Parce qu’il m’arrive de lire des romans d’amour, je vais au cinéma voir des films d’amour. Nicole Garcia en réalisatrice, et Marion Cotillard dans le rôle de la belle Sarde et dérangée, d'après un roman sarde de Milena Agus. Marion n’est plus tout à fait la sarde du roman, elle est provençale. Mais le ciel est toujours azuréen, la mer toujours aussi bleue turquoise, les cigales chantent aussi bien leur hymne à l’amour. Quelques adaptations libres lors de ce passage littéraire à la salle obscure. Le lieu, la guerre, le style de narration, mais l’amour reste, quel que soit le traitement qui lui soit donné. « Et la nostalgie, c'est de la tristesse, mais c'est aussi un peu de bonheur. »
Au centre de cette histoire, il y a une jeune femme aux cheveux incroyablement noirs et magnifiques, une jeune sarde, que la rumeur dit perturbée. Est-ce parce qu’un jour, elle a décidé de couper sauvagement ses cheveux comme une folle hystérique l’aurait fait avec une paire de ciseaux rouillée ? Est-ce parce qu’elle a les avant-bras couverts de cicatrices qu’elle s’est infligée elle-même ? Est-ce parce qu’une fois elle s’est jetée au fond du puits familiale ? Toujours est-il que cette belle sarde apparaît comme dérangée mais surtout profondément triste et malheureuse. Triste d’attendre ses prétendants qui ne vinrent jamais au-delà du second rendez-vous. Malheureuse parce que personne ne comprend ses mots, sa poésie et tout le monde décrit ses poèmes passionnées comme l’œuvre du Démon, car en ce temps-là tout ce qui sort de la norme est habitée par le Diable, des maux du Malin.