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jeudi 20 juillet 2023

All In


 Dans deux jours, ou deux cents pages, nous connaitrons le « nouveau » vainqueur du WSOP 81, World Series of Poker, un genre de championnat du monde de Poker où des centaines de joueurs se retrouvent enfermés dans un casino prestigieux de Las Vegas pour en découdre de bluffs et de mathématiques. Car ne vas pas croire que le poker est un jeu de hasard. La chance n’a pas son mot à dire, le public s’émeut de ho et de ha (Patriccckkk !) à la découverte du flop ou de la river, mais avant d’en arriver là, il y a eu la stratégie, les probabilités et la pression (pas celle qui finit dans une choppe, ici c’est plus bouteille d’eau ou thermos de café à volonté).

Mais avant de s'asseoir à la table finale, les huit ou neuf meilleurs joueurs du tournoi, car il n’en restera qu’un et ce ne sera pas un Macleod, Al Alvarez, écrivain-poète anglais, journaliste et passionné de poker s’invite dans le Nevada et les coulisses de ce WSOP, avec ce très bel ouvrage qui ne s’adresse pas forcément aux passionnés de poker – dit celui qui est capable de passer des heures comme subjugué devant son écran de télévision à regarder de vieilles rediffusions d'anciens tournois de Texas Hold'em. Avant tout, ce livre nous parle de tout, sauf du poker ou presque. Le poker, c'est aussi une histoire de mythe et d'ambiance.       

« Glitter Gulch est réservé aux gens de passage, la plupart âgés et repérables de loin : des vieilles en pantalon vert fluo, jaune banane ou orange de Floride pétant, agrippées à un gobelet rempli de petite monnaie dans une main, le levier d'un des 50 000 bandits manchots de Vegas dans l'autre ; des vieux aux dents en plastique et costard bleu ciel en plastique en train de jouer au craps à 1 dollar, au black-jack à 50 cents et au Stud Limit poker à 3 dollars ; des épaves en fauteuil roulant ou derrière des déambulateurs, des bossus, des difformes, des squelettiques et des obèses claquant leurs aides de la sécurité sociale, leurs pensions d'invalidité et leurs retraites, attendant leur heure et le miracle d'un jackpot qui transfigurerait leurs dernières années marquées par le dénuement. Tous sont animés d'une ferveur digne du sabbat des sorcières de Walpurgis, un mélange d'optimisme du joueur mâtiné de nostalgie. À L'ANCIENNE, hurlent les enseignes de néon, en plus des CONSOMMATIONS AU BAR 50 CENTS, GAGNEZ UNE VOITURE 25 CENTS, ASPIRINE & TENDRESSE À VOLONTÉ. Pour ces Snopes des Temps modernes, telles les canailles du roman de Faulkner, Glitter Gulch constitue le dernier arrêt, absurde, sur le lent chemin qui mène au cimetière. »

dimanche 11 juin 2023

Les Héros Sont Fatigués

"Il traversa la maison et alla jeter un coup d’œil à la grange sans toit, amusé de voir que dix ans passés dans ces lieux avaient laissé si peu de traces. Ils avaient vécu chaque instant comme s'ils devaient lever le camp la minute suivante, et finalement, c'est bien ce qui était arrivé. La grange resterait sans toit et le puits à moitié creusé. Les serpents à sonnette pourraient occuper le bâtiment qui abritait la source, il s'en fichait à présent - il y avait déjà repris son cruchon de whiskey. Il se passerait du temps avant qu'il ne retrouve un porche aussi bien ombragé où s'asseoir pour passer l'après-midi à boire. Au Texas, il avait bu pour protéger ses pensées de la chaleur ; dans le Montana, ce serait sans doute pour les protéger du froid. II n'éprouvait aucune tristesse. Du Texas, il ne savait qu'une chose: il avait eu de la chance de le quitter en vie - et il aurait une longue route à faire avant de pouvoir être sûr de renouveler un tel exploit."
 
