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mardi 23 août 2022

Txikiteo

"J'avais besoin d'un été paresseux et de temps libre pour errer dans l'atmosphère surannée de cette bourgade touristique un peu clinquante, ou pour flâner sur les rives du gave bouillonnant surplombé d'arbres centenaires et de charmants ponts de pierre. Je voulais avoir du temps pour me reposer, pour rêver, pour écrire." 

Été, et si je te proposais une dernière virée au Pays Basque... Juste pour se reposer, pour rêver, pour écrire loin de la ville, loin de la côte ou de ses vagues. Un été dans l'arrière-pays, un été où l'on circule à bicyclette ou en carriole à chevaux. Un été où la bière s'appelle Uhaina comme les jeunes femmes. Un été où je croise le destin de Katya.

Que dire de Katya... Elle est belle, elle est sublime, elle est l'ombre de la lune, elle est le souvenir d'antan. Elle ne laisse pas indifférent ceux qui côtoient son sourire. Sous son ombrelle tournoyant, elle flâne près de l'ancien kiosque à musique, un lieu maintenant où la végétation a repris ses droits. Son coin à elle, son lieu de recueillement, sa "bibliothèque" dans la nature. Elle aime le silence de ce coin de verdure, et lire sous la treille même si à cette époque là, une jeune femme qui lit n'est guère bien vue. 

Mais qu'entends-je ? Ne serait-ce pas la musique d'une txitsu... Ne serait-ce pas la fureur d'une banda... qui égayent les rues pavées de la place du village...
 

jeudi 5 mars 2020

Euskal Balea

Elle s'appelle Oyana et voulait juste descendre au dépanneur, acheter quelques bières pour la soirée. Prendre un truc à manger pour une soirée tranquille à Montréal, à deux pas de la rue Sherbrooke. Une radio qui crépite, flash-info annonçant la dissolution de l'ETA. Un monde qui bascule, le sien. Les souvenirs resurgissent de son passé, d'une grande violence.

C'était il y a bien longtemps, elle prenait des photos de touristes sur la plage entre deux services dans un bar. Un soir, elle devait juste conduire une voiture, parce qu'un ami le lui avait demandé. Et puis la déflagration d'une bombe, une mère et son fils, simple dommage collatéral. Impossible à en supporter plus.

« J'ai erré dans la maison en me demandant ce que je pouvais emporter. J'ai photographié chaque pièce. J'ai choisi des vêtements : ma robe noire à pois blancs que tu aimes tant, mon pull en laine ramené de Calgary, mon manteau en cuir verte que tu m'avais acheté sur un coup de tête dans Kensignton Market. On était allés passer quelques jours à Toronto pour fêter nos dix ans. J'aurais pu prendre des CD mais ceux que j'aime sont déjà dans ma playlist : Bach, Sati, Tom Waits, Richard Desjardins, Brassens, la trame sonore de Broken Flowers, Janis Joplin, Gotan Project... J'ai quand même craqué pour le Stabat Mater de Vivaldi par Andreas choll et My World is Gone d'Otis Taylor. Par besoin de t'expliquer le pourquoi de ce titre. Côté bouquins, je me suis restreinte à trois. An Unfortunate Woman de Brautigan. Encore un signe ? La Femme aux lucioles de Jim Harrison et, parce que j'en ai tiré le début de cette confession, Alexis ou le traité du vain combat. J'ai aussi failli prendre La femme qui fuit mais je n'avais pas assez de place. Je te laisse mes Pléiades d'Hemingway, de Baudelaire et de Rabelais. J'emporte quelques bijoux.
C'est drôle de réaliser que, tout à coup au moment du départ, tant de choses auxquelles je croyais tenir m'apparaissent insignifiantes. Elles ne servaient qu'à consolider le château de cartes de ma vie.  »

mardi 11 avril 2017

Jaï Alaï

«…dans la vie, il n’existait pas de marche arrière. »

Par où commencer une chronique quand un roman bouleverse les pages de ta vie. Je découvre Jean-Paul Dubois avec ce livre sur « la succession », le deuil, la vie et l’amour impossible. Petit aparté d’entrée de jeu avant d’oublier, sur un sujet à peu près similaire, mon grand coup de cœur de l’année précédente était signé Philippe Claudel, « l’arbre du pays Toraja », roman qui n’a pas eu le droit à sa chronique ne trouvant les mots pour exprimer mon bouleversement. Comme souvent quand on bouleverse ma vie. Un roman donc qui a eu le droit à mes silences et dont je lui rends un peu hommage ici. Mais revenons au Pays Basque…

Par où ?
La Floride, bien sûr, Miami. Du soleil, des boites de nude girls, et le paradis des strings, bien sûr. Non oublie toutes es émotions, tu n'es pas dans un roman de Tom Wolfe qui a tant su me vanter les charmes de Miami et ses atouts proéminents. Florida, orange sanguine et sex on the beach… Je me dois donc de délaisser la plage, ses marais de crocodiles et ses danseuses latinas pour me concentrer sur cette corbeille en osier, fabrication directe et exclusive du Pays Basque par l’entreprise familiale ô combien réputée Gonzalez, que les aficionados nomment en bon basque chistera, ces trois murs qui se dressent devant moi, une foule hurlante, les paris sont fous, parier sur moi, le pauvre type, le jeune médecin un peu fou qui a plaqué la médecine de papa pour vivre de sa passion, la pelote basque.