Affichage des articles dont le libellé est Paix Dieu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Paix Dieu. Afficher tous les articles

lundi 18 mars 2024

Paix Dieu et Amour


« Pour expliquer la vie au monastère, il faut avant tout mentionner le silence. Pendant mes années passées ici, j'ai appris que le silence n'était pas seulement le calme ou l'absence de bruit. Au contraire, il s'agit plutôt d'une écoute très attentive. Le silence est nécessaire pour percevoir le bruit au-delà du bruit, la sensation au-delà de la sensation. »
 
Sous le regard de la lune, pleine et bleue, contemplant le silence, je me remémore la vie de Frère Jean. Il y a des vies que l'on n'oublie pas, comme des instants de bonheur venus éclaircir votre horizon. Frère Jean est là devant moi, dans sa robe monacale. Il est vieux maintenant, plus le genre à monter sur une échelle. Pourtant, il a encore la mémoire vive et les souvenirs douloureux. Oui l'amour fait mal. Il cogne, il frappe quand on ne l'attend pas. Il fait se poser des questions, puis il disparaît le jour, un jour, pour revenir chaque nuit, une vie. 
 
« Le silence ressemble à un miroir sombre qui parvient à révéler les os et la chair même à travers plusieurs couches de vêtements. D'une certaine manière, c'est quelque chose de redoutable. Lorsque je décidai de prendre l'habit de moine, j'étais plein d'admiration pour ce calme, mais je n'avais pas imaginé qu'il possède un tel pouvoir. Je ne me souviens pas précisément, mais il me semble que je me retournai alors timidement vers la gare. Le sifflet de mon train qui repartait me parut irréel. J'eus le sentiment d'avoir laissé ma courte jeunesse dans ce train, avec le bruit, mes peurs, joies, dégoûts, angoisses, pleurs, envies, jalousies... Comme je posais un pied dans le long couloir plongé dans la pénombre, j'aperçus furtivement mon âme toute nue par l'entrebâillement des rideaux du vacarme. »
 

jeudi 3 janvier 2019

Sur des Sentiers Lumineux, un Sourire Solaire

Dans les ruelles de Lima, le soleil se lève à peine, température fraîche, une musique m'emmène. Des jeunes dans la rue crient, parlent, négocient. Cambistes de rue, ils changent des dollars verts en intis et inversement. Le vert devient blanc, ne cherche pas à savoir si le blanchissement est légal, dans ce pays aux sentiers lumineux la lumière doit provenir de la drogue... Carlos est l'un deux.

Traversant ces ruelles, la robe volage quelques femmes passent, d'un hôtel au bar et inversement. Elles sont belles et caramélisées, la chevelure ténébreuse et libre. Un sourire solaire, Mabel, elle s'appelle et suis mon cœur dans cette lecture.

« Je ne voyais pas son visage, mais j'entendais sa respiration agitée, et nous sommes restés ainsi quelques instants : ma poitrine appuyée contre la sienne et un de mes genoux bloquant ses jambes. J'ai senti alors un tremblement, une brusque secousse dans son ventre. Mes deux mains ont agrippé ses fesses et j'ai commencé à l'embrasser dans le cou.
- Enlève-moi cette blouse ! A-t-elle dit d'une voix presque inaudible, enlève-la-moi !
Plusieurs boutons ont sauté et la blouse est tombée. Sa langue a pénétré dans ma bouche comme une couleuvre qui fuit un incendie. »