Alors ai-je trouvé mon compte dans l'univers d'Arnaud Desplechin ? La lumière s'est faite, la salle s'illumine, jour de semaine, milieu de journée, donc pas grand monde, et pas facile de lire sur les visages ; comme il me paraît difficile de lire sur le scénario du film. Je ne suis pas ébahi, mais au final j'ai aimé. Je garde donc une certaine réserve, comme s'il m'avait manqué un petit quelque chose. De l'émotion, j'en ai eu, Charlotte est toujours au top, Mathieu j'adore toujours autant. Il amène de la folie, elle apporte de sa mélancolie et de sa tristesse, le spleen à l'état pur. Marion arrive sur cette plage déserte, elle a disparu depuis plus de vingt ans dans la vie de Mathieu. Pourquoi est-elle partie ? Je ne sais pas... Première interrogation. Pourquoi est-elle revenue ? Je ne sais pas, non plus. Second mystère... Dont je n'aurai pas les réponses. Mathieu a énormément souffert de cette disparition subite, sans un au-revoir, sans explication. J'envisage aisément que ce n'a pas dû être simple de reconstruire sa vie... Pourtant il y a deux ans, un regard, une Charlotte. La timidité, la peur, le renouveau... Le monde est de nouveau heureux, la tête dans les étoiles, le cœur sous la lune... Marion, sur cette plage de sable fin, coquillages et crustacés, s'tape la causette avec Charlotte. Elle veut récupérer son homme...
De la poussière, des poils et des litres de bières, de bourbon et de vodka à l'herbe de bisons...
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dimanche 21 mai 2017
La Revenante
mardi 8 novembre 2016
Calculs Rénaux
Parce qu’il m’arrive de lire des romans d’amour, je vais au cinéma voir des films d’amour. Nicole Garcia en réalisatrice, et Marion Cotillard dans le rôle de la belle Sarde et dérangée, d'après un roman sarde de Milena Agus. Marion n’est plus tout à fait la sarde du roman, elle est provençale. Mais le ciel est toujours azuréen, la mer toujours aussi bleue turquoise, les cigales chantent aussi bien leur hymne à l’amour. Quelques adaptations libres lors de ce passage littéraire à la salle obscure. Le lieu, la guerre, le style de narration, mais l’amour reste, quel que soit le traitement qui lui soit donné. « Et la nostalgie, c'est de la tristesse, mais c'est aussi un peu de bonheur. »
Au centre de cette histoire, il y a une jeune femme aux cheveux incroyablement noirs et magnifiques, une jeune sarde, que la rumeur dit perturbée. Est-ce parce qu’un jour, elle a décidé de couper sauvagement ses cheveux comme une folle hystérique l’aurait fait avec une paire de ciseaux rouillée ? Est-ce parce qu’elle a les avant-bras couverts de cicatrices qu’elle s’est infligée elle-même ? Est-ce parce qu’une fois elle s’est jetée au fond du puits familiale ? Toujours est-il que cette belle sarde apparaît comme dérangée mais surtout profondément triste et malheureuse. Triste d’attendre ses prétendants qui ne vinrent jamais au-delà du second rendez-vous. Malheureuse parce que personne ne comprend ses mots, sa poésie et tout le monde décrit ses poèmes passionnées comme l’œuvre du Démon, car en ce temps-là tout ce qui sort de la norme est habitée par le Diable, des maux du Malin.
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