Il est là, assis sur une couverture, à l'ombre d'un vieil arbre dans ce parc de Londres. Paul McCartney a sorti un roman de son sac et tourne ainsi quelques pages en tendant l'oreille par moment sur la musique des oiseaux. Quel roman cela pourrait être, se demande l'auteur. Un roman islandais, peut-être. Un roman de lui-même ? La claque... Paul, le héros de sa jeunesse, il l'a accompagné tout au long de sa vie, qui lit un de ses livres. Mais comment oser l’aborder après ça ? Il a croisé souvent le regard de Paul, dans les étapes clés de sa construction d’écrivain, comme dans ce bus qui l’a emmené dans le Nord de l’île pour des vacances d’été, la bande des quatre assis au fond en train de composer de nouvelles musiques, une foire pas possible.
De la poussière, des poils et des litres de bières, de bourbon et de vodka à l'herbe de bisons...
mercredi 21 février 2024
L'Eternel et Johnny Cash à l'arrière d'une Trabant
Il est là, assis sur une couverture, à l'ombre d'un vieil arbre dans ce parc de Londres. Paul McCartney a sorti un roman de son sac et tourne ainsi quelques pages en tendant l'oreille par moment sur la musique des oiseaux. Quel roman cela pourrait être, se demande l'auteur. Un roman islandais, peut-être. Un roman de lui-même ? La claque... Paul, le héros de sa jeunesse, il l'a accompagné tout au long de sa vie, qui lit un de ses livres. Mais comment oser l’aborder après ça ? Il a croisé souvent le regard de Paul, dans les étapes clés de sa construction d’écrivain, comme dans ce bus qui l’a emmené dans le Nord de l’île pour des vacances d’été, la bande des quatre assis au fond en train de composer de nouvelles musiques, une foire pas possible.
mercredi 18 mai 2022
Moiteur Atomique
Troisième café du matin, je fixe l’âme du soleil à travers la vitre. J’ouvre la fenêtre, mes pensées s’envolent. Platitude de la vie où les feuilles vont et viennent, où le raisin se met en grappe autour d’un fil, oui, je fais face à des vignes. Au loin, j’entraperçois une vache, normande ou limousine, pelage blanc tâches noires. Ou l’inverse, ça dépend de la polarisation de mes lunettes de soleil, ou de celui qui voit le verre à moitié plein ou à moitié vide. Moi, en tout cas, je le bois, je le vide. Oui, j’aime regarder les vaches, elles ont souvent l’air plus intelligentes que moi et semblent me dire « mais qu’est-ce tu fais ici à me regarder, passe ton chemin, vieux ! ». Alors…
Le casque sur les oreilles, je déambule à travers champs, à la rencontre d’autres inconnues entourées de mystères, pendant qu’au loin un cor de chasse s’époumone rappelant les chiens de bassecour. Chasse interdite dans mon domaine, les bisons vivent en pleine liberté, fouettant la poussière aride de leur vie. Seule est autorisée la cueillette de champignons hallucinogènes, When I saw a mushroom head When I saw a mushroom head When I saw a mushroom head When I saw a mushroom head I was born and I was dead I was born and I was dead… Une explosion atomique.
Le casque sur les oreilles, la tête tintinnabule. Je commence à avoir chaud, enveloppé par cette douce mélodie, les chœurs au cœur, humide mélancolie. Et puis, ouais, je me fous à poil, bête à poil que je suis, promenons-nous nus dans les bois et le monde en sera plus libre. Ouais, dansons nus sous le soleil, plus ou moins exactement. Suons de bonheur à chevaucher sans limite le plaisir de ces corps lourds et engourdis de la vie. La température s’élève fiévreusement, la moiteur est atomique.
mercredi 22 décembre 2021
Trois soleils et de la Poussière de Diamants
De la neige et du silence, je m’enfonce dans le vide blanc. Pas une parole, juste des regards lourds de sens, des hurlements de loups, des frottements de neige, le sifflement du blizzard. A errer sur la piste, à se brûler par le froid et la solitude, la folie me guette. Jusqu’où ma survie ira, dans cette étendue d’une blancheur immaculée. Tout est blanc, sauf ces tâches de sang qui coule coule de ma tempe de mon cœur. La neige devient rouge, rouge sombre, presque noire, comme l’âme humaine dans cette lointaine contrée perdue aux confins des terres, là où la neige recouvre toute la poussière de ma vie.
