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dimanche 20 octobre 2024

Toujours la même pluie

  Bonjour.
Une voix au téléphone.
Vous pourriez venir demain matin, Madame. Nous aimerions vous parlez. Vous pourriez nous aider. Je vous donne rendez-vous à 9h00 au poste de police du Havre.
Je n'arrive plus à sortir un son de ma gorge. Des images viennent et reviennent, viennent et reviennent. Comme ces vagues qui s'échouent sur le rivage. Ressac.

  Bonjour.
Reconnaissez-vous cet homme ? Non, pourquoi je devrais... Je ne sais pas. On a retrouvé le corps de cet homme sur la plage. Non, je ne le connais pas. Il n'avait pas de papiers, rien dans ses poches, juste un ticket de cinéma, la séance de lundi soir. Vous êtes sûr de ne pas avoir une petite idée sur son identité. Non… Au dos du ticket de cinéma, il y avait votre numéro de téléphone…

  "Il était midi quand je suis montée sur la digue - je voulais faire moi aussi la promenade au phare. Un halo d'humidité flottait sur la jetée, qui s'est évanoui dès que je me suis approchée, la barre devenant alors très réelle, tendue, et rehaussée côté mer d'un muret de béton tel un rab de rempart, si bien que j'entendais les vagues cogner contre la muraille, le boucan du ressac, mais je ne voyais rien. Au loin, le phare projetait son désœuvrement sur l'avant-port, flou et solitaire, résigné à attendre le soir pour émettre sa signature lumineuse : un éclat rouge toutes les cinq secondes visible à vingt et un milles nautiques. Le battement cardiaque de la nuit portuaire. Une pulsation électrique qui le distinguait parmi les phares et balises de la façade Ouest et clamait : je suis le phare de la digue Nord du Havre."

lundi 15 avril 2019

Chimay ou Saké


Aujourd’hui, je m’envole pour le Japon. Rendez-vous amoureux avec cette brune épicée biberonnée à la bière dès les prémices de l'enfance, de la gueuze à la Chimay au pays du saké. Sans stupeur, ni tremblement. J’ai toujours aimé boire des bières brunes avec une belle brune, surtout en tenue d’Adam et d’Eve. C’est comme ça qu’elle est la meilleure, la brune. D’ailleurs cela fait bien longtemps que je l’ai perdu de vue. Des mois que mon chemin solitaire s’est vu écarter de sa route, littéraire. Bref, je m’écarte de la voie de la bière, ou celle de l’amour, ou celle des cerisiers japonais. En 1989, Amélie atterrit au Japon, comme un retour  au pays de son enfance. Elle donne des cours de français – ou de belge, va savoir les mystères du langage et son décodage – et tombe amoureux de son élève, Rinri. Et comme Rinri rime avec Amélie, je laisse de côté la Kirin, bonne pour accompagner quelques sushis et autres yakitoris, pour me rincer l’œil d'une belle gueuze, une geisha au kimono entrouvert, sers-moi donc une Chimay que je mate ton sexe épilé.

« Nous bûmes de la bière Kirin. J’avais apporté de la Chimay qui se fût bizarrement accommodée avec la sauce d’Hiroshima. Les cervoises asiatiques sont d’idéales bières de table. »