Ah, sacré Ignatius. Gros, une casquette verte toujours vissée sur ses cheveux gras, des poils de moustache jusque dans les narines, Ignatius est donc un personnage surprenant. Pas de quoi s’y attacher, bien entendu, il est du genre à passer ses journées sur le canapé de son taudis pour regarder des jeux télévisés incompatibles avec la notion de culture, malgré ses longues études universitaires chèrement payées par sa môman. Son plus grand plaisir semble être celui de martyriser sa pauvre mère qui n’en peut plus de l’ingratitude et de la paresse de son maudit rejeton. En plus, Ignatius est le maître incontestable du rôt. Ce n’est pas de sa faute, ne va pas lui en vouloir, c’est à cause de son anneau pylorique qui est défectueux à la moindre contrariété. N’empêche, on se fait un portrait peu reluisant du type.
« Mon appareil respiratoire est, malheureusement, d’une qualité inférieure à la moyenne. M’est avis que je suis le fruit d’un engendrement d’une particulière faiblesse de la part de mon père. Son sperme fut émis, je le crains, d’une manière très négligente. »

