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vendredi 7 juin 2019

La Ragazza et le Violoncelle

Nuit. Je m’adosse au mur, demi-allongé sur mon lit, un bouquin ouvert. La lune s’est invitée à travers la fenêtre de ma chambre. Elle brille d’une étincelante lueur, elle devient bleue. Une musique se glisse sous la couette, intense et émotionnelle, elle caresse ma peau nue qui frissonne dès les premières notes. Corps sensible toujours prêt à tendre son attention dès qu’une musique joue du va-et-vient avec l’intimité de son être. Un verre de Chianti et c’est Mozart qui joue l’Italie. Un verre de Grimbergen et c’est mon âme qui respire dans la pénombre de cette pièce bercée par la sonorité érotique du violoncelle.

Je l’imagine, elle, brune et parfumée, venue enrober de ses longues jambes à peine caramélisées, l’instrument de sa jouissance, son violoncelle. Dès la première rencontre, le premier regard, elle m’a ému, elle m’a pénétré de son âme entière jouée dans sa musique. Et puis le silence se fait. Je l’écoute encore plus. Troublant, ce silence avant qu’une note reprenne vie à travers la fine cloison de nos vies séparées. Silence.

« Au soleil couchant, le son du violoncelle est monté derrière la cloison. Les ombres s’allongeaient démesurément. La lune s’est levée. La nuit est tombée par la fenêtre. Et lorsque tout s’est tu, il est resté en moi l’écho d’un chant, le frisson d’une caresse, le rêve d’un baiser. »