Tu ne peux pas te tromper, tu prends la route, celle qui est caillouteuse et poussiéreuse et qui s’enfile sous l’horizon du soleil couchant. Au deuxième jour tu tournes sur la droite, et vers 14h30 tu prends la troisième sur la gauche. Ou la quatrième, je sais plus bien. Une fois revenu sur tes pas, tu n'es plus très loin de Cuatrocasas. Un village laissé à l’abandon où seule la poussière s’épanouit sous le regard de trois ou quatre vieux qui se demandent pourquoi ils sont encore en vie dans ce coin.
tu te demandes encore pourquoi tu t’es arrêté là.
D’ailleurs,
Il n’y a rien là-bas.
Une prison
abandonnée,
un bar sans nom, et sans client
un lieu au nom évocateur,
Les Vingt Nymphes,
une gare où le train ne passe plus depuis des lustres,
la garnison s’est sauvée, reste bien une vieille prostituée.
En dehors, la poussière règne, un vent qui semble rendre fou, qui semble rendre triste. Tout est triste ici, même les amours.
quand les sujets de conversation furent épuisés.
Elle le prit par la main. La mit sur sa poitrine.
Puis elle le mena sur la grève ; loin.
Et là, elle lui fit honneur.
La nuit s’écoula.
Le dernier jour de carnaval commençait. Et le vent de la côte apportait le glapissement du sanctuaire des loups marins.
Amancia se réveilla sur la grève. Elle étira les doigts et chercha la main du garçon.
Elle ne trouva rien.
Elle resta là, à contempler le ciel.
Le train emporta le garçon pour toujours. »


