Affichage des articles dont le libellé est Cinéma Européen. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinéma Européen. Afficher tous les articles

dimanche 24 mars 2019

Folklore Polonais en Noir et Blanc


Un radio-crochet, comme on disait au bon vieux temps de Guy Lux, dans les campagnes polonaises. Une voix authentique, un regard mystérieux, une blondeur intrigante - voire soviétique. Zula. La vie paysanne chantée, voilà ce qu'ils veulent dans ces années cinquante. Wiktor, pianiste talentueux mais qui se laisse guider par les évènements, la remarque d'emblée. Un coup de foudre, comme deux êtres qui se croisent sur un quai de gare. Une audition pour un spectacle de danse, de chant et de musique, folklore reculé des campagnes. Puis la politique qui s'en mêle. Le folklore des paysannes devient le chant du peuple, à la gloire de Staline. Et la tournée des grandes capitales de l'Est, peut-être même Moscou, mais en attendant c'est Berlin.

Wiktor, l'amoureux fou, a un plan pour passer de l'autre côté. Elle n'a qu'à le suivre après le spectacle. Lui l'attendra à deux pas des barbelés et du garde frontière. Elle ne viendra pas, elle n'y croyait pas. A cette vie, à cet amour. Wiktor, pianiste de jazz dans un cabaret parisien, quelques années plus tard. Et quelques années ensuite, et ensuite. Des chassés-croisés comme autant de reconduite aux frontières. Deux mondes différents que la politique sépare.

dimanche 10 juin 2018

Dans la peau de Scarlett

Isserley. Un regard magnifique. Et une paire de seins incroyablement incroyable. Pas que sa paire de nichons m’obsède, je suis bien loin de ces considérations esthétiques, mais l’auteur semble prendre du plaisir à me décrire les atouts de sa grosse poitrine. Il y revient souvent pour que je m’imprègne bien de l’image d’Isserley, que cette dernière reste gravée au fond de ma mémoire comme un fantasme récurrent.

Du petit matin au crépuscule, elle arpente sans scrupule les routes écossaises dans une vieille voiture retapée. Un mal de dos constant, ce qui l’oblige à mettre sa poitrine en avant, comme une avant-garde de son pouvoir de concentration, les yeux portés sur la route sinueuse, entre les gouttes de pluies balayées par les essuie-glaces, mon regard concentré sur le mouvement respiratoire de ses seins. On pourrait croire qu’elle conduit sans but précis, juste pour apprécier le silence des landes à l’odeur de tourbe.

Isserley passe devant cet homme, le pouce levé. Elle le dépasse, fait demi-tour, l’observe de nouveau, repasse dans l’autre sens et s’arrête cette fois-ci. Il a quelque chose qui l’intéresse, dans son regard, dans sa corpulence, dans sa solitude. Elle aime la solitude des hommes, surtout lorsqu’il se présente à elle le corps envieux. Lui, que le silence ne gêne pas, se contente de la regarder, de fixer même son avantage proéminent, son énorme paire de seins – c’est pas moi qui le dis, l’auteur insiste lourdement bien sur ce délice visuel. Jusqu’au moment où…   

lundi 30 avril 2018

Un été italien

 

Des rivières d'une eau froide pour tempérer les ardeurs, des lacs où s'encanaillent la bourgeoisie italienne, de la verdure pour des balades en bicyclettes d'un autre âge. Revenu le temps d'un film dans les années 80, avec pour thème principal de ce film, la passion et l'adolescence.


Le film s'étire en langueur comme je m'étire encore couché dans mon lit. J'espère le soleil venu frapper aux carreaux de ma fenêtre, lorsque j'ouvrirai les volets pour découvrir son corps nu. Quelle est belle cette langueur teintée d'une douce mélancolie.

 

Elio a 17 ans, lunettes de soleil au bord de la piscine, walk-man à cassettes, il glandouille en écrivant sa musique et en espérant se taper enfin sa copine, encore prude, question d'époque. Il a tout l'air d'une tête à claque avec sa façon de tout savoir sur tout, mais pourtant le courant passe bien. Courant de la rivière qui vient des montagnes, un bien fou que ces bains d'eau glacée.

dimanche 17 décembre 2017

Les Agneaux du Yorkshire

La tête dans la cuvette des chiottes, Johnny dégueule sa bile et sa tristesse d'une nouvelle soirée au pub, solitaire et abondamment arrosée de pintes mousseuses et maltées. Première scène du film, je suis dans mon élément. Pour la seconde soirée, j'aurais le droit aux mêmes conséquences des bières anglaises dans un pub anglais, la tête toujours plongée en avant dans les chiottes d'une putain de vie.

