Avec le temps, il était temps, tant d'envie, tant d'attente, que je plonge dans les eaux troubles de Dino Buzzati, que je réfléchisse à la profondeur philosophique du cas K. Tant apprécié, certains lecteurs-folkeurs firent de ce K leur livre de chevet (ne vous retournez pas, ils se reconnaîtront aisément, généralement ils portent un verre à la main et la mélancolie d'une guitare dans l'autre). D'autres lecteurs-écrivaquiers (et souvent ce sont les mêmes que les précédents) ont le désert qui leur colle à la peau, et font de ce K, un K intéressant, voir passionnant, mais triste. Oui quand on parle de Buzzati, on se sent obligé d'évoquer, ne serait-ce que l'instant d'une micro-seconde son autre monument.
De la poussière, des poils et des litres de bières, de bourbon et de vodka à l'herbe de bisons...
lundi 26 août 2024
Le Cas K
Avec le temps, il était temps, tant d'envie, tant d'attente, que je plonge dans les eaux troubles de Dino Buzzati, que je réfléchisse à la profondeur philosophique du cas K. Tant apprécié, certains lecteurs-folkeurs firent de ce K leur livre de chevet (ne vous retournez pas, ils se reconnaîtront aisément, généralement ils portent un verre à la main et la mélancolie d'une guitare dans l'autre). D'autres lecteurs-écrivaquiers (et souvent ce sont les mêmes que les précédents) ont le désert qui leur colle à la peau, et font de ce K, un K intéressant, voir passionnant, mais triste. Oui quand on parle de Buzzati, on se sent obligé d'évoquer, ne serait-ce que l'instant d'une micro-seconde son autre monument.
mercredi 8 novembre 2023
Chroniques Osages
"Heure après heure, kilomètre après kilomètre, elle vacilla d'arrière en avant dans la charrette, traversant des paysages sauvages et déserts. La lumière finit par baisser et Mollie et le cocher durent s'arrêter pour dresser un bivouac. Lorsque le soleil disparut derrière la Prairie, le ciel devint rouge, puis noir, l'épaisseur de la nuit n'était diluée que par la lune et les étoiles desquelles les Osages pensaient que leurs clans étaient descendus. Mollie était devenue une Voyageuse de la brume. Elle se sentit cernée par les forces de la nuit que l'on entendait mais ne pouvait voir : les glapissements des coyotes, les hurlements des loups et le hululement des hiboux, dont on disait qu'ils étaient porteurs d'un esprit démoniaque."
mardi 5 octobre 2021
Noces de Sable
mardi 2 février 2021
Le Vagabond Romantique
Petit traité sur l’immensité du monde. Tout est énoncé dans le titre. Ou presque. Le voyageur face à l’immensité des terres doit effectivement se sentir tout petit, une poussière. Je me sens d’ailleurs poussière, prêt à m’envoler dans ces lointaines contrées, à travers ces plaines désertiques, aux confins des steppes silencieuses là où seul le vent chante ses mélopées comme une ritournelle sans fin, ou comme un ivrogne un soir de pleine lune.
Perdu dans l’immensité du monde, l’esprit divague, des vagues de pensées qui submergent ton subconscient tel un tsunami dévastateur sur une terre vide. Il faut avoir un putain de courage pour affronter son esprit, seul dans une tempête de poussières ou de neige. Avec pour seuls compagnes, quelques bouteilles de vodka dans son barda, l’errance sans but, voilà de quoi réhabiliter le vagabond romantique. Surtout quand la bouteille est vide…
« J’ai vite compris qu’à trop divaguer sur les cartes on risquait la déception. Car le voyageur, une fois l’esprit encombré de mythes, ne partira pas pour découvrir des royaumes inconnus mais pour vérifier si ceux-ci ressemblent à son rêve. Et lorsqu’il parviendra devant la muraille de Samarcande avec le crâne farci de descriptions antiques et la certitude que se dévoileront dans l’horizon des coupoles turquoise et lustrées surnageant comme des îles d’un voile de poussière levé par le pas des caravanes, il se trouvera fort déçu d’avoir à traverser une banlieue industrielle. Neuf ans après l’effondrement de l’URSS, je suis moi-même un jour tombé de mon rêve et la chute sur le pavé du réel fut douloureuse. »
dimanche 25 octobre 2020
Pikadon
Il y a des bruits qu’on souhaite oublier, qu’on ne souhaite même pas nommer, qu’on ne devrait même pas décrire, tant ils nous renvoient vers l’inhumanité de ce monde et vers l’odeur de chairs brûlées. Le Pikadon. D’ailleurs, d’où vient ce nom qui prêterait presque à sourire de mon point de vue occidental et qui ferait plus penser à une version peluchée d’un manga plutôt qu’au souffle d’une bombe déposée – larguée - sur les collines de Nagasaki, un 9 août 1945. Alors, je sors mon encyclopédie numérique : « Pika » signifie étincelle, lueur ou éclat soudain de lumière. D’une beauté poétique, en somme, c’est comme une aurore boréale sous des latitudes nippones. « Don » lui pourrait se traduire par un gros boum !, une genre de déflagration. Associés ensemble, ces deux mots marquent surtout la défaite de l’humanité.
