Affichage des articles dont le libellé est New-Jersey. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est New-Jersey. Afficher tous les articles

vendredi 22 avril 2022

Pu(ri)taine


 C’est genre en fin de matinée, à l’approche d’un square, banlieue résidentielle (du New-Jersey ?) où des « mamans », bonnes sous tout rapport, papotent entre elles, surveillant à peine leur progéniture dans le bac à sable. Vous les connaissez ces nanas, ça discutaillent fond de teint et beaux mâles qu’elles voudraient approcher, accrocher, ah mais non elles sont mariées, et puis WTF, pourquoi pas après tout… Ça ç’est genre en attentant impatiemment que l’heure tourne pour rentrer à la maison et ainsi se verser un grand verre de vin blanc, un Chardonnay. As-tu déjà remarqué qu’aux States, les verres à vin sont toujours plus grands. Alors je m’assois, seul sur un banc, et je les regarde, frétillant de plaisir solitaire, comme pour un épisode de Desperate Housewifes, comme une source d’inspiration. J’inspire, expire, respire, éternue mes allergènes. J’observe en silence, je regarde ces femmes. Elles s’appellent Bree, Gabrielle, Susan… ah non, là je confonds, les histoires se mélangent dans mon esprit confus, trop de télé ou trop de bouquins. Je reprends : Sarah, la trentaine, soi-disant ex-lesbienne, ex-féministe, toujours mariée, un gosse. Autour Mary Ann, avec un prénom comme ça, on ne peut être que la « méchante », la meneuse prétentieuse du groupe, celle qui est là pour distiller sa bonne morale, pour se moquer des gens « différents », comprendre qui ne pense pas comme elle, genre Sarah l’intellectuelle. Tiens, le Beau Todd arrive, blond, la trentaine, un gosse, marié aussi, le roi du bal… Hou là là, ça sent d’ici la testostérone, la sueur et les poils sous les bras. Mal dans sa peau, homme au foyer que sa femme pousse à aller au barreau… Alors que le barreau, il l’a quand sur une impulsion Sarah l’embrasse en plein square…

« Cependant, malgré leur adhésion enthousiaste à la cause de la contraception et des rapports sexuels avant le mariage (dès le premier soir !) – sans parler de leur souhait théorique de mettre fin à une grossesse non désirée si pareille infortune leur arrivait -, Larry et Joanie se considéraient comme de bons catholiques, un sentiment si profond et irrévocable qu’il relevait plus d’une identité culturelle que d’une pratique religieuse. Ils étaient catholiques comme ils étaient américains – de naissance, une forme de citoyenneté transmise par leurs parents et qu’ils transmettraient à leur tour à leurs enfants, et ce, indépendamment de leur soutien ou non à la ligne du Vatican sur des questions morales hautement controversées, telles que l’avortement et les concours de T-shirts mouillés. »

jeudi 29 décembre 2016

Paterson de Paterson

Il s'appelle Paterson et vit à Paterson, New-Jersey. Il est chauffeur de bus (normal quand on s'appelle Adam Driver) et écrit de la poésie. Tu connais William Carlos Williams ? Moi non, enfin pas avant d'avoir découvert le film de Jim Jarmusch.

Mais avant de rentrer dans la salle obscure, il faut déjà avoir une certaine attirance pour le réalisateur aux cheveux argentés. Perso, j'adore la poésie qu'il instille par petites touches dans ces films (Ghost Dog), j'adore ses plans répétitifs (Coffee and Cigarettes) ; j'adore sa musique tranchante et envoûtante (Dead Man), j'adore son décalage (Broken Flowers), j'adore ses histoires d'amour et de temps (Only Lovers Left Alive). Bon, je ne vais pas te faire toute sa filmographie, entre Jim et moi, ce sont de belles histoires – d'amour et de spiritualité – qui nous lient.

Paterson est marié à la ravissante Golshifte Farahani. Toujours aussi belle que quand elle jouait de son tambour ethnique des steppes orientales dans le sublime western kurde « My Sweet Pepper Land ». Lundi matin, sa montre magique le réveille toujours entre 6h15 et 6h30. Elle a rêvé de jumelles (dis, ça te plairait d'avoir des jumeaux ; comme ça chacun le sien, pourquoi pas), et toute la semaine il verra des jumeaux, dans son bus, dans la rue. La vie n'est faite que de jumeaux qui croisent sa route ou celle de son bus. Elle est artiste peintre, douée pour les cupcakes, et les dessins en noir et blanc. Tu aimes les cercles de toutes les tailles ? Vaut mieux... 
 
Mardi matin, il se lève, prend son petit déjeuner, va conduire son bus, mange sa lunchbox préparée par sa ravissante femme, croise une paire de jumeaux, remet en place sa boite aux lettres légèrement bancale avant de s'asseoir dans le canapé et regarde les nouveaux rideaux que sa femme a peint, une collection de cercles noirs mais de tailles différentes.