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mardi 28 juin 2022

Obscénité

Une jambe qui démange, la seconde qui suit
C’est Memphis, Tennessee.

Le pantalon rose et large, le Rimmel noir cou-le
Dans ce honky tonk, le rock’n’roll se joue, 
Whiskey sour et Blue Suede Shoes,

Sur un rythme effréné. A voir ce corps possédé
Comme un démon en sueur. Pères et maris ont peur
Devant ce déhanché tant d’obscénité.

mardi 24 mai 2022

Déchire la nuit


Ô jeunesse d’aujourd’hui, ô vieillesse d’antan. Le corps luisant de sueur, l’adrénaline qui coule le long de mes veines. Le rythme déchaîné comme emporté par un diable pressé, c’est du speed, envie de courir, courir, courir, mourir, c’est du sauvage, envie de sauter, sauter, sauter, m’allonger, c’est du rock viril et de la sueur sous les aisselles. 

Le regard porté au loin, hypnotisé par un riff, celui de la guitare, celui de la vague qui vient s’échouer sur le rivage de ma vie, une suite sans fin de notes et d’écume. Un cri sur la falaise, un goéland, une baleine en rut, un homme sodomisé. Aie, ça fait mal, la puissance de ce déversement verbal, la sauvagerie de ce déchaînement, l’enfant sauvage que tu es au fond de toi. Si, si !

J’ai envie de crier, de planer, de me jeter du haut de cette falaise, en criant, en planant. De sentir le vent m’emporter, de voir ce raz-de-marée vrombir contre la roche blanche, sous la lune bleue, dans cette nuit noire. Obscur monde où ces cris percent mon silence, brisent mon âme, mais aussi déversent une certaine mélancolie. Elle n’est pas douce ma mélodie, une ritournelle pour l’enfant sauvage qui sommeille au fond de toi. Si, si !

jeudi 3 mars 2022

Le Fossoyeur


Nous sommes le 22.02.2022, cela fait beaucoup de 2 à graver sur une pierre tombale.

Une voix grave et rocailleuse d'ailleurs s'élève et un album que j'écoute souvent en boucle, se pose sur ma platine, sombres pensées prémonitoires d'un Blues Funeral, sortie en 2012. Son blues funéraire a ainsi duré 10 ans. Pour lui. Pour moi, bien plus, l'album restera gravé bien plus longtemps dans mon âme.
 
Sombre et alcoolique... enfin j'dis ça, j'sais pas... mais bon, comme tout bon irlandais, pléonasme. Pour ajouter une note d'humour dans un billet funéraire.

Je ne connais pas toutes ses participations musicales, un peu touche à tout sur le plan musical, mais je reconnais sa voix les yeux fermés, un peu comme Leonard Cohen je l'imagine. Je l'ai ainsi découvert en solo avec cet album à la couverture fraîchement végétale, comme ma Dead Pony Club, puis un peu avec les Queens of the Stone Age de son pote - et le mien - Josh Homme. Autre pote, Nick Cave. 

Tant de noms qui me parlent, qui m'émeuvent, qui me transportent dans un champ de poussière, funéraire. Je m'allonge et j'écoute, une nouvelle étoile dans le ciel. 


Mark Lanegan
The Gravedigger's Song

samedi 23 octobre 2021

Ephemeride II

 22 Octobre 1969.
 
Une date fracassante, comme un zeppelin qui se crashe sur un haut building, comme une guitare de Jimmy qui sonde mon âme.
 
Le début d'un truc énorme. Du moins dans mon cœur.  Quelques poils sur le torse suffisent à me mettre en émoi. Ou alors ses cris, sa langueur, son blues. Des bleus à l'âme comme la lune, sans son côté sombre.

Et la Révolution. La Révélation.
Après un premier album, mélange de blues des grands noms, ils sortent le second, toujours craint, toujours attendu. Ils enchaînent les concerts aux States, des trucs énormes. Un vent de fraîcheur. Il y a les groupies féminines qui se jettent au pied du blondinet, les mecs qui admirent le guitariste, respect mec avec ta six ou douze cordes, ceux qui se font des vodkas orange en tapant sur une grosse caisse, et les plus discrets mais empreints de mélodie et de leur mélancolie.  

C'est du boogie-woogie teinté de blues, la promesse d'un rock qui gratte plus, une pointe de folk pour ne pas oublier ses racines. On ferme les yeux, le psychédélisme poursuit son vol,  d'autres cieux, proche du paradis mais le menuisier n'en est qu'à la seconde marche de son escalier. Les Beatles n'ont plus qu'à retourner dans leur cirque - ah non, ça c'était les Stones. J'en oublie mes classiques. Sauf que pour moi, ces 4-là dans le blizzard - bien plus violent qu'un simple coup de vent, sont mes classiques à moi. Au zénith de mes écoutes. Au zeppelin de mon âme.
 
Le 22 Octobre 1969 sort dans les bacs : II. En toute modestie. Led Zeppelin.  

jeudi 29 juillet 2021

De la poussière dans la Barbe

 Quand Dusty retourne à la poussière,

c'est une Barbe qui va me manquer.




Je me retrouve bien triste ce matin,

comme tous les autres, d'ailleurs, dirais-tu...

Une pensée pour celui qui 

avec ses deux compères

m'ont longtemps fait vibrer

dans la poussière de ma vie.

Dusty Hill. 28.07.2021

samedi 3 juillet 2021

La Ballade de Jim

 Juste pour le plaisir...

et pour le souvenir.

