Troisième café du matin, je fixe l’âme du soleil à travers la vitre. J’ouvre la fenêtre, mes pensées s’envolent. Platitude de la vie où les feuilles vont et viennent, où le raisin se met en grappe autour d’un fil, oui, je fais face à des vignes. Au loin, j’entraperçois une vache, normande ou limousine, pelage blanc tâches noires. Ou l’inverse, ça dépend de la polarisation de mes lunettes de soleil, ou de celui qui voit le verre à moitié plein ou à moitié vide. Moi, en tout cas, je le bois, je le vide. Oui, j’aime regarder les vaches, elles ont souvent l’air plus intelligentes que moi et semblent me dire « mais qu’est-ce tu fais ici à me regarder, passe ton chemin, vieux ! ». Alors…
Le casque sur les oreilles, je déambule à travers champs, à la rencontre d’autres inconnues entourées de mystères, pendant qu’au loin un cor de chasse s’époumone rappelant les chiens de bassecour. Chasse interdite dans mon domaine, les bisons vivent en pleine liberté, fouettant la poussière aride de leur vie. Seule est autorisée la cueillette de champignons hallucinogènes, When I saw a mushroom head When I saw a mushroom head When I saw a mushroom head When I saw a mushroom head I was born and I was dead I was born and I was dead… Une explosion atomique.
Le casque sur les oreilles, la tête tintinnabule. Je commence à avoir chaud, enveloppé par cette douce mélodie, les chœurs au cœur, humide mélancolie. Et puis, ouais, je me fous à poil, bête à poil que je suis, promenons-nous nus dans les bois et le monde en sera plus libre. Ouais, dansons nus sous le soleil, plus ou moins exactement. Suons de bonheur à chevaucher sans limite le plaisir de ces corps lourds et engourdis de la vie. La température s’élève fiévreusement, la moiteur est atomique.