 A Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Sous un soleil rougeoyant, je regarde cette étendue, la tête lasse de cette vie de poussière, les yeux usés par les clairs de lune, la gorge brûlée par quelques cadavres de whisky couchés aux abords de la terrasse, faisant presque un cercle de démarcation autour de mon rocking-chair. Il est temps que je quitte ce lieu, moi aussi, cette vie de poussière et de vieux souvenirs, que j’attrape mon lasso, et chevauche le désert vers un monde nouveau. Direction le froid, la neige et le soleil couchant, le Montana. L'inconnu. Mais avant...
 

mercredi 15 décembre 2021

Poussière Blanche

Le brouillard, le blizzard. Il fait froid. Pourtant, je ressens une chaleur intense, brûlante même sur le front. Du blanc, dans le noir. Comme une brume en plein milieu de la nuit. Antoine s’est fait renverser. Depuis quelques jours, il erre dans le coma. Personne ne sait où est Antoine, son esprit, son âme ? Cette blancheur, cette lumière faut-il s’y enfoncer ou la suivre ? Au chevet de son lit, des êtres, des parents, des amis, tous se relayent. Pourquoi ? Est-ce que la conscience continue de percevoir, de ressentir, dans cet état-là ? La nuit est blanche…

Beaucoup de questions, donc… Avant cet accident et ce chauffard qui s’est enfui, ce sont des histoires d’adolescences, des amitiés, fortes, des amours, cachés, des études, esseulées. Après cet accident, on s’interroge, on se découvre, on pleure. La tristesse se ressent, et le coma intrigue autant qu’il inquiète. Plusieurs voix s’élèvent de la brume, de cette étendue de neige venue tapissée, choralité de la douleur, pour nous conter la bienveillance des sentiments humains.

« J'ai traversé le pont et j'ai marché à travers les bois en direction de l'étang. Arrivée là, je me suis assise sur un banc et j'ai sorti un roman. Depuis la rentrée il faisait doux. Ca sentait la fin de l'été mais on était bien dehors. Je me suis demandé ce que je ferais de mes pauses déjeuner quand il se mettrait à pleuvoir et à cailler. J'irais peut-être à la bibliothèque. En réfléchissant à ça je me suis rendu compte que je me projetais toute l'année comme si rien n'allait changer. Comme si j'étais condamnée à rester seule dans cette fac. Comme si tout allait demeurer pour toujours dans cet état transitoire. Antoine dans les limbes, entre la vie et la mort. Mon sixième étage et sa galerie de dingues. La fac et ce sentiment de solitude qui ne me quittait pas. Je me suis sentie tellement triste soudain. Des larmes ont commencé à couler sur mes joues.
- Ca va pas ?

vendredi 18 juin 2021

Chambre Avec Vue... sur la Baie

Le jour qui se levait vint repousser d'un mince filet jaune la ligne d'horizon courant bas sur la ville lorsque le troupeau de prisonniers, presque cinq cents au total, franchit sous bonne garde les portes d'accès à la prison pour être dirigé vers le parc de stationnement. Les y attendait une flotte d'autocars aux fenêtre barrées, des autocars pie dont le poste de chauffeur se trouvait séparé des sièges passagers par un solide grillage. L'air était lourd des émanations âcres des moteurs diesel et de la puanteur de choux en train de pourrir. Les prisonniers dépenaillés, pour la plupart des Noirs et des Chicanos, s'alignaient en colonne par deux, enchaînés six par six, regroupés devant leurs autocars respectifs ; on aurait dit un grouillement de mille-pattes humains. Les adjoints du shérif, en uniforme impeccable aux plis rasoir, étaient omniprésents. A chaque autocar se trouvaient affectés trois adjoints, tandis que le reste de la troupe se tenait en retrait, le gros Magnum Python 357 pendu à bout de bras.
 

 
 

dimanche 15 mars 2020

Les Bisons Meurent Jamais de Vieillesse

« Les bruits du saloon étaient comme assourdis par des couches de poussière et de chaleur. »

Un nuage de poussière, les portes battantes d'un saloon, un homme seul au comptoir, une bière un bourbon, l'évocation d'un majestueux troupeau de bisons quelque part dans l'ouest sauvage... Le tout dans les trente premières pages. Il y a même une putain qui regarde mon regard vide, au fond de la salle. C'est dire que je suis d'entrée plongé dans mon élément, la grande littérature de la conquête de l'ouest, parmi les trappeurs de castors, les chasseurs de bisons et les ivrognes qui ont perdu leur fortune autour de quelques bouteilles de whisky frelaté.  

