Venise, un songe posé sur la mer. J’entends les notes de violon surgir des méandres des canaux encore illuminés par le clair de lune. Certains t’affirmeront que la musique du violoncelle s’apparente à la voix humaine. Maxence Fermine, ou son héros malheureux, Johannes, blessé lors d’une invasion barbare et napoléonienne, aussi bruyante qu’un concert de métal, penche pour les quatre cordes du violon. Son violon est une voix, une voie intérieure qui te submerge tel un raz-de-marée venu déverser son flot azuréen. Johannes se penche, s’épanche, d’un amour infime, ultime, passionnel, pour son instrument. Un virtuose du violon.
Venise est frappée de silence autant que de stupeur en cette année 1797. Johannes s’y arrête, les ordres. Même musicien, l’obéissance à un général comme à un chef d’orchestre. Mais là, ironie du destin ou chemin croisé de deux âmes, une rencontre bouleversera sa vie, comme toutes les rencontres inattendues. Il loge dans la maison la plus petite, la plus fragile de la cité, celle d’Erasmus au passé troublant. Une histoire à raconter. Cela tombe bien, j’ai le temps de la lire, un verre à la main, une musique de Vivaldi…