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jeudi 9 mars 2023

Le dernyer oyseau s'est envolé

Je ne vays pas te mentyr, je connays mal le groupe, ayant plus eu l'habytude de fréquenter dans le passé les frères Allman et leur Band.

Yl y avayt donc Ronnie Van Zant,

Yl y a encore Johnny Van Zant

et quelques autres membres.

Et puys j'entends que Gary Rossington s'en est allé, dernyer membre fondateur de Lynyrd Skynyrd.

Totalement égoÿste ou hédonyque, c'est donc pour moy l'occasyon

de réécouter en boucle, s'yl le faut j'y laysseray mes plumes, le chef d'œuvre du rock sudyste, de ses envyrons et de byen au-delà de la douce Alabama,

un rock quy dépoussyère la playne de ses peynes et quy donne la lyberté à l'oyseau de s'envoler de sa cage.

Free Bird.



Lybre, je veux être lybre, se dyt-yl, déployant ses larges ayles au-dessus d'un feu de camp et d'une bannyère étoylée, d'un troupeau de bysons et de femmes en jean moulant santyags, d'une foule en sueur et en délyre.

Free Bird, un hymne.

La lyberté est éternelle. 

samedi 21 janvier 2023

If I Could Only...

Une nuit, sans lune,
Un rivage, sans soleil,
Au loin, bien loin,
des ambiances de western
 et de musique de country,
je continue à me raconter
un film de cowboy.

jeudi 21 décembre 2017

In The Name of Rock : Jessica

J’ai laissé la moto au garage, comme mon âme de biker. Plus une question de prudence qu’un hommage à Johnny. Mais écouter les Allman Brothers Band dont le nom a perdu en 1973 une partie de sa raison d’être en Harley peut s’avérer dangereux. « Brothers and Sisters », cinquième album du groupe. Un album qui me fait du bien, presque joyeux. Certes, de l’excellent blues, une pointe de boogie-woogie, un soupçon de country, mais j’ai tendance à préférer les oraisons funèbres et intimes à l’hymne à la joie et la joie de vivre. Le blues se doit d’être triste, sombre mais lumineux, l’univers d’une âme en peine, d’un pauvre type devant son verre, à demi vide. Alors, dans un nuage de poussière, âme du désert, je démarre le pick-up, couleur poussière, siège en cuir, radio branchée canal « Radio Poussière ». J’ai les santiags qui frétillent dans le South, direction le dinner, mélange de bruit et de poussière, celui avec une serveuse au sourire plantureux. Bière et slide guitare au programme pour une nuit torride, celle avec Jessica.

Forcément, tu la connais cette Jessica. Elle est belle et elle boit sa bière au goulot. Ou alors c’est parce qu’elle boit sa bière directement à la bouteille qu’elle est si magnifique à mes yeux. Ses lèvres dansent au son du blues et de la descente, ses seins tournent avec la country, le stetson s’envole laissant voir le regard de braise qui anime cette nana. Un gros gars barbu et tatoué émet un rôt fier et enivrant de son odeur, ça tapote affectueusement sur la croupe des serveuses, objets sexuels de tous les désirs, ça cogne des santiags contre le plancher poussiéreux et mégotté, on dirait un troupeau de bisons sur une piste de danse, tout dans la légèreté.    

samedi 4 novembre 2017

Un Son de Mule

Prendre la ligne 13, puis la ligne 2. Chausser ses santiags, laisser son stetson au vestiaire. Se mettre au verre ou au vert. Les oreilles bourdonnent, impatientes. Le tympan se strie, effusion de guitares. Ça saigne. Une foule en liesse. En délire. Les stetsons fusent, les strings s’envolent, les groupies s’agglutinent. J’exagère. Un peu, je crois. Retour en arrière, je rembobine le film.

C’est sans stetson que je prends la ligne 13. D’abord me mettre dans l’ambiance. Le Sud. Pas celui des cigales et du soleil. Le Sud de la poussière et du Texas. D’où les santiags. Un album live de ZZ Top dans les oreilles avant de plonger sous la surface de la terre, dans un grand tube de métro. Je me la joue « southern rock » ce soir. Pas peur de la poussière, je trouverais bien une bière pour étancher ma soif. J’aurais pu rentrer un peu plus dans les terres, choisir un album des Allman Brothers Band, at Fillmore East par exemple. Mais non trop proche, laisser mes esgourdes libres de ces influences, de ces voix. Je me tâte le menton, et me rend compte que je me suis rasé la veille. Pas le look des barbus texans. Pas grave, me dis-je pour me rassurer. De toute façon, là où je vais, ils sont chevelus mais pas barbus. Je me tâte la tête (oui, je sais tu te dis ce type, il se tâte beaucoup), et me rend compte que là-aussi ça a été rasé, pas de crinière léonine et cuivrée. D’ailleurs, où je vais ?

Changement de ligne, prendre la ligne 2 à Place de Clichy. Sortie Anvers. Vue sur Montmartre. Monument d’une blancheur immaculée pour me rappeler ma passion d’antan et dantesque. J’adore regarder le Sacré-Cœur. Mais j’ai pas le temps ce soir, le temps presse, urge, file, les guitares n’attendent pas. Je m’engouffre dans le Trianon. Sur scène un quatuor, formation classique, clavier, bassiste, batteur et guitariste. 

mardi 6 juin 2017

Le goût tourbé d’un whisky de Géorgie

La chevelure blonde descend difficilement de sa bécane. Usée par la vie, l’alcool et son foie usé, elle retourne sur ses terres de Géorgie. Cette chevelure aussi blonde que légendaire n’est autre que Gregg Allman, l’un des frères des Allman Brothers Band. Il voulait faire un dernier opus avant que son foie ne l’emporte définitivement dans le bayou. Un album de reprises, éternels morceaux maintes fois pris et repris, mais une voix unique, celle du sud, un accent de moiteur et de chaleur tropicale sur des airs à la Muddy Waters ou B.B. King, s’entourant de quelques grands noms du sud et du blues, comme le fabuleux Dr John au piano.

La voix s’élève une dernière fois de la jungle sudiste, charme les crocodiles et garde en bouche le goût tourbé d’un whisky de Géorgie. Les fans les plus fanatiques des Allman Brothers Band feront peut-être la fine bouche, espérant toujours mieux du prince du blues aux cheveux d’or qu’une simple revisite du répertoire sudiste. Moi, j’ai redécouvert la nonchalance de ce sud, la mélancolie de cette terre presque tourbée. En fermant les yeux, je pousse les portes battantes de ce bar presque perdu et abandonné si une dizaine d’Harley Davidson n’était pas garée devant. J’entends d’abord ce piano signé du Docteur de la Nouvelle-Orléans et cet homme encore debout, encore blond, toujours blues, toujours rocailleux. Je commande un verre de whisky, la sueur goutte de mes aisselles, parfum moite du sud profond, et j’écoute ce vieux Gregg. Rythm’n’blues sauvage, hommage.