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mercredi 22 décembre 2021

Trois soleils et de la Poussière de Diamants

Tu l'entends ? Tu l'entends ?
Bien sûr que tu l'entends, le murmure. Le murmure assourdissant et permanent comme un bruit parasite à l'intérieur...*

De la neige et du silence, je m’enfonce dans le vide blanc. Pas une parole, juste des regards lourds de sens, des hurlements de loups, des frottements de neige, le sifflement du blizzard. A errer sur la piste, à se brûler par le froid et la solitude, la folie me guette. Jusqu’où ma survie ira, dans cette étendue d’une blancheur immaculée. Tout est blanc, sauf ces tâches de sang qui coule coule de ma tempe de mon cœur. La neige devient rouge, rouge sombre, presque noire, comme l’âme humaine dans cette lointaine contrée perdue aux confins des terres, là où la neige recouvre toute la poussière de ma vie. 

Tu nous entends le Blizzard? Tu nous entends?
Si tu nous entends, va te faire enculer.*

Le regard porté au loin, les pensées posées au fond d’un verre de vodka, je vois plusieurs soleils, ce que les Indiens appelleraient certainement des Sun Dogs dans leur langage si imagé. Phénomène qui m’interpelle : réalité scientifique ou fond de ma bouteille d’eau-de-feu-ou-de-vie ? Etrange, étrange… 

Si tu nous entends souviens toi que t'es pas tout seul. Jamais
On est tellement nombreux à être un peu bancals un peu bizarres
Et dans nos têtes il y a un blizzard
Comme les mystiques losers au grand cœur.*  

mercredi 2 août 2017

Le Royaume des Marécages

« Le palais des Marécages, avec ses « domestiques » - des êtres qui ne semblaient qu’à demi humains ! – répugnants, et cependant pitoyables. Hommes et femmes étaient pareillement difformes ; d’âges extrêmement divers, mais généralement avancés ; leur peau avait la pâleur horrible des ventres de crapaud ou de serpent ; ils avaient les yeux creux, affligés et cernés d’ombre ; »

Minuit, dans le jardin du bien et du mal. Deux noirs sont lynchés par des sympathisants à la cagoule blanche. Nous sommes au début de l’année1905 et le Ku Klux Klan a ses entrées dans le domaine universitaire de Princeton. Le lieu de cet épais roman de Joyce Carol Oates, pensionnaire du même collège. Elle connait donc bien les mœurs et son histoire. Et quelle étrange histoire son esprit a fomenté dans les marécages de ses environs. Une histoire de démon et de malédiction centrée autour de la personne de Woodrow Wilson, président de l’Université de Princeton, avant qu’il n’engendre des fonctions bien plus hautes et méritantes.

« Les enfants de la nuit, c’est ainsi qu’il les nommait. Ces créatures hideuses qui s’ébattaient sous la fenêtre de notre chambre, dans le cimetière désolé. Elles étaient pourtant presque aussi actives durant la journée : piaulant, gloussant et se chamaillant, elles fouissaient les tombes décrépites et les flaques fétides d’eau noire avec une avidité frénétique. »

Mais après tout, deux noirs au bout d’une corde, on s’en balance un peu… Non ? Il y a plus important : la Malédiction ! Une jeune femme, bien sous tous rapports, la fille du pasteur, enlevée lors de son mariage par un « être », plus proche du diable que de l’humain, parait-il, pourtant on a fumé le cigare ensemble le mois dernier, mais je lui ai trouvé un air louche quand même, surtout après le second bourbon pris dans le fauteuil en cuir de la bibliothèque.