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dimanche 1 janvier 2017

Ecstasy

Je me promène dans la rue, à la recherche d’un bar ouvert, le genre avec vomis sur le trottoir, signe qu’on a le droit de saouler toute sa peine à l’intérieur et à l’extérieur. Fraîcheur hivernale qui me tient éveillée lorsque je pisse contre le réverbère. C’est à ce moment-là qu’un SDF me parle en japonais. N’y prêtant guère attention, je m’enfuis dans le lieu enfumé où les odeurs aigres d’urine débordant des chiottes et de sueur des piliers de comptoir scotchés à leur tabouret me prennent à la gorge. Difficile de respirer, le cœur est comprimé – où est-ce ma putain de vie qui me comprime. Il cogne, dans le corps, dans la tête. Boom, boom, une explosion de tristesse qui largue ses larmes radioactives. Je commande une bière pour commencer, ce ne sera qu’un début, j’ai besoin d’oublier ma vie, cette putain de vie. Je sors le bouquin de ma poche, renverse au passage la boite à cure-dents, finis ma bière.

« J’avais la gorge sèche et du mal à respirer, ma respiration se résumait à un râle sec. Je vidai d’une traite une troisième bouteille de Corona et ressentis aussitôt les vingt centilitres de bière plonger directement dans mes couilles avant de se répandre en moi. »

Mon compte réglé, la gueule minable, impossible de me regarder dans la glace derrière le comptoir, toute l’histoire de ma vie, je sors titubant et croise de nouveau le regard de ce japonais. Et le voilà qu’il reprend contact et me demande d’aller voir une certaine Keiko, en me filant un sachet d’ecstasy. Pour le plaisir. Et crois-moi que l’ecstasy conjugué à la Corona, ça te met en vrac tes pulsions sexuelles, à en déchirer les coutures de ton jean.