3 Juillet 1971 - 3 Juillet 2011

Temps orageux,

cri douloureux.

dimanche 3 janvier 2021

Les Doigts dans la Prise


Tu ouvres les fenêtres de la caisse, tournes la clef, cheveux aux vents, files fonces défonces à fond sur la rocade, quatre-vingt dix kilomètres à l'heure dans la descente à donf, crie hurle l'autoroute de l'enfer... c'était ça l'esprit du rock'n'roll.

A la faveur d'une colline de ouf, genre dos d'âne surpuissant qui meurtrit à chaque passage les vieux amortisseurs, tu ralentis, pries religieusement au nom du père et de tous les seins, ton heure a sonné, tu entends les cloches de l'enfer se fracasser dans ton crâne imbibé de bières et de gin... c'était ça l'esprit du rock'n'roll. Ça fait mal à la tête mais putain ça te purifie l'âme.

Tu montes le son, avec l'âge tu as perdu quelques décibels acoustiques, à moins que ça soit l'abus de guitares illicites dans les tympans. Tu as gardé ton uniforme d'écolier, casquette, short et cartable, aux bons souvenirs des cours de biochimie, la chimie des hormones et de la fermentation, les fers de lance de la vie sur Terre ou en Enfer. Car il est toujours question d'enfer lorsque tu mets les doigts dans la prise, surtout le majeur à t'ébouriffer les cheveux, riffs sauvages sur courant alternatif. Le pouvoir du rock'n'roll est toujours là, fidèle à ses principes et à ses solos.     

lundi 20 novembre 2017

la Sueur d'un Torse Nu

Rayé un nom de la liste...
Bon Scott.
C'était dans les années 80. J'étais jeune et con à l’époque.
Je ne connaissais rien au rock.
Rayé un nouveau nom à cette liste.
Malcom Young.
C'était hier. Plus vraiment jeune, toujours aussi con, l’archétype même du pauvre type devant ses shots de vodka, qui s'en sert un pour lui, un autre pour Malcom, au cas où...
C’était hier ou presque. Plus marquant. Encore un jour sombre.
Il reste Angus bien sûr et Brian. L'autre frère Young, et Johnson digne successeur de Scott.
Mais bon, pour encore combien de temps...

LET THERE BE SOUND

Enlève ton tee-shirt
Ce rock s'écoute torse nu
S’envahir de chaleur sur
Courant alternatif
Une évidence
Courant continu
Comme celle de remuer ta crinière au vent
ou de sautiller sur place
comme le majeur mouillé dans une prise électrique
Frissons

LET THERE BE LIGHT

Éteins la lumière
Faisons l'amour comme des bêtes
Jusqu'à ce que la sueur dégouline
sur ce torse nu
Respire hume lèche
ces gouttes aigres de plaisir
de folie
de désir
la sueur d'un torse nu

vendredi 2 juin 2017

Du Speed, de la Fumée et un Lac en Feu

 

Je te l’accorde, c’est le plus connu, je n’ai donc rien à dire dessus, encore moins à écrire. Tout a été dit, écrit, pensé, joué ou mimé. Oui, moi je mime Ritchie Blackmore à la guitare. Chacun ses héros. Dis tu vois pas de la fumée au-dessus du lac ? Pff, arrête de fumer, ou fais tourner ta Chouffe. C’est les pieds dans l’eau, eau froide d’un lac de montagne, lac de Genève, que le disque s’apprécie le mieux. L’eau est fraiche, mais la chaleur monte dans les veines. Une chaleur endiablée même. La nuit bien sûr. Pour voir les étoiles sous le clair de lune. Clair bleuté, étoiles scintillantes, autoroute lactée vers le ciel, prendre l’escalier pour le septième ciel, non, je me trompe de groupe, même année pourtant. Le rythme est soutenu dès le premier titre, une longue cavalcade où je chevauche la plus belle des pouliches. A rugir de plaisir, sauvage comme un lion. Speed, complètement speed, l’intro. Du speed et du metal, yep mec, du bon vieux riff, ce jour-là, ou cette nuit-là, dans un bus, le speed metal est né. Hallelujah. Speed King, plus fort et bien meilleur que Burger King. Non mais, tu sens pas cette odeur de brûlé ? Arrête tes délires, tu as déjà vu un lac en feu… Heu oui, je crois dans les années soixante-dix… Bon OK, mais c’est parce que le gars il chauffait trop le manche de sa guitare ? Ritchie ? Non, trouduc… Frank. Le Frank de Zappa & the Mothers of Invention. Il parait qu’il a mis le feu au chapiteau. Waouh, la légende. Yep, mec.  En attendant, écoute la batterie de Ian Paice. Yep, mec, elle claque. Et le gars à la guitare il assure un max. Yep, mec, Ritchie, on revient toujours à Ritchie, sa guitare illumine ma putain de vie comme un arc-en-ciel musical. Rainbow on my fucking life. Et la basse sur Pictures of Home ! Yep, mec, Roger Glover, je l’adore ce type love is all, l’âme de Deep. De toute façon, y’a pas à négocier : Deep Purple c’est 5 garçons dans le vent, Jon Lord, Roger Glover, Ritchie Blackmore, Ian Paice et Ian Gillan. Y’a eu des gars avant, y’a eu d’autres gars après. Y’avait des titres avant, des titres après. Le label Mark II. Deep Purple ne sera jamais mort, tant qu’il en restera un, le dernier. Mais cette formation-là reste le summum, celle qui me procure le plus de frissons et d’émotions. Mais, bon, cet album est bon, y’a tous les bons titres qui feront vivre l’âme des concerts suivants : Smoke on the water, Lazy, Space Truckin’.