En trois jours et autant d’années, l’auteure m’emmène à la campagne, la France profonde celle du St-Nectaire. 1967, une exploitation fermière, ça sent la vache, ça sent le fromage. Et dans cette fragrance paysanne, lorsque les volets se referment à la nuit tombée, des coups et des silences. Lourds à porter, les maux deviennent de plus en plus suffocants pour cette épouse. Ce sont ces mots que je devine à travers ses pensées et ses silences, c’est son histoire, celle d’une femme-épouse, trois enfants en trois ans, dans une ferme d’un petit village du Cantal qui décida un jour de 1967 de ne pas revenir au foyer. Un dimanche ordinaire à la ferme.
De la poussière, des poils et des litres de bières, de bourbon et de vodka à l'herbe de bisons...
mardi 4 avril 2023
Un Dimanche Ordinaire à la Ferme
En trois jours et autant d’années, l’auteure m’emmène à la campagne, la France profonde celle du St-Nectaire. 1967, une exploitation fermière, ça sent la vache, ça sent le fromage. Et dans cette fragrance paysanne, lorsque les volets se referment à la nuit tombée, des coups et des silences. Lourds à porter, les maux deviennent de plus en plus suffocants pour cette épouse. Ce sont ces mots que je devine à travers ses pensées et ses silences, c’est son histoire, celle d’une femme-épouse, trois enfants en trois ans, dans une ferme d’un petit village du Cantal qui décida un jour de 1967 de ne pas revenir au foyer. Un dimanche ordinaire à la ferme.
dimanche 25 décembre 2022
La Pluie de Gould
« C'est comme s'enfoncer dans une forêt ébouriffée. Ou marcher au bord de la rivière. On arpente sa vie. On choisit un chemin. On s'y habitue. On tente de retenir la route. L'itinéraire. C'est normal, il faut un biais pour découvrir. Un plan. Le chemin devient familier. Rassurant. On élabore nos propres repères. A partir de ce que l'on connaît. Mais on ne connaît rien. Les vrais ignorants ignorent leur ignorance. C'est un peu comme voir le paysage par une petite, petite, toute petite fenêtre. Et finir par croire que ce paysage se limite à ce qu'on en perçoit par cette petite, petite, toute petite fenêtre. Au lieu d'essayer d'élargir la fenêtre. De casser les murs. On préfère réduire ce paysage. Penser qu'il n'est que ce que l'on en voit. S'en contenter. C'est plus confortable. Et puis un jour on se rend compte que le monde est plus grand que nos yeux. Et on reste là, perdus. Au bord du vertige. »
dimanche 24 avril 2022
Mon Étoile Belge, Putain putain
vendredi 26 novembre 2021
Home-Run
Prendre son temps. D’ailleurs, tu es pressé ? Pas moi. J’ai 700 pages et des poussières et quelques bières. Pas que ce dernier élément ait son importance, c’est juste pour la rime et j’en suis pas très fier, même pas de frime. Donc au départ, c’est une question de temps et de courage. Oui, il faut du courage pour assister à un match de base-ball. Tellement lent, tellement long, qu’il en faut du temps, autant que pour lire un roman de John Irving que pour boire quelques bibines.
Parce qu’il va s’en dire, que le John en question, lui il aime aussi prendre son temps. Il faut plusieurs centaines de pages pour planter le décor ou envoyer une balle de base-ball à son receveur. Surtout que là, ce sont les minimes qui jouent. Et pourtant de l’action, il va y en avoir. Imagine la plus belle des mamans, celle que tous les autres papas se retournent pour regarder ses hanches et son cul ! Et son sourire si craquant, ses cheveux au vent, avec ses lunettes de soleil plantées dedans, et pan… La balle lui tombe sur la tête, une vengeance des Dieux peut-être, et re-pan plus de maman. Out. Ou home-run en jargon base-ballistique.
« Nous ne faisions que jouer, me semble-t-il. Nous avions onze ans l'été où ma mère mourut. C'était notre dernière saison en minimes et nous en avions plus que marre. Je trouve déjà le base-ball ennuyeux ; et la dernière saison en équipe minimes ne sert que de prélude aux interminables périodes de base-ball qui menacent d'innombrables Américains. Pour mon malheur, les Canadiens affectionnent aussi le base-ball, tant comme joueurs que comme spectateurs. C'est un jeu avec de longs moments d'attente, un jeu où l'on espère avec une exaspération grandissante une action d'une exaspérante brièveté. Au moins, dans les équipes minimes, les gosses jouent beaucoup plus vite que les adultes, grâce à Dieu ! Nous ne passions pas notre temps à cracher ou à nous gratter les aisselles ou le pubis, mimiques apparemment essentielles à la bonne marche d'une partie adulte. Mais il faut tout de même attendre entre les lancers, attendre le bon vouloir de l'attrapeur, laisser l'arbitre examiner la balle après chaque coup - et attendre que l'attrapeur trottine jusqu'au monticule pour chuchoter au lanceur ses instructions pour le lancer de la balle, puis attendre que l'entraîneur se traîne sur le terrain afin de supputer avec le lanceur et l'attrapeur les possibilités du prochain lancer...
Ce jour-là,
lors du dernier tour de batte, Owen et moi attendions stoïquement que le match
s'achève, nous ennuyant à tel point que l'idée ne nous vint pas qu'une vie
humaine allait s'achever ainsi. »
samedi 28 décembre 2019
C'est pas la Fin du Monde
Les dernières pièces de théâtre que j’ai lu doivent remonter à mes années collèges. Je ne sais même plus, depuis ces lustres ancestraux, son auteur, un type qui se faisait prénommer Molière ou Corneille, peu importe, bref ce classicisme scolaire m’ennuyait profondément, parce que j’ai toujours pensé que le théâtre se vivait d’abord avant de se lire… mardi 30 juillet 2019
Le Silence des Cimes
A la recherche de fraîcheur et de
plantes pour Génépi, mon regard se porte vers là-haut, vers l'infini et au-delà des nuages, des
cimes majestueuses parcourues par des bourrus locaux, des chamois ou quelques
touristes. Que vais-je bien y trouver là-haut que je n’aurais pas ici, en
bas ? Le silence, probablement. Car plus l’on monte, plus il est accepté,
probablement pour pouvoir y communier toute l’essence de son être avec celle de
la nature. L’amitié aussi. C’est dans ces hauteurs au milieu de la rocaille et
du silence que va se forger une amitié forte, et durable, espérons plus que les
neiges éternelles qui fondent à vue d’œil, entre deux gamins, un de la ville,
l’autre d’ici. Pietro et Bruno au cœur de la vallée d’Aoste. L’apprentissage de
la vie, la vie de son père aussi.