jeudi 26 août 2021
Le Mythe du Cornichon Malossol
A bord d'un mythe, billet en poche, balluchon chargé de vodka, je grimpe pour un long voyage, objectif Sibérie. Un air de Tchaïkovski se balade des hauts-parleurs de la gare, signe annonciateur du départ du Transsibérien. Installé dans le compartiment N° 6, je regarde à travers la crasse d'usure de la fenêtre, les derniers visages restés à quai. Je sais qu'après ce voyage, je serais transformé, on ne voyage pas dans un mythe sans conséquence. Vient s'asseoir dans ce compartiment, une jeune femme, pas un canon, ni une mocheté, simplement une femme avec son charme, une finlandaise même. Je me réjouis déjà de ce long tête-à-tête silencieux que me promet ce voyage. Le mythe du cornichon malossol.
Et au long de l'obscurité la nuit plaqua une aube rouge à la fenêtre. Une lune jaune balaya l'éclat de la dernière étoile, ouvrant la voie à un soleil de feu. Lentement toute la Sibérie blanchit. L'homme, en pantalon de survêtement bleu et chemise blanche, faisait des pompes entre les deux couchettes, la sueur au front, les yeux mal réveillés, la bouche sèche et malodorante, et dans le compartiment le poisseux relent de sommeil, la fenêtre sans souffle, les verres à thé muets sur la table, les miettes, par terre, réduites au silence. Une nouvelle journée s'ouvrait, avec ses forêts de bouleaux orangés sous le givre, ses pinèdes aux profondeurs peuplées d'animaux, ses tourbières moutonnant sous la neige fraîchement tombée, ses caleçons blancs aux jambes flottantes, ses pénis mous, ses founettes, ses counettes, ses chounettes, ses amples chemises de nuit à fleurs en flanelle, ses chaussettes de laine, ses châles, ses brosses à dents en bataille.
jeudi 15 avril 2021
Loin de Montmartre
les chroniques transat
Le VOYAGE
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mardi 2 février 2021
Le Vagabond Romantique
Petit traité sur l’immensité du monde. Tout est énoncé dans le titre. Ou presque. Le voyageur face à l’immensité des terres doit effectivement se sentir tout petit, une poussière. Je me sens d’ailleurs poussière, prêt à m’envoler dans ces lointaines contrées, à travers ces plaines désertiques, aux confins des steppes silencieuses là où seul le vent chante ses mélopées comme une ritournelle sans fin, ou comme un ivrogne un soir de pleine lune.
Perdu dans l’immensité du monde, l’esprit divague, des vagues de pensées qui submergent ton subconscient tel un tsunami dévastateur sur une terre vide. Il faut avoir un putain de courage pour affronter son esprit, seul dans une tempête de poussières ou de neige. Avec pour seuls compagnes, quelques bouteilles de vodka dans son barda, l’errance sans but, voilà de quoi réhabiliter le vagabond romantique. Surtout quand la bouteille est vide…
« J’ai vite compris qu’à trop divaguer sur les cartes on risquait la déception. Car le voyageur, une fois l’esprit encombré de mythes, ne partira pas pour découvrir des royaumes inconnus mais pour vérifier si ceux-ci ressemblent à son rêve. Et lorsqu’il parviendra devant la muraille de Samarcande avec le crâne farci de descriptions antiques et la certitude que se dévoileront dans l’horizon des coupoles turquoise et lustrées surnageant comme des îles d’un voile de poussière levé par le pas des caravanes, il se trouvera fort déçu d’avoir à traverser une banlieue industrielle. Neuf ans après l’effondrement de l’URSS, je suis moi-même un jour tombé de mon rêve et la chute sur le pavé du réel fut douloureuse. »
lundi 9 mars 2020
L'âme slave

NIce, 9 mars 1881.
Anna Alexandrovna, jeune aristocrate russe, est sur le quai de la gare. Une certaine impatience même à quitter ces lieux, d'une villégiature de luxe. Les "exils" bourgeois de ses parents sur la côte d'Azur l'ennuient. Elle est une de ces beautés, celle des filles de bord de mer, mais son âme slave la ramène toujours vers la grandeur de son pays, sa vodka, son herbe à bison et ses promenades à cheval dans l'immensité de ses steppes.
