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vendredi 21 août 2020

Poussière des Steppes


« Je fais une grande promenade presque chaque après-midi. Je longe la rivière vers l’est dans l’espace infini de la steppe, et à sept ou huit kilomètres, j’arrive à un confluent. La rivière s’élargit, l’eau est peu profonde et le courant rapide. Au milieu du cours d’eau sont couchés plusieurs rochers d’un blanc de neige. Le courant tourbillonne d’écume dans leurs fissures. Dès que je m’approche, le grondement de l’eau me submerge, je ne m’entends plus soliloquer. Des arbres surgissent là d’une brusque dépression ; les deux rives sont bordées de buissons touffus plus ou moins hauts. L’endroit est totalement différent de l’amont, dépourvu d’arbres, où nous avons planté notre tente. C’est une vaste étendues plate couverte de gras pâturages troués de marais. Le regard découvre la forêt en altitude, de la mi-pente au sommet, moutonnant jusqu’au bout de la vallée. »

Je me retrouve au fin fond ou aux confins de la Chine, dans une région plus près du Kazakhstan que de la véritable Chine, un territoire où mon regard se pose vers un horizon sans bornes, sans limites, découvrant ainsi sur des kilomètres la poussière se lever sous le vent assourdissant. Là-bas, j’aperçois au loin, une fumée qui s’élève vers le sommet des cieux, comme un point de repère, j’imagine ce premier feu matinal, la marmite qui chauffe, un premier bol de riz pour les bergers, les promeneurs, les routiers de ces grands espaces.

vendredi 14 février 2020

Un Air de Gershwin


Quelques notes au piano. Assis dans le noir, l’âme allongée sur un parfum de jasmin, je garde les yeux clos pour capter l’émotion, l’essence de ces notes si sibyllines. Le soleil se couche, les ombres s’agrandissent, la nuit se pare de ses étoiles, j’ai toujours les yeux fermés. Et je laisse le temps filer, il coule sur ma peau nue et froide. Un rayon de lune essaie de percer les ténèbres de mes volets, mais un mur de silence me maintient à l’écart. Et dans ce silence, un homme seul avec son instrument à longue queue, un Steinway. Brillant et dépoussiéré, le genre d’engin à être entretenu par des mains délicates, il sonne la magie du silence.