Seok Woo, divorcé et cadre toujours débordé à l’image
de la société asiatique, doit accompagner presque à contrecœur sa fille Soo-an
à Busan pour rendre visite à sa mère. Je prends mon billet aussi, le train y’a
rien de mieux pour découvrir un pays, et la Corée du Sud, je ne connaissais pas
vraiment avant. Mais ça c’était avant, parce que maintenant que j’ai pris le
« dernier train pour Busan » pas sûr que j’en ressorte vivant.
Je ne sais pas pourquoi mais je ne le sentais pas trop
ce voyage. Déjà, le train est une exacte réplique de notre TGV, en plus propre
et en plus zen – bon du moins au début, avant que des passagers ne se mettent à
hurler et d’autres à tâcher les sièges d’un sang carmin sombre. Je me dis même
que soit les coréens nous ont piqué la technologie, soit on leur a donné tout
notre savoir. Enfin, je fais pas de politique, je prends juste le train et j’ai
oublié de composter. Panique à bord. J’attends un contrôleur en gants blancs,
une jeune femme rentre tout essoufflée à bord, juste avant que les portes ne se
referment. Je regarde la télé – oui y’a la télé dans le train là-bas, le départ
fut un peu précipité ce matin et j’ai oublié de prendre une BD genre The
Walking Dead. D’ailleurs, peut-être que la série sera diffusée intégralement
pendant mon voyage qui risque d’être long, long… Et les chiottes toujours
occupés… Panique à bord. Effectivement, je vois à la télé des émeutes, des gens
se comportant bizarrement, dans le genre presque zombies. Ah non, ce sont juste
les infos télés. Une épidémie en Corée du Sud, encore un coup du Nord.