« J’eus
l’impression que le cœur du monde venait d’exploser. Certains allaient le
décrire par la suite comme un bang mais il ressemblait plus au fracas d’une
porte se rabattant violemment sur ses gonds ou à la collision de plein fouet
d’un camion-citerne et d’une voiture. Il n’existe pas de mot pour ce que nous
avons entendu ce jour-là. Il ne doit jamais y en avoir. Donner un nom à ce son
risquerait de signifier qu’il pourrait se reproduire. Quel terme serait à même
de capturer les rugissements de tous les orages jamais entendus, tous les
volcans, tsunamis et avalanches jamais vus en train de déchirer la terre et
d’engloutir toutes les villes sous les flammes, les vagues, les vents ? Ne
trouvez jamais les termes adéquats capables de décrire une telle horreur de
bruit ni le silence qui s’était suivi. »
dimanche 26 janvier 2020
HP. Ignition

mardi 22 janvier 2019
Hollywood, Seine-Saint-Denis
Prendre le RER, le froid t’étripe, le périphérique s’éloigne derrière toi, le paysage se grisaille. Des barres de béton, couleur gris sale, gris sombre, gris pénombre. And the sky is grey, California Dreamin’ mais « C'est pas Hollywood, ici, c'est la Seine-Saint-Denis. » et le 93 n’a rien pour faire rêver, violence dans la rue, drogue à tous les étages, tournantes dans les caves. L’univers est glauque et pesant. Des gyrophares tournoient dans la nuit, des cordons de sécurité étirent un périmètre, la police scientifique se vêt d’une combinaison blanche. Un premier cadavre, un black sans couilles. Mais il reviendra du monde des morts. Un second mort, combustion spontanée de l’âme et de la chair. Étonnante entrée en matière, Coste, un vieux flic qui a fait toutes ses gammes dans cette banlieue, est chargé de l’affaire. Première entrée en matière d’une PJ à suivre sur plusieurs épisodes, comme dans une série télévisée. Normal… Olivier Norek est aussi à l’origine de la sixième saison de la série « Engrenages ». Ce « Code 93 » a les mêmes codes.jeudi 25 mai 2017
Le Silence des Loups
Souvent j’associe intérieurement musique et littérature. Non pas que j’ai besoin de musique pour lire, cela dépend juste du moment, et surtout du lieu. La musique me sert pour m’isoler du reste du monde, afin de pénétrer au mieux dans le livre. Pénétrer quel beau mot, surtout quand le roman est écrit par une femme que je trouve des plus magnifiques. Mais la beauté ne fait pas tout parce qu’en plus, elle sait m’émouvoir avec ses silences et ses notes de musique, un piano aux accents du sud, Aix-en-Provence, la Camargue, le Vercors, les loups. Le roman me faisait un poil peur, poil de loup, poil de bison, une touffe d’émotion. Je n’imaginais pas que la femme pouvait être parfaite, m’émouvoir autant par sa crinière brune et par son interprétation de Beethoven que par la mise en scène de sa biographie, mélangeant souvenirs d’enfance, références musicales et passions animales. Les passions bestiales, ça me cause… Une passion physique, même.« J’avais le sentiment physique d’être englobée par la musique. »




