dimanche 25 octobre 2020

Pikadon


 Il y a des bruits qu’on souhaite oublier, qu’on ne souhaite même pas nommer, qu’on ne devrait même pas décrire, tant ils nous renvoient vers l’inhumanité de ce monde et vers l’odeur de chairs brûlées. Le Pikadon. D’ailleurs, d’où vient ce nom qui prêterait presque à sourire de mon point de vue occidental et qui ferait plus penser à une version peluchée d’un manga plutôt qu’au souffle d’une bombe déposée – larguée - sur les collines de Nagasaki, un 9 août 1945. Alors, je sors mon encyclopédie numérique : « Pika » signifie étincelle, lueur ou éclat soudain de lumière. D’une beauté poétique, en somme, c’est comme une aurore boréale sous des latitudes nippones. « Don » lui pourrait se traduire par un gros boum !, une genre de déflagration. Associés ensemble, ces deux mots marquent surtout la défaite de l’humanité.

 

« J’eus l’impression que le cœur du monde venait d’exploser. Certains allaient le décrire par la suite comme un bang mais il ressemblait plus au fracas d’une porte se rabattant violemment sur ses gonds ou à la collision de plein fouet d’un camion-citerne et d’une voiture. Il n’existe pas de mot pour ce que nous avons entendu ce jour-là. Il ne doit jamais y en avoir. Donner un nom à ce son risquerait de signifier qu’il pourrait se reproduire. Quel terme serait à même de capturer les rugissements de tous les orages jamais entendus, tous les volcans, tsunamis et avalanches jamais vus en train de déchirer la terre et d’engloutir toutes les villes sous les flammes, les vagues, les vents ? Ne trouvez jamais les termes adéquats capables de décrire une telle horreur de bruit ni le silence qui s’était suivi. »

 

mardi 19 mars 2019

Conte d’hiver

« Je m'appelle Carl Houseman, et je suis shérif adjoint dans le comté de Nation, en Iowa. J'en suis également l'enquêteur en chef, titre que je dois autant à mon âge, cinquante-cinq piges, qu'à mes talents d'investigateur. C'est ce qui m'a valu d'être mêlé à plusieurs affaires intéressantes, dans une communauté de seulement vingt mille âmes, et c'est pourquoi je l'apprécie à sa juste valeur. »

Dans 4 jours c’est Noël, la neige, les marshmallows au coin du feu et les histoires de Noël. La paperasse a été bouclée, pas d'affaires sur le feu, je vais pouvoir passer Noël bien au chaud.

Il était une fois… un conte d’hiver qui n’a rien d’un conte de fée, de lutin ou de je-ne-sais-pas-quoi-pour-retomber-en-enfance. Il n'est même pas question de la Mère-Noël qui attend
en string son tendre époux barbu pour une grande veillée, nuit de toutes les folies, de corps et d'esprit. Amen.

D’ailleurs, ce n’est pas une fois, mais la troisième fois que je me replonge dans les enquêtes du shériff Carl Houseman dans ce trou du cul de l’Amérique (peut-être même qu’elle en a plusieurs) dans l'Iowa.


J'attends la neige, white christmas, chantonne-t-on autour d'un verre de bourbon et d'un feu de cheminée. Il fait tout de même froid, un blizzard à grêler ton visage pendant que tu planques le cul dans la neige devant cette ferme isolée.