C’est l’hiver, le soleil brille, je me retrouve dans
les bouchons, bretelle d’autoroute à Los Angeles. Les femmes brillent aussi,
robes colorées, jambes halées. Klaxonne. Et dire que j’ai oublié mon parapluie.
Mais Los Angeles n’est pas Cherbourg, je peux danser et même chanter sous la
pluie. Sauf qu’à L.A., cité des Anges, il ne pleut pas, je referme donc mon
parapluie, digne d’apparaître dans une comédie musicale de Jacques Demy. Je
sors de la voiture, comme une centaine d’embouteillés qui ont eu la même idée.
Je danse, je vole, je virevolte entre les voitures. Une femme en robe jaune me
montre sa culotte jaune, elle danse, elle virevolte. Saute entre les voitures,
danse, chante « la la la ». Je suis dans une comédie musicale
autoroutière au milieu des anges. Et j’aime ça.
Oui, j’aime les comédies musicales – enfin, comme tout,
ça dépend de qui, de quoi de la musique. En adorateur de Grease ou de La fièvre du
samedi soir, en appréciateur de Fame
ou de Flashdance, j’aime ce mélange
de danse et de cinéma. Ah La La et Les Blues Brothers… Bon, je n’irai pas jusqu’à regarder Les demoiselles de Rochefort, et je ne connais pas non plus les
classiques d’antan, Fred Astaire et Gene Kelly, mais qui sait, avec le soleil
de Californie tout est possible, même l’impensable, celui de me voir aimer des
comédies romantiques enchantées et en chanson. V'la la mon p'tit aparté sur mon fringant passé de comédies musicales-la-la...
Et pourtant, j’ai aimé. Ryan Gosling, charmeur, élégant, fringant qui rêve d’ouvrir cette
boite de jazz, sa passion le jazz pur et dur, Coltrane et Monk, Bechet et Armstrong. Emma Stone,
belle et sourire enjôleur qui rêve d’Hollywood, rêve d’actrice. Ils se
croisèrent sur cette autoroute, lui écoutant les mesures de Thelonious, elle
récitant son prochain casting. Klaxonne. Claquette même, en chantant La la la.