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jeudi 2 avril 2020

Rangée 7, Place A

« - Votre mission, docteur Krüger, si vous voulez sauver la vie de Nele, consiste à activer la bombe psychique qui se trouve à bord.  »

Musique. 
Genre générique de film, genre mission impossible, genre Lalo Schiffrin. 
C'est pour l'ambiance. 
Un esprit confinement, c'est pour le côté anxiogène. 
Enfermé dans un avion, vol long courrier Lufthansa, Buenos Aires - Berlin. Une jolie hôtesse de l'air, grande et blonde, m'accueille. les seins généreux, le tailleur bien lissé, genre allemande. 
Rangée 7, place A. 
A l'avant de l'appareil. 
Envie d'une blonde allemande, genre Paulaner, me propose-t-elle, avant de m'enfoncer dans mon siège, l'esprit peu serein à traverser l'Atlantique, les pieds en l'air, la tête dans les nuages.  

« - Il y a deux sortes d'erreur. Celles qui te pourrissent la vie. Et celles qui y mettent fin.  »

A son bord, plus de six-cent passagers. 
Une confiance aveugle dans un pilote, ou dans une carlingue de métal. 
Difficile de dire la folie des hommes à poursuivre le rêve d'Icare. 
La vie peut dépendre de si peu de chose, comme par exemple d'un psychiatre reconnu dans ce même avion. 
Un coup de téléphone, profitez-en, la liaison est offerte par la compagnie. 
Un inconnu au bout du fil. 
Un cri dans la nuit... Ou dans l'immensité du ciel. 
A vouloir tutoyer les anges... 
A s'en brûler les ailes...  

lundi 26 août 2019

Seulement pour les Fous

Seulement pour les fous. Le suis-je assez pour m'atteler à la réputation de ce guide du solitaire. Solitaire, je le suis et je suis ainsi la route d'un Loup des Steppes. Le loup, est-ce mon image littéraire ? Parce que Hermann Hesse aurait très bien pu écrire Le Bison des steppes. Tout aussi fort, tout aussi seul. Il y aurait suffit de remplacer le vin d'Alsace omniprésent dans ce roman (et ma foi, je déguste ces pages entre Riesling, Gewurtzraminer et Tokay...) par une vodka à l'herbe de bison, laisser Mozart, le grand, sur la platine. Born to be wild. 

« Le vin d'Alsace, c'est encore ce qu'il y avait de meilleur. Je n'aime pas, du moins pour tous les jours, les vins violents et sauvages qui étalent des appâts puissants et possèdent des bouquets célèbres et spéciaux. Je préfère les petits vins campagnards purs, légers, modestes, sans noms particuliers; on en boit facilement en grande quantité, et ils ont le goût simple et doux de la terre, du ciel, de la campagne et de la forêt. Un verre de vin d'Alsace et une tranche de bon pain, c'est là le meilleur repas. »

lundi 11 mars 2019

A l’âme des Fleurs Sacrifiées


Il suffit de 3 branches, du silence et du cœur, pour faire de l'art. Mais au Japon, cet art se transforme en spiritualité. Le but de tout art n'est pas la beauté de l'aboutissement mais bien le cheminement intérieur qui aboutit à cette beauté. L'ikebana est un de ces arts ancestraux, un art qui à l'origine était pratiqué par les samouraïs. Leurs esprits se trouvaient si profondément absorbés dans l'âme des fleurs que les décisions cruciales se faisaient dans l'harmonie et la gravité nécessaire qui leurs incombaient.

« Profondément absorbée en elle-même, elle cherche à atteindre cet état d’âme où elle sera unie au cœur de la fleur ; elle sait par une longue expérience que ce n’est pas là une simple figure de style. C’est lorsque son propre cœur sera uni avec le cœur des fleurs, et par-delà, avec le cœur universel – selon l’heureuse expression d’un Maître des fleurs -, qu’elle reposera dans ce silence absolu d’où la figure surgira d’elle-même spontanément, naturellement. »

Le ciel, l'homme, la terre. 3 éléments à relier pour en trouver l'essence de la vie. Et pour cela un maître, le maître des fleurs, pour transmettre son message, son aura.
De la patience, beaucoup de patience, prendre son temps pour trouver l'harmonie, pour comprendre la fleur. Pour vivre simplement. Savoir attendre le moment. C'est l'essence même de la vie, de l'amour.
Du silence, beaucoup de silence. Parce que c'est à travers le silence que parle le cœur. Et la vie, et l'harmonie, c'est juste une histoire de cœur à cœur. L'amour aussi.



mercredi 23 novembre 2016

Float like a Butterfly, Sting like a Bee


Ça grouille, de monde, de bruit, de poulets en liberté. Kinshasa. Une fureur dans la rue, une folie dans le stade, ça hurle, ça chante, ça danse. Sur le ring, dans la ville. La liesse, les bars sont pleins, les Flags décapsulées, les radios époumonées, les djembés cognent. Le grand combat. Foreman contre Ali. La sueur coule sur les visages, les coups pleuvent sur les gueules et dans les côtes. Le sang en ébullition, l’atmosphère s’est suspendue. Jusqu’au KO final. Une pluie diluvienne, colère des Dieux, le grand serpent jaune sillonne le bidonville…

« Rewind. Le Rumble in the Jungle. Foreman pousse Ali dans les cordes et frappe comme un sourd sur Ali. Pourtant les forces de Foreman s’amenuisent. Sixième round. Foreman s’affaiblit. Septième round. Foreman fait une faute. Huitième round. « Ali, boma ye ! Ali, boma ye ! » Eh oui ! le K.O. dans le huitième round. Ali a récupéré son titre. »

Jengo Longomba, « enfant-sorcier » qui des années plus tard rêve de devenir boxeur, comme d’autres rêvent d’être footballeur, lorsque son grand-père l’emmène dans ce vieux stade aussi délabré que son passé est glorieux. Jengo, jeune enfant solitaire, mis à l’écart par ses camarades parce que ses origines ne sont pas de la même ethnie, rejeté par sa grand-mère parce que les Dieux en ont voulu ainsi dès sa naissance. Jengo s’entraîne, se motive, garde sa rage pendant que le pays se déchire, la guerre civile s’abat sur la population, sur les ethnies, et que les cataclysmes mortifères surenchérissent la misère du peuple kinois.