« Il prit une profonde inspiration, l’odeur âcre du pétrole mêlé à la sueur et à l’alcool emplit ses poumons ; cela le fit tousser. Il s’approcha du bar, qui lui arrivait à peine à la taille. Le barman, petit homme chauve aux grandes moustaches et au teint bilieux, le dévisagea sans mot dire.
« Une bière », dit Andrews.
Le barman prit une lourde chope sous le bar. Il ouvrit le robinet d’un des fûts posés sur de larges caisses en bois et fit couler la mousse blanche le long du verre.
« Ça fera vingt-cinq cents », dit-il en plaçant la chope devant Andrews.
Ce dernier y trempa les lèvres ; la bière insipide lui parut plus chaude que la salle. Il posa une pièce sur le comptoir. »

vendredi 18 octobre 2019

Knock-Out


« Ici, le métro est aérien. Il y a quelque chose d’étrange avec ça, mais dans le Bronx, de longs tronçons de rails sortent de terre et filent loin au-dessus des rues, comme la ligne E1. J’imagine qu’un jour, ils vont l’enterrer, elle aussi, et ça sera dommage, parce que de là-haut, un jour comme celui-ci, on peut voir plein de choses de New-York.
Je veux dire que souvent, même trois ou quatre nuits après une averse, on peut encore voir sur les toits plats et goudronnés, les flaques d’eau scintillantes qui reflètent le ciel. Et quand le vent souffle, les extracteurs métalliques, certains tournent, tournent, et d’autres, leurs pales telles des crinières, s’agitent brusquement, susceptibles et nerveux, à la manière dont parfois on voit un pur-sang prendre le mors aux dents à l’approche de la ligne de départ, alors que son jockey essaie de l’apaiser, avant – si on parvient à l’entendre – de l’injurier.
Il y a aussi les pots de fleurs sur les escaliers de secours. La plupart avec des géraniums, parfois même un rosier, et toujours, bien après la saison, des lys avec les longues feuilles jaunies, un emballage de papier rose encore autour des pots. »

Le corps en sueur, le cœur battant, l’âme pas encore battu, un genou à terre. J’entends cette petite musique dans la tête, genre ta ta ta ta ta la la la la, tu vois le genre, genre tu cours dans la rue, et dès que tu vois des marches d’escalier, tu accélères, et une fois gravi le sommet de cette colline urbaine, tu lèves les bras au ciel et tu te retournes en regardant la ville en bas, le regard si fier que tu aurais envie de crier au vent « Adriennnnneee ». Une foule t’applaudit, hurle ton nom, des flashs crépitent, c’est le délire, abondance de lumières, de brouhaha, de femmes en maillot de bain échancré venu tourner autour de l’arène, ce mélange de sueur et de testostérone, bientôt tu auras une statue à ton image, les larmes aux yeux. Oui, mais voilà, tu te réveilles ce matin, dans un matelas qui pue autant le moisi que la pisse, toujours en sueur, dans un motel autant moisi que miteux, seul, la vie c’est pas ce putain de rêve. Le mythe du boxeur, c’est une autre paire de gants.

samedi 1 juin 2019

La Mort du Bison

« Arrivés sur la crête, nous découvrîmes, au nord, une immense prairie, aussi différente des terres que nous venions de traverser que la verte Irlande peut l'être du Sahara. Couchés dans les hautes herbes grasses, plus de cinq cents bisons ruminaient paisiblement. Ils ne prirent conscience de notre présence que lorsque les hordes de cavaliers se précipitèrent sur eux du haut de tous les sommets environnants. 
A la vue du troupeau, les Indiens s'étaient mis à pousser des hululements stridents. Des coups de feu claquèrent. Aussitôt les bisons se relevèrent et s'enfuirent dans un tonnerre assourdissant qui fit trembler le sol. »

A vivre cette grande épopée de l'ouest sauvage. Chevauchant des collines de poussières et d'herbes folles, entraîné par la folie des hommes et la promesse de richesse symbolisée par fourrures et peaux, sauvé sa peau d'une horde de sauvages, des indiens et des blancs, une vie sans loi. 1820, quittant le Missouri de St-Louis, une nouvelle compagnie de chasse et de trappes. Juste deux trois années, le temps d'accumuler des peaux et un pécule pour fonder sa famille avec cette sublime brune au regard de braise. Mais la vie de trappeur n'est pas aussi idyllique que cela peut paraître, dormir à la belle étoile, s'enfiler quelques godets de whisky de contrebande, bouffé un steak d'ours... Bref, j'en ai rêvé, comme ces rêves de gosses, j'en suis revenu, la tête KO par ces bisons morts, et l'odeur de cette viande en putréfaction.

