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dimanche 19 mars 2017

Le Lion de Tasmanie

Il est là, seul assis sur un banc. Un quai de gare en Inde, des trains bondés, une foultitude qui rentre qui sort. La fumée envahit le quai, le ciel commence à tomber, la nuit avec. Il est toujours seul, il s’endort sur ce banc. Seul dans la nuit, sous les étoiles, clair de lune. 5 ans, seul à Calcutta. Il est perdu. La peur, la fuite, retrouver les siens. Impossible, improbable. Il ne sait même pas où il est, d’où il vient. Des souvenirs de promenades avec son frère gravés dans sa mémoire. Sa mère qu’il n’oubliera jamais. La police, l’orphelinat. Un couple d’Australien, Nicole Kidman frisée, l’emmène en Tasmanie, un koala en peluche, où il vivra les 25 prochaines années. Jusqu’au moment où il sentira le besoin de retrouver ses racines.

Google Earth, une merveille de technologie. Sans repère, juste un château d’eau visible du quai de gare. Comme de trouver un grain de riz dans un curry. Cette quête devient son obsession. C’est juste de ce côté-là que le film pêche un peu, cet excès de facilité à trouver avec la magie d’Internet les renseignements nécessaires pour arriver sur les lieux du passé. En dehors de cet aspect technique, le film est magnifique. Deux parties distinctes. L’enfance en Inde, elle fait peur, je sens les épices, le dépaysement est garanti. Je suis complètement immergé par le soleil jaune, la poussière ocre et aussi la misère qui y règne, ces milliers d’enfants que j’imagine perdus dans les rues de Calcutta, livrés à eux même ou à des gangs. L’adolescence (Dev Patel que j’ai adoré à ses débuts dans la série anglaise « Skins ») se joue en Tasmanie, j’y découvre une nouvelle Nicole Kidman qui a pris de l’âge par rapport à « Eyes Wide Shut » (mon film référence), émouvante et aimante qui joue dans la simplicité. Une mère adoptive qui aime ses enfants adoptés. Mais si l’Australie peut faire rêver, notre Saroo ado ne supporte plus sa vie. Boire une bière australienne devant la baie vitrée de sa maison, face à la mer et au déferlement des vagues, ne lui suffit plus. Il a ce besoin de retrouver les siens. Ce manque dans sa vie.