les chroniques transat
La MAISON
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Pas d’ascenseur, je prends les escaliers quatre à quatre, comme une urgence, un besoin irrémédiable, une envie pressante. Je ferme la porte derrière moi, me déchausse, vais au fond du couloir, la porte de droite, m’allonge sur mon lit, le regard déjà porté sur le plafond. Des années que je l’observe et que je découvre cette frêle fissure qui strie mon horizon. Le plafond de ma chambre, c’est un peu mon univers, ma vie. Le plafond, c’est ma MAISON. J’attrape mon casque, le majeur sur le bouton « Play », et m’enferme dans ma bulle, une bulle qui s’est construite petit à petit depuis des années et qui m’enveloppe intégralement maintenant. La musique, c’est ma MAISON. Le plafond, cette musique, je le fixe, la nuit qui s'élève, les étoiles qui scintillent, je l'observe, cette impression de solitude, ce sentiment d'isolement, je la garde en moi, comme un tout, une image de moi.
Mais quelle maison en ce premier album, une révolution qui se prépare dans ma tête, qui bouscule mon âme. Combien de fois n’ai-je ma entonné dans ma tête ce petit gimmick, been dazed and confused for so long it’s not true, qui déchire à chaque fois un peu plus mon âme. Je ne cherche pas à comprendre les paroles, le blues par définition, c’est un mélange de tristesse et de poussière – et une ligne de basse qui vient l’inaugurer. Mais revenons, à la maison, allongé dans le noir, le regard sur les étoiles brillantes de mon plafond. J’y vois une évasion, bercé par la voix de Robert, déchiré par les riffs de Jimmy. Mes camarades de chambre, 4 fidèles compagnons de solitude - Robert Jimmy John John-Paul, 4 albums essentiels plus ou moins un, je ne me pose même pas la question s’ils regardent également leur plafond respectif, je ne pose aucune question. Je laisse simplement les émotions venir, elles sont là, viennent en moi, me bousculent, me transportent, repartent, libres comme cette part des anges qui s’évapore dans les cieux, bien au-delà de mon plafond. 1969 et un zeppelin s’écrase dans ma MAISON.