« Au fond de la vallée paissait une seconde harde, aussi important que celle que nous chassions, piégée elle aussi à l'intérieur des collines. Nous l'apercevions de loin qui cheminait dans notre direction, taches mouvantes piquetant la verdure.
Les deux troupeaux se dirigeaient l'un vers l'autre. Ils n'étaient maintenant séparés que d'une centaine de yards, puis cinquante, puis trente... Ils se percutèrent dans un fracas de sabots, de sourds mugissements, de beuglement aigus, s'éparpillant tous azimuts, tournoyant sur eux-mêmes, soulevant des trombes de poussière. »

lundi 22 avril 2019

Whiskey et Tennessee


« Il glissa une main furtive dans son soutien-gorge, pour cueillir au creux de sa main son sein droit. Assurément, jamais chair n'avait été aussi douce, ni aucun fruit aussi délicat. Cathy bougea à son tour, son bras doit entoura la gorge de Thibodeaux, la pression de ses cuisses augmenta légèrement, mais de façon perceptible, elle plaqua son pubis contre lui. Est-ce qu'il devenait fou, s'imaginant des choses, ou bien sentait-il vraiment entre ses jambes une source de chaleur ? »

Sandy Thibodeaux et John Stoneburner dans les années soixante-dix, deux pauvres types qu'une guerre du Vietnam a déglingué un peu leurs ambitions et flingué leur avenir. Du genre, c'était par leurs guerres, pourtant ils y sont allés, y ont survécu, et se retrouvent maintenant au retour de carnages perdus dans cette Amérique-là. Thibodeaux traîne ses guêtres parmi les décharges du Tennessee, Stoneburner est dans le genre détective privé, sans secrétaire bien roulée. Ils se sont perdus de vue, l'un a sauvé l'autre au Vietnam, à moins que ça soit l'inverse. Ils vont se retrouver dans une affaire de magot, de fuite et de drogue, l'un ayant été engagé par Cap Holder pour retrouver l'autre.

« Il serra son sein un peu plus fort, il en pinça doucement le mamelon entre le pouce et l'index, il sentit même une pression minuscule entre ses doigts, les lèvres de Cathy glissant sur sa gorge, un grondement sourd lui emplissait les oreilles, l'éternité bâillait et il ne voulait pas lui résister. Il sentait son sang courir à la surface de sa peau, et sur son ventre, son érection était brûlante sur toute sa longueur. »

mardi 11 décembre 2018

Les Escales de Nad' et du Bison : New-York

Lieu : New-York
Lever du soleil : 7h08  | Coucher du soleil : 16h28
Décalage horaire : - 5h
Météo : -1° ressentie -1°. Beau temps. Peu nuageux.
Latitude : 40.712784 | Longitude : -74.005941
Musique : John Zorn, Lou Reed, Laurie Anderson
Un Verre au Comptoir : Jack Daniel's, sans glace



 


Cette chère ville de New York sale et envoûtante, la capitale des visages, la Babel horizontale des langues humaines.

Onze heures du soir, les néons clignotent sous une lune voilée. Des hôtels bon marché, des restaurants chinois qui ne semblent jamais fermés, des tripots de mauvais augures. En rouge flash, s'illumine devant moi le « Moon Palace », palais de mes rêveries d'antan. Brooklyn Avenue s'allonge comme l'ombre des putes sur le macadam chauffé par cet été indien, je promène mon regard perdu dans cet univers bouillonnant, guidé par « La musique du hasard » un livre en poche, un pavé aussi lourd qu'une caisse pleine de Bud même pas light. Le poids des mots pèse sur ma conscience, mais le plaisir de la rencontre sera au rendez-vous. J’attends donc Archibald Ferguson à la terrasse d'un café où les serveuses baladent leur cul en rollers en balançant leurs seins dans un chemisier dont l'attachement au dernier bouton défie toutes les lois de la physique, sublime époque, la déchéance du rock et le déhanché des serveuses. Mais quel Archie vais-je rencontrer ce soir ?

