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dimanche 28 janvier 2024

Mes Nuits avec Anna Karénine


Voilà dix-sept nuits que je ne dors plus. L'oreiller est crevé, j'ai du rêver trop fort.
Dix-sept nuits, dix-sept ans, peu importe, au bout d’un moment je m’y suis habitué. Après tout, ce n’est pas la fin des temps.
Alors les yeux rivés sur la lézarde du plafond, je me lève, vais au salon, me sert un verre de cognac.
Y’a une lune dans ma rue, et je n’ai pas sommeil. Alors je prends un livre, un peu au hasard, sur une étagère de ma bibliothèque. J’en prend un gros, celui qui en temps normal me tomberait des mains, mais là j’ai toute la nuit. Tolstoï, Anna Karénine.   

« Je n'avais absolument pas sommeil. 
Allons bon ! Vraiment pas, mais vraiment pas sommeil. 
Et si je lisais un livre pour m’endormir ? Je suis allée dans la chambre, ai choisi un livre sur une étagère. J'avais allumé la lumière pour chercher, mon mari n'a même pas tressailli. Je me suis décidée pour Anna Karénine. J'avais envie de lire un long roman russe. J'avais déjà lu Anna Karénine une fois, voilà bien longtemps, lorsque j'étais au lycée si je me souviens bien. Mais je ne me rappelais pratiquement pas l'intrigue. Je me souvenais de la première phrase, et de la fin, quand l'héroïne se jette sous un train. « Il n'y a qu'une sorte de famille heureuse, mais aucune famille malheureuse ne ressemble à une autre. » »

samedi 13 mai 2023

Le Vent de Tchoukotka

"L'existence a plusieurs faces. Peut-être vivons-nous bien aujourd'hui, mais qui peut savoir comment vivrons nos descendants !"
 
Là-bas, très loin, au delà des étendues de glace et des envolées de blizzard, aux confins du monde blanc, au plus éloignée de la Sibérie, la Tchoukotka, sujet fédéral de la grande Russie, au bord de la mer de Béring. Autant dire que si loin de tout, il n'y a même plus de vodka dans les tentes. 
 
Il va s'en dire aussi qu'il ne vaut mieux pas être frileux pour s'aventurer là-bas. -30°. Sauf si tu y est né. Et là, né pauvre, tu vis dans une tente jour et nuit, pratiquement nu, avec seulement quelques "peaux de phoque" comme habit primaire. Même les tenues vestimentaires tu les partages entre frères, chacun sort à son tour, si ce n'est que tu connais mal la fratrie, parce que de ton œil observateur de l'autre côté de la banquise, tu ne les vois jamais ensemble. La pauvreté à l'extrême.