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samedi 28 décembre 2019

C'est pas la Fin du Monde

Les dernières pièces de théâtre que j’ai lu doivent remonter à mes années collèges. Je ne sais même plus, depuis ces lustres ancestraux, son auteur, un type qui se faisait prénommer Molière ou Corneille, peu importe, bref ce classicisme scolaire m’ennuyait profondément, parce que j’ai toujours pensé que le théâtre se vivait d’abord avant de se lire…

Alors, je me suis dit, avant d’annoncer ma mort imminente – à moins qu’intérieurement elle soit déjà survenue, il fallait que je me remette au théâtre, par choix, par goût et plus par obligation. Et du coup, pas n’importe quel texte. Il fallait quelque chose qui me transcende, la dernière pièce de théâtre, le dernier acte d’une vie. Celle qui servira de testament ou de chronique posthume car demain sera juste la fin du monde.

J’adore Xavier Dolan, même si j’ai une nette préférence pour ses films dans sa langue natale, et c’est avec beaucoup de plaisir (encore plus qu’à sa sortie en salle) que je me suis replongé dans la campagne française avec Gaspard Ulliel, Vincent Cassel et Nathalie Baye, adaptation cinématographique d’une pièce de Jean-Luc Lagarce. Il fallait que je jette mon dévolu sur ce texte et ô combien que j’ai apprécié ce plaisir, presqu’autant qu’une bonne broue aux saveurs locales d’outre-Atlantique. Merci Xavier de m’avoir permis de m’aventurer hors de mes prairies habituelles où l’herbe aromatisée à la vodka est si verte…

lundi 14 novembre 2016

Déjeuner de Famille

Il y a quelque temps, quelque part.
Douze ans qu'il avait quitté sa famille, qu'il n'avait plus remis les pieds dans son village, vu sa mère, son frère, sa soeur. Fuir cette ambiance, mal-être d'un jeune metteur en scène. Il revient, l'avion, le taxi, déjeuner familial avec pour but de repartir aussitôt, et d'annoncer sa mort prochaine à ses « proches », éloignés depuis longtemps, peut-être entre le café et le dessert, l'annonce pas sa mort. 



Tiré d'une pièce de théâtre, ce dernier film de Xavier Dolan m'a encore surpris, ébahi, arraché des larmes. Bien sûr, comme toutes les pièces de théâtre transposées au cinéma, je regrette le manque de mouvement, la cinétique de l'histoire se résume à un détour en voiture et à des échanges verbaux dans les différentes pièces de la maison (au détour d'un souvenir, je me souviens par exemple de cette même réflexion pour le « Carnage » de Roman Polanski). Par contre, que d'émotions ressenties. Mélange de colère, de frustrations, d'incompréhensions même, face à ce frère ou ce fils, parti qui ne laisse que quelques cartes postales, même pas de lettres, aux dates clées, les anniversaires. Pas de tabarnak, ni de crisse ou d'hostie de câlisse, ai-je droit, mais quelques putain ou bordel de merde moins poétique et imagé, de la part de Vincent Cassel, Nathalie Baye ou Léa Seydoux, la gentillesse d'une belle-soeur qu'il n'a jamais rencontré, Marion Cotillard, film français donc pour mon chouchou québécois.