Ferguson ouvrit le livre, le feuilleta quelques instants et tomba sur cette phrase, page 96 : "Le monde est foisonnant : tout peut arriver."


mardi 4 septembre 2018

Blue Monk, Blue Moon, Blue Hotel

« Il n'y a que l'amour pour sauver ce monde. Pourquoi j'aurais honte d'aimer ? »
Je mets sur la platine le Blue Monk de Thelonious Monk. Des bleus à l’âme. Ma vie est une succession de noir et de gris, sombre, seul, l’espoir de découvrir l’amour abandonné. Et puis je rencontre cette femme, sublime d’ailleurs, un sourire à en faire péter les boutons de mon jean. Même en noir et blanc, son regard illuminerait ma putain de vie. Sauf qu’elle a les cheveux bleus. Et tout d’à coup, de la couleur rentre dans ma vie. Du bleu partout. J’écoute blue, je pense blue, je vois blue. Le blues se chasse de ma vie. Parce que le bleu est une couleur chaude. Ma vie devient chaude, cette nana aux cheveux bleus est chaude. Comme je les aime.

Mais je me demande ce qui m’arrive, une nana aux cheveux bleus ce n’est déjà pas commun. Mais une nana en plus qui se retourne sur mon passage et qui me sourit, c’est, je dois l’avouer, inimaginable. A me retourner avant que je n’ose la retourner. Mes Kickers sont bleues, mes chaussettes deviennent bleues et je mets même un caleçon bleu (il m’arrive effectivement d’en mettre un, certains jours). Le bleu transforme ma putain de vie qui pour une fois s’illumine.

Et cette envie de baiser avec cette femme teinte en bleu ne me quitte pas. Les gens me regardent bizarrement, comme si cela était si inhabituel. Après tout, elle a quand même les cheveux bleus, il y a de quoi se poser quelques questions. Après tout, j’ai la bave qui coule aux lèvres, l’œil lubrique et l’érection fatidique. Des interrogations, le mystère de l’amour, en bleu.


vendredi 20 juillet 2018

Spirit of St Louis

Un été 1927 à découvrir. Une année riche, formidable, épique. Une année folle composée de légendes et de drames, des hommes et des triomphes. Commençons par le plus grand évènement du siècle dernier ou presque puisque à l’époque l’homme n’avait pas encore marché sur la lune, mais n’avait pas non plus traversé l’Atlantique en avion. C’est de ce point de départ, et en guise de fil rouge que Lindberg va traverser l’océan pour la première fois, en solitaire qui plus est, dans un avion façonné presque de bric et de broc, sans compas, ni la voix érotique d’un GPS ou celle d’un copilote grincheux. Respect et admiration de la foule. Le Spirit of St Louis a décollé de New-York pour atterrir quelques jours plus tard à l’aéroport du Bourget. Clameur de la foule, la population se déplace en masse pour découvrir ce nouvel héros et le célébrer tel un… champion du monde… Grande parade, immense émotion, les gens en pleurs et en cri.

Mais le soccer n’est pas encore implanté – et ne le sera probablement jamais dans ces terres-là. Non, là-bas, les dieux du sport, sont les joueurs de Baseball. Que de matchs épiques racontés par l’auteur, comme de souvenirs de jeunesse, bien qu’il ne soit pas assez vieux pour les connaître. Mais le sport se raconte de génération en génération et les héros tel que Lou Gehrig et surtout son coéquipier Babe Ruth révolutionnèrent ce sport avec leurs frappes dingues et des records de Home-run. Oui, tu n’y connais rien au Base-ball, tu n’as jamais vu un match de ta vie, pourtant, avec la plume de l’auteur tu ressens cette sueur dans le gant, les frissons des spectateurs manquant de s’étouffer avec leurs hot-dogs, la balle qui vrille grâce au crachat du lanceur…