L’homme, un peu sauvage, beaucoup silencieux. Quelques femmes passent dans sa vie, pas beaucoup en fait, quelques verres y passent aussi, quelques bouteilles y trépassent. Sa boisson de prédilection, le Ricard, si rafraîchissant dans les chaleurs printanières du Grand Canada, de Terre-Neuve ou des coins plus sauvages ancrées dans les terres, lorsque la neige commence à fondre.
De temps en temps, l’homme retourne à la ville, Montréal sous la neige. C’est le début de l’hiver. Il regarde la lune, de la vapeur s’échappe de sa respiration, il regarde la façade où domine la fresque de Leonard Cohen. D’ailleurs rien ne dit qu’il ne l’écoute pas le soir, à la tombée de la nuit, une femme lovée sur son canapé. La voix de Leonard dans la nuit, la beauté de la lune à la fenêtre, un corps nu, jolies courbes. Mais tout a une fin, comme cette bouteille de Ricard.
« - T’es belle comme la lune, Clara. »
Un homme et ses chiens s’enfuient toujours de la ville pour revenir à la nature, belle et sauvage, comme la chevelure d’une femme brune. Il n’y a que dans le silence de cette beauté qu’il est lui-même, loin des conventions sociales et hypocrites. Là-bas, il regarde, du bout de son fusil, un vol de bernaches. Pan ! A l’automne, il suit la migration des lagopèdes à queue blanche. Pan ! Et ce phoque, une virgule posée au loin sur la banquise. Pan ! La complainte du phoque…






