"Un soleil hypocrite fait étinceler les gouttes d'humidité comme des myriades de diamants. En arrière-plan, la plaine fume légèrement. Des otaries et des éléphants de mer se prélassent en bâillant de plaisir. Il regarde autour de lui et pense que rien, pas un vol d'oiseau, pas une vague, pas un brin d'herbe, rien ne changera s'ils disparaissent ici."
Soudain, prendre une année sabbatique, faire une croisière autour du monde, le cap Horn, le cap de Bonne espérance, ça te tente...
Allez ! On y va, se dirent Louise et Ludovic, la trentaine sans enfants, c'est le moment idéal, une façon de découvrir le monde tout en tissant de forts liens entre eux, d'abnégations, de peurs et d'intimité. A bord de Jason.
Soudain, une île au milieu de la Patagonie. Des oiseaux, le soleil derrière, une légère brise marine, les flots bleus noirs, bleus purs. Un panorama magnifique. J'opte pour ce regard que l'on porte vers le large, loin des hommes. Un clin d’œil à l'aventure, cette île interdite. Notre couple s'y accoste et découvre les décombres métalliques d'une station baleinière abandonnée depuis des décennies.
"Dans la baie, l'océan aux couleurs émeraudes près de la plage vire au noir dans les grandes profondeurs, en un pur miroir, les falaises brunes et les hauteurs semées de neige. Leur île resplendit et malgré leur désarroi, ils goûtent cette beauté éphémère. Il règne sur tout cela un silence, seulement ponctué de l'appel d'un manchot, du gazouillis d'une sterne dans son terrier ou de l'éructation d'un éléphant de mer, les bruissements rassurants de leur basse-cour australe."


