Affichage des articles dont le libellé est Cuvée des Trolls. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cuvée des Trolls. Afficher tous les articles

dimanche 27 septembre 2020

Le Repos des Cueilleurs de Mangues

A quoi tient un génocide. A une histoire de nez. Trop gros ou trop épaté. Triste à concevoir. Hutu ou Tutsi. Blonde ou Brune. Gaël Faye revient sur son histoire, celle de son pays, celle de ces deux peuples mis à mort.

« Le cabaret était la plus grande institution du Burundi. L’agora du peuple. La radio du trottoir. Le pouls de la nation. Chaque quartier, chaque rue possédait ces petites cabanes sans lumières, où, à la faveur de l’obscurité, on venait prendre une bière chaude, installé inconfortablement sur un casier ou un tabouret, à quelques centimètres du sol. Le cabaret offrait aux buveurs le luxe d’être là sans être reconnus, de participer aux conversations, ou pas, sans être repérés. Dans ce pays où tout le monde se connaissait, seul le cabaret permettait de libérer sa parole, d’être en accord avec soi. On y avait la même liberté que dans un isoloir. Et pour un peuple qui n’avait jamais voté, donner sa voix avait son importance. Que l’on soit grand bwana ou simple boy, au cabaret, les cœurs, les têtes, les ventres et les sexes s’exprimaient sans hiérarchie. »

L’enfance et son innocence qui consiste à chaparder des mangues juteuses dans le jardin de la vieille voisine, j’y suis, j’y étais, une autre époque. Des odeurs de poulet qui s’élèvent dans la nuit, l’Afrique, je l’aime pour ça et pour ces rencontres assis sur une caisse de bière vide, à parler ou à écouter, la bière légèrement chaude, le bruit et la nuit qui s’en coule, découle dans la suave moiteur d’un boui-boui, à peine éclairé par une lune fuyante.

lundi 9 avril 2018

Sam, t'es où, câlisse ?

« Un dernier coup d'œil à la ruelle, à la lune, au ciel pas d'étoiles, à une poutre au plafond.
« Anyway, je suis mort déjà. »

Un dernier coup d’œil à la ruelle éclairée par une lune pâle. Le plafond est bas, les nuages imposent leur chaleur ouatée. Je lève les yeux au ciel, espérant y retrouver malgré tout le bleuté de la lune. Mythique. La lune et une étoile qui brille dans le ciel, dans le cœur, au plus profond de mon âme. Sauvage. Un cri dans la nuit. Bestial. La bête rôde, un loup ? Non. Juste un chien qui clame sa solitude la nuit, comme un loup le ferait pour retrouver sa meute. Sam. Sauf que Sam n’a pas de meute, un chien solitaire, un chien SDF, un chien de SDF.

Des ivrognes gerbent sur le trottoir. Pourtant la soirée est encore jeune. De la musique stellaire braille sa mélancolie à l’intérieur des vieux juke-box d’un bar où les habitués s’endorment sur le comptoir quand ce n’est pas dans le caniveau. Un être perdu, une âme en peine. Il crie lui-aussi. Sa peine, sa solitude. Sa peur surtout. Il a perdu son compagnon, son être cher, son chien Sam. Il vit dans la rue. Sam le maintient en vie. Une grosse boule de poil pour se lover contre. Que va-t-il devenir, câlisse, sans son chien. Sans Sam.

samedi 19 août 2017

La Ballade (pas si bucolique) Islandaise

Un bébé qui mâchouille et bavouille pour se faire les dents… C’est mignon comme tout… Surtout quand on se rend compte que ce qui lui sert pour faire les dents ressemble à un os… humain… une côté fêlée… Un os remonté à la surface dans le terrain d’à-côté suite aux travaux de construction d’une nouvelle résidence. Reykjavik est en pleine expansion, qui aurait cru que la ville se serait étendue sur ces terres sauvages… Erlendur doit se rendre sur place, plus préoccupé par le sort de sa fille, retrouvée dans une piaule à drogués. Et si j’appelais un archéologue pour qu’il m’en dise plus sur ces ossements ? Fatale erreur. Il ne sait pas comment travaillent ces archéologues, avec pince à épiler et petit pinceau pour nettoyer la terre. A ce rythme-là, je vais avoir le temps de finir mon pack de bières, et de voir des trolls danser autour de moi. Une cuvée des trolls, l’esprit un peu islandais.

« il lui avait caressé la joue avec la lame de son rasoir. »

Pendant ce temps, Erlendur réfléchit, à sa fille et à ces groseilliers sauvages sur la parcelle d’à-côté. Est-ce qu’il y a vraiment des groseilliers sauvages qui poussent sur la lande islandaise ? La réponse à l’énigme doit se trouver là. Quelqu’un a une recette de confiture de groseilles ? C’est que les travaux des archéologues ont à peine démarré, et je sens qu’il va en falloir des jours et des jours, d’attente. Peut-être que je devrais aller acheter une bouteille de vodka ?