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lundi 8 avril 2024

Les tourments du río Negro

 

A Resistencia coule un long fleuve tranquille. Un père et un fils s'y retrouve pour un week-end, la mère s'est éclipsée de la demeure familiale pour un congrès. C'est l'occasion parfaite donc pour le père d'essayer de retisser des liens avec ce bêta d'ado, gras et timide qui passe sa vie sur le canapé à regarder les Simpson ou je ne sais quelle autre télénovela. Peut-être même, l'idée lui passe par la tête, de lui parfaire son éducation sexuelle. Allez petit, invite ta copine pour la soirée, même si c'est pas encore ta copine, avec les jeunes de maintenant, on ne sait plus qui et qui et qui fait quoi... La belle Mariel, au nom du père et du fils.
 
Et la soirée commence plutôt bien, le sourire de Mariel, ses longues jambes, sa poitrine qui se dresse fièrement sous son chemisier. Elle furète dans la collection de 33 tours vintage, s'entiche de Caetano Velaso, ce chanteur brésilien à la voix de velours qui faisait chalouper les culs de ces femmes du río Negro. Quelle femme, quelle jeune fille même, pourrait y résister. Surtout à cette heure de la soirée, quelques bières, à part le gamin fermé sur lui-même qui ne veut qu'un coca, pauvre jeunesse, s'en suivent un, plutôt trois, verres de whisky. Heureusement, Mariel, plus libérée que son rejeton, le suit dans la chaleur de cette nuit. Il sort son joint, de la bonne herbe à partager, réserve spéciale sortie du frigo, quelle sourire elle a Mariel, un sourire à faire bander n'importe quel homme, n'importe quelle âme du bord du río Negro. Un ou deux tranquilisants, pourquoi pas, et puis là, survient l'impensable. L'inimaginable même. L'effroi. Ou la petite boulette de la soirée...
 

jeudi 16 mars 2023

Le Chemin Silencieux

One Night in Bangkok, les lumières des ruelles s'animent. Des odeurs enivrent, curry jaune, curry rouge, curry vert... Des étals de marchandises en tout genre, des fumoirs au bord de la route, un pad thaï sur le pouce. Du bruit, klaxons, cris, rires. Touk-touks, vélos, motos-taxis et piétons dans une cacophonie souriante. Et puis le silence. Un moine bouddhiste au coin d'une rue. Des hommes qui se prosternent, des femmes qui se prosternent. Des ladyboys aussi. Et des enfants qui courent autour.  
 
"On choisissait un plat sur l'un des grands plateaux en aluminium - plat rouge, plat orange, citronnelle, citron vert, lait de coco, piment, menthe, coriandre, basilic, cannelle, curcuma, cumin, ail, gingembre. Ou alors on commandait un plat à quelqu'un - une femme - qui le préparait sur-le-champ, dans un wok immense, profond, où elle cuisinait de tout, comme une machine où il suffirait de placer des ingrédients pour qu'elle les mélange, puis les serve juste après en un plat abouti.
Dans un coin, il y avait une femme aux manches retroussées, mèches de cheveux collées à la transpiration du front, qui avait un sourire affable quand des personnes s'approchaient pour lui demander de la soupe. Elle découvrait une casserole, se retrouvait enveloppée d'un nuage de vapeur, et servait des bols en plastique rose ou bleu. Puis, elle les saupoudrait de sauce piment, d'une cuillère de sauce noire, d'un brin de ciboulette haché, et les tendait avec ce même sourire bienveillant.
En montrant du doigt, j'ai demandé une de ces soupes aux nouilles. Usant également de gestes, elle m'a demandé si je voulais du piment, de la sauce, un brin de ciboulette. Je voulais tout. J'ai reçu le bol et le sourire."