Au milieu de ce monde de brutes et de super-héros, je ressens le besoin de me ressourcer à la campagne. Sentir l'odeur du fumier et découvrir de nouvelles amours, le Yorkshire. Johnny travaille du matin au soir, sans repos, à la ferme familiale, son père fatigué et malade, sa grand-mère lassée. Difficile de s'en sortir quand il a l'impression que personne ne répond à ses attentes et que son univers est si restreint qu'en dehors des bêtes à nourrir et d'un plancher de merde à nettoyer, il n'a personne à qui parler, sa génération préférant fuir cette campagne attristée et n'y revenir que pour parader pendant les vacances. Restent les sorties au pub, enculer rapidement d'autres hommes dans le box des vaches et gerber.

Jusqu’au jour où Gheorghe, saisonnier roumain venu donner un coup de main pour les agneaux, l'enclos, les pâturages, lui fasse découvrir toute la beauté du panorama, lorsque le soleil se lève sur la lande venteuse du Yorkshire. Au début sauvage et bestial, à l'image de cette campagne, cet amour deviendra passionné...

jeudi 2 novembre 2017

Une Tragédie Grecque et Glauque

Inquiétant, sombre, dérangeant. 

Pourtant, Colin Farrell a une belle maison, entouré de deux beaux enfants, et d’une ravissante femme, Nicole Kidman, encore plus inquiétante et froide qu’à son habitude. Il est un brillant chirurgien, une barbe bien fournie. Elle est une ophtalmologue réputée. Quel homme n’a pas rêvé de vivre avec Nicole Kidman et de « jouer » dans l’intimité de la suite parentale à « l’anesthésie générale » dans le lit.

Première scène qui me précipite dans un autre monde. Dès les premières images et des dialogues parfois décalés, je pressens l’étrangeté de la situation, de ce couple presque froid à la manière d’éduquer leurs enfants. Et là-dessus, Nicole est parfaite, la plus belle femme froide qui existe. Inquiétante.

D’autant plus que Colin semble entretenir une étrange relation avec un ado de seize ans, Barry Keoghan, qui lui pour le coup est parfaitement inquiétant et énigmatique. Une musique sacrée entre en jeu, lyrisme orthodoxe pour une tragédie grecque. La « mise à mort du cerf sacré » du grec Yorgos Lanthimos, autant applaudie que huée lors de sa projection à Cannes, assortie tout de même de son prix du scénario, est pour le moins dérangeant, troublant, pas si loin de virer au gore en restant totalement glauque, sombre, noir.

mercredi 5 avril 2017

Le come-back du coussin péteur

Ines, la quarantaine et brillante associée dans une société allemande installée à Bucarest, a mis sa vie de côté pour s'investir totalement dans son travail. Une réussite sociale qui semble l'épanouir pleinement jusqu'au jour où son père, quelque peu fantasque et farceur, débarque chez elle et vient foutre en l'air sa vie trop bien rangée.

Winfried, adepte des coussins péteurs et dents de Dracula, joue de son excentricité à fond, comme une marque de singularisation dans une société bien trop sérieuse à son goût. Mais avant tout, il est père et sent que sa fille, malgré les apparences affichées, ne va pas si bien que ce qu'elle prétend. Ils se sont perdus de vue, leurs vies se sont éloignées l'une de l'autre sans vraiment comprendre pourquoi et comment.

Le film se veut émouvant et drôle. Il joue sur les deux registres, mais je sens des réticences. Les coussins péteurs ne me font plus rien depuis quelques années, éjaculer sur un cupcake avant de le manger ne m'est jamais venu (du moins, pas encore) à l'esprit. Le film doit avoir ses fans, critiques et spectateurs. Moi, je suis resté dubitatif. Pas vraiment excité par une réalisation peut-être trop plate, trop lente. Pourtant, le fond du film peut faire réagir. Son principal atout. Jusqu'où s'investir dans son taf. Et pour quelles conséquences. Les relations entre les générations ne sont pas aisées à garder au beau fixe jusqu'au bout, et lorsque le courant s'éloigne, irrémédiablement, il est bien difficile de contre-carrer cette dérive, presque involontaire, qui éloigne les êtres, même issus de même sang. Tu vois la barque s'éloigner dans la brume de la vie, mais les amarres larguées, tu ne sais plus comment te rapprocher à nouveau de la rive...