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lundi 13 mai 2024

Heredia et Simenon


  Heredia le privé est de retour à Santiago. Après un séjour de quelques mois sur la côte, et la rupture avec la femme de sa vie, Grisetta, sublime brune au regard épicé - à moins que cela soit ses longues jambes qui soient épicées, il lui est impossible à oublier, malgré ses silences. Alors il erre dans les rues, dans les bars, l'air fauché et les yeux d'une profonde tristesse, s'arrête boire une bière, puis une seconde. Comme tout bon privé à l'ancienne, il se nourrit de bières et d'une bouteille de whisky, dans le deuxième tiroir de son bureau. Comme tout bon privé à l'ancienne, il savoure chaque note des solos de Charlie Parker. Et comme tout bon privé à l'ancienne, il a un chat qu'il a appelé Simenon. Et dans des moments de doutes ou de solitude, Heredia parle à Simenon, et Simenon a cette étrange facétie de lui répondre... Pourtant Heredia, je te le promets, n'a pas (ab)usé de la bouteille.
 
"Rien ne me plaît davantage que marcher sans but dans la ville. J'aime regarder les gens et m'arrêter devant les vitrines des boutiques et des librairies. Quand je suis fatigué, je cherche un petit bar pour y boire du vin tandis que le cendrier se remplit de mégots et qu'autour de soi des groupes d'ouvriers ou de retraités lisent leur journal ou boivent une bière."
 
  Pour sa première nuit dans la poussière de Santiago, Heredia se prend une chambre au parfum douteux dans un hôtel de passe minable d'une rue à peine illuminé par le clair de lune et le sax' éclairant d'un type jouant au coin de celle-ci. Minable, c'est ainsi qu'il se sent, dès le lendemain, lorsqu’il rend ses clefs et découvre en bas de chez lui le corps d'un type. Bien sûr, il va en être le principal suspect et devra par conséquent enquêter sur cette mort suspecte. Parallèlement, bon cœur au cœur meurtri, on lui amène une nouvelle affaire : un type s'en prendrait à quelques vieilles pour les détrousser d'argent ou de bijoux... De quoi remettre en douceur le pied à l'étrier, car comme tout bon détective à l'ancienne, il a un cœur, il a un bon fond pour aider la veuve ou l'orphelin. 
 

vendredi 11 octobre 2019

Rum y Rumba


Viens… Je t’emmène, jusqu’au bout de la nuit, au bout de la vie. Une folle nuit d’insomnie, à Cali. Santiago de Cali, berceau colombien de la salsa et de la danse. La musique déverse son flot de déhanchements à chaque coin de rue, et crois-moi, j’aime le déhanchement de ces femmes, dans le genre brune épicée au sourire ravageur. Timidement, je suis du regard Maria qui n'a de regards que pour ces ténébreux colombiens aux regards de braise capables de lui traduire les grandes chansons de rock américain, de danser toutes les sambas de la nuit, de lui fournir quelques comprimés d’une blancheur cocaïnée… Bref rien pour moi, mais je me contente d’observer son sourire et sa vie à distance. Elle a de toute façon l’air si heureuse loin de ma personne que personne ne s’en émeuve la bouteille de rhum à portée de main la narine hésitante face à cette ligne toute tracée et immaculée.

Une ballade et balade, nocturne, musicale, sous le clair de lune, dans les ruelles sombres et sous cocaïne, odeur puissante d’urine et de vomis. Du rock à la rumba, des pierres qui roulent, de la mousse dans un verre, Que Viva la Musica ! dirait un révolutionnaire, suivi de la belle Maria et de son sourire, fuyant sa clique d’admirateurs à sa suite. Elle est belle, Maria, toujours aussi belle qu’à son premier chapitre, toujours aussi fraîche même au bout de la nuit, mélange de jasmin et de sueur, je renifle, non pas de coke pour moi, juste sa fragrance enivrante, mon envie de lui verser sur son corps ma bouteille de rhum qui glisse entre ses seins, qui imbibe ses poils pubiens que je m’empresse de lécher, la langue assoiffée de ces prénoms en a. A moins que cette nuit de débauche et de rumba ne soit qu’une longue hallucination solitaire dans l’ombre de la lune bleue.

dimanche 22 septembre 2019

Le Cul bien Propre


« Beaucoup de gens se sentent mal dans leur peau, parce que ce n’est pas la leur. »

Une dernière page qui se tourne, pendant que sur la platine le grand Jacques me parle de sa longue et large queue de serpent, moi je file à la salle de bain, une envie furieuse de me laver le cul dans le bidet, pas trop de savon sinon ça pique. Ne pas refréner ses envies subites m’a dit un jour mon psy sur son canapé, de là à lui parler de mon serpent frétillant. 2m20 tout de même ! C’est pas que j’ai l’habitude de jouer les prétentieux, mais oui c’est bien sa longueur. Et tu seras bien obligé de me croire, je n’ai pas non plus pour habitude de montrer mon serpent aux étrangers. Seulement à Mlle Dreyfus, elle est si belle avec ses jambes couleur café et ses seins si parfaitement sincères. Oui, je sais, c’est pas commun, un python de 2m20 et des poussières, la vie chez moi n’étant que poussière, seule Mlle Dreyfus réussissait à l’éclairer, mais elle est partie. D’ailleurs, c’est pour elle que je me lavais le cul. Bon OK, c’est surtout les bonnes putes, les âmes tendres de cette vie, qui y tenaient surtout. Question d’hygiène ou d’amibes, un truc du genre. Mais je sens que je suis devenu trop intime, pour toi ami lecteur qui se fout bien, et probable que tu as raison, de savoir si j’ai le cul bien propre ou pas. Non, non, je ne fais pas une obsession, ne joue pas le psy avec moi, par contre la psy qui s’allonge sur le canapé, je veux bien, et je t’expliquerai pourquoi il faut avoir le cul propre. Car je n’ai jamais lu l’histoire d’un mec (son serpent est secondaire ici) qui se fait laver le cul dans le bidet autant de fois en si peu de pages. D’où l’intérêt pratique de se garder un bidet à portée de main, ou de cul, parce que moins pratique pour se laver les mains. Certes les considérations hygiéniques sont importantes dans notre société, mais revenons à nos moutons – à mon serpent plutôt. Un long python noir.