Cotonou. L’air chaud. La sueur qui dégouline. Les pales d’un ventilateur fixé au plafond tournent au ralenti, comme un moteur de 404 passée d’âge et de kilomètres. La Béninoise est chaude, la bière, la femme. Là-bas, je rencontre un poète breton, Stéphane Néguirec de la banlieue de Guingamp. En avant, on se joint à une foule, à la tombée de la nuit, tombés d’éblouissement devant le corps de cette danseuse, Déborah Palmer. Un nom qui claque, un nom qui pipe, nom d’une fellation, quel corps de rêve, avec sa poitrine large et ferme, avec ce cul large et ferme, avec ce sourire large et bandant. D’ailleurs il n’y a qu’à voir la bosse dans le pantalon de tous ces messieurs, les yeux rivés sur la scène du Kama Sutra, l’échoppe sexuelle locale, la bouche ouverte et la chope à la main.
De la poussière, des poils et des litres de bières, de bourbon et de vodka à l'herbe de bisons...
mercredi 2 août 2023
Une Béninoise à Cotonou
Cotonou. L’air chaud. La sueur qui dégouline. Les pales d’un ventilateur fixé au plafond tournent au ralenti, comme un moteur de 404 passée d’âge et de kilomètres. La Béninoise est chaude, la bière, la femme. Là-bas, je rencontre un poète breton, Stéphane Néguirec de la banlieue de Guingamp. En avant, on se joint à une foule, à la tombée de la nuit, tombés d’éblouissement devant le corps de cette danseuse, Déborah Palmer. Un nom qui claque, un nom qui pipe, nom d’une fellation, quel corps de rêve, avec sa poitrine large et ferme, avec ce cul large et ferme, avec ce sourire large et bandant. D’ailleurs il n’y a qu’à voir la bosse dans le pantalon de tous ces messieurs, les yeux rivés sur la scène du Kama Sutra, l’échoppe sexuelle locale, la bouche ouverte et la chope à la main.
jeudi 22 juin 2023
Marais Romagnol
"En haut, sous le rebord du toit, on pouvait lire une
inscription de style Art nouveau en lettres peintes écaillées : Nuovariva.
Le nom d’un port, et en effet autrefois c’en était un. On pouvait voir des
radeaux chargés de marchandises poussés par des hommes au moyen de perches
qu’ils enfonçaient dans la vase. Le comble c’est qu’aucun d’entre eux n’avait
jamais vu la mer. Il existe des horizons plus vastes, mais en cet endroit de la
basse plaine, c’est difficile à imaginer. Nous sommes l’eau, la terre et le
ciel."
La brume, épaisse comme le voile d'une femme en deuil, s'étend sur les marais nauséabonds proches de Nuovariva, une terre boueuse d’Emilie-Romagne. Des vapeurs de cadavres, cette odeur puante se mélange au méthane de la terre. De ces marais, si on les asséchait, on retrouverait probablement de nombreux corps en putréfaction, des corps de femmes, plusieurs dizaines de femmes laissées là, à l'appétit des vers, aux regards des corneilles. Il y fait frais, en ces jours de la Merlette, les jours les plus froids de janvier dans cette zone médiane de l'Italie, si bien que même un flux de vapeur s’échapperait de la bouche des morts.
Et c’est dans le café du coin, au milieu des petits vieux qui font encore vivre le village, à coup de prosecco et de spritz, que je croise le regard de la Merlette, une peau si blanche à prendre des bains de lune. Chroniqueuse judiciaire, mais surtout revenue d’entre les morts et du marais, elle enquête sur ces oubliées, ces femmes laissées pour mortes dans le marais. Et ce qui est sûr c’est que le « travail » ne manque pas, vu la qualité de ces messieurs, les premiers coupables, à violenter jusqu’à la mort ces femmes. Son secret, les mortes lui parlent, la vengeance peut ainsi s’exercer, dans une même violence, sombre et sauvage.