« Le train poursuit son avancée dans la nuit, comme s'il ouvrait la terre droit devant lui, rejetant les ténèbres de part et d'autre de la voie. La nuit est noire, d'un noir dense, serré, d'où toute trace de gris a disparu. »
Moscou, 8 mars 2012.
Irina, une de ces beautés des filles de l'Est qui se dévoile sur le papier glacé d'un magazine ou sur un site de rencontres pour ceux qui recherchent l'âme slave, avance timidement sur le quai. Une certaine appréhension l'envahit, comme une peur de l'inconnu. De Moscou à Nice, elle quitte tout pour Enzo, un de ces gars qui se réfugie derrière un pseudo pour rencontrer l'amour. Elle ne l'a jamais vu, ne lui a jamais parlé, mais le monde virtuel les a rapproché. Il aurait pu lui payer un billet d'avion, pourtant elle a préféré la lenteur du train, comme pour mieux respirer son attente et sentir le paysage défiler derrière la vitre du compartiment.
jeudi 25 janvier 2018
Concerto pour piano N°2
J’assiste
au premier concert du jeune prodige Aksel Vinding à la Philharmonie d’Oslo. Un
triomphe, les applaudissements n’en finissent pas, la tension se relâche, le
public est ému, j’aurai les larmes aux yeux. Quelques années après, « la
société des jeunes pianistes », la musique reste en moi, comme une pensée
continue qui se fond dans mon rythme intérieur. Je ne me souviens plus de ce
qu’il a joué, lors de ce premier concours-récital. J’ai loupé sa création
intime de « la rivière », comme un appel au secours – mais peu
importe, je raccroche facilement à la suite de l’histoire, troisième volume.
Chaque grand moment musical semble coïncider avec un grand déchirement
personnel. Anja Skoog, son grand amour s’est donné la mort au premier épisode.
Il se relèvera auprès de Marianne, la mère d’Anja, qu’il épousera.lundi 20 novembre 2017
la Sueur d'un Torse Nu
vendredi 17 novembre 2017
La Décantation Suprême du Silence et de la Lumière
« Un soleil pâle, l’infini de l’étendue marine et, à l’arrière, l’attente éternelle de la taïga. Le temps aboli. »
Il y a déjà quelque temps j’ai pris le temps de parcourir la Sibérie. Prendre son temps, parler du temps. Avec un autochtone, en chapka. Ou seul, enseveli sous une neige vierge. Prendre des détours, dans la vie, se perdre, dans la Sibérie. Mais pas comme un Sylvain Tesson dans le silence d’une cabane avec bouteilles de vodka. Plutôt comme un Andreï Makine dans le silence de la taïga, avec bouteilles de vodka. Le temps aboli.Indissociables, d'ailleurs, la vodka, la Sibérie et le silence. C’est une histoire de décantation, mais ça tu ne peux pas comprendre. Le silence a besoin de décanter comme la vodka. Les silences sont lourds à porter, les amas de neige aussi. Le silence s'abolit devant son étendue.
mardi 10 octobre 2017
Chat-Pitre Un
Une vie de chat, c'est pas facile. Encore moins quand il est question d'une jeune chatte qu'il faut initier à la vie, à ses dangers et ses plaisirs.Chi, qui rime autant avec énergie que pipi ou Chablis . Un début tout en tristesse. Les larmes coulent, une petite boule de poil se retrouve séparée de sa maman. Cela pourrait être le début d'une grande aventure, façon roman initiatique - a little cat into the wild - la découverte de la chasse, de la cueillette, auto-apprentissage qui forge le caractère, la détermination et la confiance en soi. Bref, à l'état sauvage, en terre inconnue. Cap sur l'aventure.
Sauf que ça vire vite au cauchemar. Chi se retrouve à deux pattes de se retrouver écraser par un gros food-truck qui en aurait fait de la chair à hamburger bourgeois. Chi se retrouve à une queue de se faire bouffer par un molosse, genre ennemi canin, aux dents longues et à l'appétit féroce. Reste zen Chi, c'est dans ton Chi que se trouve ton énergie vitale.





